i-Dhttps://i-d.vice.com/frRSS feed for https://i-d.vice.comfrTue, 18 Dec 2018 19:00:02 +0000<![CDATA[quand paco rabanne prédisait la mode du nouveau millénaire]]>https://i-d.vice.com/fr/article/59vazk/quand-paco-rabanne-predisait-la-mode-du-nouveau-millenaireTue, 18 Dec 2018 19:00:02 +0000 « Une machine à coudre ? C’est un instrument bon pour le musée… J’emploie d’autres instruments qui me permettent d’aller plus vite, comme le marteau, les pinces, les tenailles… » Ni fil, ni aiguille chez Paco Rabanne. Du tissu, encore moins. « Regardez cette robe, c’est la plus lourde, elle est en acier, elle est pare-balles, elle fait 8 kg ». Avec sa pince à chapelet, le « couturier » travaille l’aluminium, l’acier, le zinc, les plumes scotchées, le cuir riveté, le plastique rhodoïd… Il ne se fournit pas chez Marcel Boussac, il fait son sourcing chez Weber Métaux ou chez Manulatex, le fabricant de tabliers de protection des bouchers… Dans les années 1960, en pleine vogue du space age, alors que l’imaginaire de la conquête spatiale séduit la génération du baby boom, le métal est associé à la modernité. « Nous sommes à la fin de l’âge de fer. Tout ce qui séduit actuellement l’être humain est métallique : il aime les voitures, il aime les machines à laver… ». En février 1966, après des études d’architecture à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, le designer espagnol fait une entrée fracassante dans le monde de la mode. Avec sa première collection de « douze robes importables en matériaux contemporains », une mode « de vis et de pinces », il rompt avec les codes vestimentaires de l’époque et fait scandale. Les mannequins défilent pieds nus au son d’une pièce de musique contemporaine, Le Marteau sans maître de Pierre Boulez (1954), qui oppose instruments classiques et claviers frappés comme le xylorimba et le vibraphone. Rejeté par ses pairs, relégué au rang d’outsider, Paco Rabanne revendique la subversion, ses robes sont pour lui des Manifestes. Coco Chanel l’exclut symboliquement du monde de la mode en s’exclamant : « Ce n’est pas un couturier, c’est un métallurgiste ! ». La Maison Paco Rabanne ne sera agréée par La Chambre Syndicale de la Couture Parisienne qu’en 1971 après avoir essuyé plusieurs refus (faute d’utiliser suffisamment de tissus dans ses collections !). On dit qu’il vend des trous, du vent, des vêtements qui ne servent à rien, qui ne protègent ni contre le froid ni contre la chaleur. Mais qu’importe, il vend et Salvator Dalí lui apporte son soutien, déclarant dithyrambique : « il est le plus grand génie espagnol après moi-même ».

Françoise Hardy, France, 1968. ©Daniel Camus / Paris Match
Françoise Hardy, France, 1968. ©Daniel Camus / Paris Match

Intrigué par de telles paroles, on poursuit nos recherches sur le site de l’INA et on tombe sur l’une de ses autres déclarations datant de 1967 : « la publicité est une destruction de soi-même. On dit toujours que la mode est un métier de pute mais je crois, en effet, qu’il faut être pute pour réussir dans ce métier. On est obligé au fond d’agir comme des pantins, de se prêter à tout un tas de choses contraires à soi-même, de donner une image fausse aux gens, une image qui leur fasse plaisir, c’est démagogique comme procédé. » Passionné par les symboles cachés, il voit dans la mode une essence prophétique. « La mode est un signe de temps. (…) Quand les vêtements s’allongent tout va mal, quand les vêtements raccourcissent, tout va bien. Quand les cheveux des femmes gonflent, les régimes tombent. Avant chaque révolution dans un pays, les femmes ont les têtes qui gonflent. Quand les femmes ont les cheveux lisses, les régimes sont stables, tout va bien. Dans les collections actuelles, il y a deux types de vêtements : les vêtements de la superposition qui suggèrent la fuite devant la catastrophe et des vêtements anti-feu pour se préparer à l’apocalypse de feu. Je suis médium, je connais les prophéties des temps à venir ». Paco Rabanne signe sa dernière collection en 1999 se consacrant depuis à l’écriture et l’ésotérisme. Mise en sommeil en 2006, la maison a retrouvé depuis 2013, sous l’impulsion de Julien Dossena, l’esprit réformateur initié par son fondateur.

Paco Rabanne, métallurgiste de la mode au Musée Le Secq des Tournelles, rue Jacques-Villon, à Rouen. Du 7 décembre 2018 au 19 mai 2019, entrée gratuite. L’exposition s’inscrit dans le cadre du programme « Fashion ! Mode et textiles dans les musées métropolitains », une série de six expositions consacrées à la mode, au textile et aux bijoux.


Crédits image principale : Jackie Bowyer porte un boléro en cotte de mailles en argent avec une mini-jupe assortie de Paco Rabanne, le 7 novembre 1967. Elle le porte lors de l’ouverture de la nouvelle bijouterie Jones à Brompton Arcade, Knightsbridge, Londres. ©Peter King / Fox Photos / Getty Images

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<![CDATA[5 (très) beaux livres photo pour noël]]>https://i-d.vice.com/fr/article/a3mqme/5-tres-beaux-livres-photo-pour-noelTue, 18 Dec 2018 12:46:07 +0000Lena C Emery - Yuka & The Forest

Issei Suda Mechanical retina

Le titre de cet épais petit format fait référence au nom donné par le photographe japonais à son appareil photo Minox, au début des années 1990. Comprenant plus de 400 images en noir et blanc sélectionnées parmi 600 photographies jamais publiées, le livre édité par Zen Foto alterne scènes de rue et scènes de vie avec tendresse et mélancolie. L'un de mes nouveaux livres favoris.

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]]>a3mqmeÉmilie LauriolaMarion Raynaud LacroixPhotographiebalMax PinckersChris Killipbal booksliste livresLena C.EmeryIssei SuadaBérangère Fromont<![CDATA[en 2018, les clips de rap français étaient déjà en 2019]]>https://i-d.vice.com/fr/article/7xyqxx/en-2018-les-clips-de-rap-francais-etaient-deja-en-2019Tue, 18 Dec 2018 11:30:23 +0000Adrien Lagier & Ousmane Ly, Lenny Grosman, Nathalie Canguilhem, Nicolas Noël, Vesq Mojo, TBMA. Tous ces noms ne vous disent peut-être rien, et pourtant vos yeux se sont certainement posés sur leur travail cette année. Ce sont eux, entre autres, qui ont défini l’esthétique du rap français en 2018, en réalisant les clips d'Ateyaba, Wit, Orelsan ou Slimka. Tous ces ambassadeurs d’un genre qui ne cesse de conquérir le monde (littéralement), et de faire honneur au terme que le rap a lui-même institutionnalisé : le « turfu ». Il fallait donc bien que les visuels suivent.

Pour comprendre de quelle esthétique nous parlons, partons justement du clip « Rêves Bizarres » d’Orelsan, en featuring avec Damso, sorti il y a quelques semaines. Il est la quintessence de cette imagerie de plus en plus courante, qui mêle références pop, générationnelles et japonisantes, effets spéciaux de l’espace et montages frénétiques. C’est Laylow dans le cuir d’un tireur d’élite sur un gratte-ciel et sous la pleine lune, Kekra plongé dans un Tokyo aux lumières épileptiques, Freeze Corleone en démon saturé sur son canapé ou Tengo John en rappeur extraterrestre.

S'il lui arrive d'être rétro-futuriste dans ses références, l'image est avant-gardiste parce que ses vidéastes exploitent à fond les ressources numériques de leur époque. Et qu'ils se trouvent en face de rappeurs grandis dans la même matrice qu’eux. Combo parfait. Si 2018 a été si fructueuse en la matière, c’est tout simplement parce que le rap atteint des cimes, dépasse des records et devient de plus en plus attractif pour de jeunes réalisateurs, monteurs ou beatmakers qui, il y a 8 ans de ça, auraient peut-être hésité à troquer le CDI contre une vie dans un rap encore incertain.

Cette technicité visuelle du futur n’est pas seulement une nouvelle lubie esthétique. Elle est aussi le cri de victoire de jeunes artistes, derrière et devant la caméra, qui lancent au reste du paysage musical français « regardez comme on est loin devant ». Dur de penser autre chose en regardant ces dix clips.

Slimka - George La Dew

En quelques années, la Suisse est devenue un nouveau chef-lieu du rap francophone. Une mine d’or sur laquelle la lumière s’est notamment posée grâce au collectif SuperWak Clique, dont le talent était trop grand pour s’arrêter aux frontières helvètes. Au sein de ce collectif existe une cellule explosive : les XTRM BOYZ, soit Di-Meh, Slimka et Makala, la vingtaine à peine entamée et déjà bêtes de scène accomplies. En février, Slimka ouvrait la danse des projets solo 2018 avec No Bad Vol. 2, et le clip excité de « George La Dew ». Réalisé par Marius Gonzalez, on y retrouve tout ce qui fait le sel de son équipe : une énergie folle et beaucoup d’électricité.

Freeze Corleone - Tx

En février, puis en novembre. Freeze Corleone nous aura laissés gamberger entre le clip - en février, donc - d’un morceau que ses fans connaissaient depuis longtemps, et la sortie de son album Projet Blue Beam il y a quelques semaines. Le gourou du crew 667 aime ça, rester dans le flou, perché sur un pic dans la brume du Mordor. Insaisissable et crypté, c’est un peu ce qui ressort du clip de « Tx », où la silhouette du rappeur se brouille, s’efface ou se déforme, se fond en sorte de Predator. Ça se tient : Freeze évolue dans un monde parallèle et rate rarement l'arceau quand il décide de descendre prêcher son rap ténébreux.

Kekra - Viceland

Kekra aime le Japon. C’est un fait. Le rappeur de Courbevoie a dû y tourner plus de clips que dans son propre quartier, et y passe sans doute plus de temps à chiner des fringues qu’il ne reste en France à donner d’ultra-rares interviews. Et dans le genre clip à effets spéciaux, on avait le choix, entre le clip en jeu-vidéo de « Tout Seul », les errances tokyoïtes de « Rap de Zulu » ou le parking enfumé de « Batman ». Kekra ne fait rien comme personne, on l’imagine rire sous le masque à chaque contre-pied et s’extasier devant cette vidéo assez dingue du duo à la tête de cette esthétique tout aussi frappée, Adrien Lagier & Ousmane Ly.

Damso - Smog

On ne présente plus Damso. En quelques années et autant de hits, le rappeur belge est devenu l’un des rappeurs (peut-être le rappeur) le plus important de sa génération. Adulé par des fans qui voient en lui un faiseur d’albums déjà cultes et infiniment subtils, « Dems » rempilait en 2018 avec un troisième album incroyablement attendu, Lithopédion. Succès critique et commercial indiscutable, il s’en détachait un tube, « Smog ». Mais un tube à la Damso : qui fait danser les neurones et la mélancolie de nos cœurs plus que les genoux. Le clip, signé M+F, se devait d’être à la hauteur. « Si y a bien une chose que j’sais faire, c’est niquer des mères. » Dont acte.

Tengo John - Hyakutake

L’année 2018 de Tengo John est un sans faute artistique. Deux projets, deux claques. D’abord Multicolore – Mixtape en avril, une mixtape qui ressemble déjà fortement à un album, peut-être même à « celui de la maturité ». Entre flows ciselés, storytelling et pistes amoureuses, les 18 titres ne laissaient pas prévoir un projet encore plus abouti la même année. Et pourtant : en novembre, Tengo sortait donc l’EP Hyakutake, plus ramassé, 9 titres plus puissants encore, plus précis. Ce qui nous laissait penser que le rappeur n’était rien d’autre qu’un extraterrestre. Confirmation avec le superbe clip du titre, réalisé par Lenny Grosman et Bissane Kim.

Orelsan - Rêves Bizarres feat. Damso

Sur ce clip d’Orelsan, Adrien Lagier & Ousmane Ly se sont fait plaisir. Au début, Orelsan est un dieu dans l’orage, Damson un albinos contraint. Et puis Orelsan a six bras, le visage de Damso se réfracte, Orelsan se transforme en personnage de manga quand Damso se démultiplie à l’infini - chaque plan est à faire pâlir les images subliminales de Fight Club. On n’ose imaginer les heures de montages nécessaires à un résultat aussi bluffant, où la réalité et les trucages visuels ne font plus qu’un et s’enchaînent à un rythme effréné – il fallait bien suivre le flow de Damso.

Laylow - Maladresse

Un sniper fou, des êtres bioniques, des dragons : Laylow a presque tout mis dans le clip de « Maladresse », extrait de son projet .RAW-Z sorti ce mois-ci. Le rappeur toulousainn’en est pas à son premier coup d’essai : avec son collectif Digital Mundo, qui comprend l'équipe de réalisateurs TBMA, il distille son esthétique, sa « digitalisation » et bute ses clips aux effets depuis un petit moment. Un flair qui semble payer, et qu’il nous avouait récemment vouloir décliner au ciné le jour où il ne lui sera plus permis de rapper. On n’ose imaginer ce que seraient capables de faire ces fous de TBMA avec un budget hollywoodien…

Wit. - Dahlia

Dans la famille Digital Mundo, je demande maintenant Wit., rappeur de Montpellier qui partage avec Laylow une amitié (ils sortaient en 2015 un projet commun et n’ont cessé de collaborer depuis), un côté « dandy du rap », et forcément un amour pour la digitalisation qui fait le socle du collectif et l’attrait des visuels qu’il produit. L’année 2018 de Wit. a été assez calme : deux clips, et un dernier EP qui date de 2017. Mais deux clips marquant, signé TBMA bien entendu dont celui de « Dahlia », où le rappeur faire face à un soleil brûlant. Préparez-vous, le retour est imminent. Le prochain EP, Néo, sort en janvier.

Josman - Un Zder, Un Thé

Josman rappe depuis 2013, au bas mot. Il aura fallu savourer plusieurs mixtapes et attendre le mois de septembre 2018 pour voir naître son premier album studio, J.O.$. Très réussi pour beaucoup, un peu limité pour d’autres, l’album aura aussi brillé par ses visuels, et la série de clips réalisés par Marius Gonzalez – originaire, comme Josman, de Vierzon – « L’Occasion », l’énervé « Sourcils Froncés », « LOTO » et dernièrement « Un Zder, Un Thé ». Le montage de ce dernier est aussi chaloupé que le flow de Josman, et on touche dans les jeux de lumières et les reflets de la ville à quelque chose proche du fantastique. La collision des talents, sûrement.

Bonus épilepsie : Kekra - Envoie La Monnaie 3.0

Eh oui, encore lui. Tout est dit : ne faites pas regarder ce clip (par ailleurs assez incroyable) à n'importe qui. Il paraît qu'il peut faire à certains le même effet que ce mythique épisode de Pokémon. La réalisation est signée « Thomas » et Kekra himself.

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<![CDATA[« tuned air » mon amour : i-D rend hommage à la basket la plus punk de france]]>https://i-d.vice.com/fr/article/zmdkqj/tuned-air-mon-amour-i-d-rend-hommage-a-la-basket-la-plus-punk-de-franceTue, 18 Dec 2018 09:47:26 +0000Souvenez-vous : la Coupe du Monde 98, la première Techno Parade, les Nokia 8110, X-Files et le doux cliquetis de l'ADSL. En fond sonore, L'opéra Puccino. Aux pieds d'une nouvelle génération, la TN, ou Requin pour les intimes, fait son apparition en France. Elle est pourtant née en Floride, les pieds dans l'océan, sous les coups de crayon de Sean McDowell. Aujourd'hui, elle s'est imposée à une autre jeunesse, appartient à un nouveau monde : immatériel, hyper-connecté et sans limite. Elle fuse, glisse et casse toutes les frontières sur son passage. De classe en classe. De la rue au podium. D'une génération à l'autre. i-D lui rend hommage.

Nike TN i-D Pablo Jomaron
Mariemen porte une robe Sonia Rykiel, un legging Marine Serre et des Nike VM

Crédits

Photographie : Pablo Jomaron

Stylisme : Xenia May Settel

Assitant Styliste : Berenger Pelc

Coiffure : Charlotte Dubreuil

Maquillage : Tiina Roivainen

Production : Jocelyn Rummler

Direction Artistique : Red Lebanese

Crédits image principale : Mariemen porte une robe Sonia Rykiel, un legging Marine Serre et des Nike VM

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zmdkqji-D FranceMicha Barban Dangerfieldnike20 ansModeTNred lebanesePablo Jomaron
<![CDATA[« punk », la nouvelle série docu produite par iggy pop]]>https://i-d.vice.com/fr/article/ev38a4/punk-la-nouvelle-serie-docu-produite-par-iggy-popTue, 18 Dec 2018 09:09:30 +0000Certains mouvements renferment plus de secrets que d’autres : c'est sans aucun doute le cas du punk. Pour tenter d'en saisir l'essence au-delà du son, il reste les témoignages de ceux qui l’ont vécu et en gardent des souvenirs impérissables - quelques stigmates aussi. En 2016, Jim Jarmusch présentait Gimme Danger en séance de minuit au Festival de Cannes, un documentaire autour de la carrière d’Iggy Pop retraçant son ascension, ses coups d’éclats, son errance et ses (nombreuses) renaissances.

Délaissant l’approche personnelle au profit d’un récit collectif, l’ex Stooges vient d’être annoncé comme producteur exécutif d’une nouvelle série documentaire logiquement intitulée Punk. Réalisée par Jessie James Miller, elle devrait être diffusée à partir du 11 mars et promet de raconter « la quintessence de l’histoire du rock », à travers des archives inédites et une « bande-son punk explosive faite de hits et de tubes oubliés ». Au casting des témoignages inédits, on retrouve du très beau monde : Johnny Rotten des Sex Pistols, Marky Ramone des Ramones, Debbie Harry et Chris Stein de Blondie, Flea des Red Hot Chilli Peppers ou encore Duff McKagan de Guns N’ Roses.

John Varvatos, designer passionné par l'histoire du rock, ami d'Iggy et producteur de la série, assure avoir « exploré et revécu l’histoire du punk avec un amour absolu, convaincu que la capacité du punk à transcender les générations à travers la culture, la musique et le style est une histoire qui a besoin d’être racontée ». Il ne reste donc plus qu'à s'armer de patience jusqu'au 11 mars, date à laquelle sera diffusé le premier épisode sur la chaîne américaine Epix, puis sa diffusion française.

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ev38a4Marion Raynaud LacroixMicha Barban DangerfieldNewspunkIggy Popdocumentaireserie
<![CDATA[j'ai quitté mon job pour sauver des vies en méditerranée ]]>https://i-d.vice.com/fr/article/yw7qaj/jai-quitte-mon-job-pour-sauver-des-vies-en-mediterraneeMon, 17 Dec 2018 15:10:16 +0000 Cet article est initialement paru dans le numéro i-D Good Trouble Issue 22. Il y a quelques semaines, le navire de sauvetage de volontaires civils, le Sea-Watch 3, est retourné dans sa zone de recherche et de sauvetage aux larges des côtes de la Libye. Il est resté détenu illégalement pendant près de quatre mois. Il continue aujourd'hui sa mission de sauvetage des migrants en mer et relève les violations des droits de l'homme commises en Méditerranée. Cette interview et ces photos ont été faites plus tôt cette année, avant que le bateau ne soit immobilisé. Bien que les arrivées de migrants aient diminué ces derniers mois, d'après un rapport de l'Institut Italien d'Etudes Politiques Internationales, une personne sur cinq ayant essayé de fuir par la route centrale de la Méditerranée en septembre a sombré en mer. Selon Sea-Watch, si les missions civiles de sauvetage n'étaient pas à ce point entravées, ces disparitions en mer n'auraient pas lieu.

Un dimanche de juin, plus de 100 migrants ont trouvé la mort quand leur bateau a coulé au large de la Tunisie. Ce fut le drame migratoire le plus mortel de 2018. La crise des réfugiés fait actuellement rage en Méditerranée, et les passeurs passent désormais par la Tunisie pour rejoindre l'Europe afin d'éviter la Libye où de nombreux groupes armés sévissent sur les côtes. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) plaide pour la mise en place de passages sécurisés pour les réfugiés, afin « d’éviter des morts inutiles », explique William Spindler, le porte-parole de l’UNHCR, dans un communiqué. « Les gens devraient être protégés pour voyager légalement et en toute sécurité ».

Pendant ce temps, la situation en Méditerranée reste désespérée alors que plus de 1000 migrants sont morts en mer lors de la première moitié de l’année 2018. Sea-Watch, une ONG qui mène des missions de recherche et de sauvetage en mer avec très peu de moyens, a décidé de prendre les choses en main, lassée d'attendre que les États le fassent. Elle s’est formée fin 2014 à l’initiative de quelques dizaines de volontaires qui « ne pouvaient pas continuer à regarder des gens mourir en mer une seconde de plus ».

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sea-watch.org

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<![CDATA[troubles mentaux : la leçon d'empathie de kanye west sur twitter]]>https://i-d.vice.com/fr/article/439p39/troubles-mentaux-la-lecon-dempathie-de-kanye-west-sur-twitterMon, 17 Dec 2018 12:01:33 +0000Kanye West en est arrivé à un point où, certains de ses tweets sont aussi célèbres que ses plus beaux albums. Pour rappel, c’est sur ce réseau déjà foutoir à polémiques que Ye a historiquement signifié son soutien à Bill Cosby, son amitié à Donald Trump, a quémandé 1 milliard de dollars à Mark Zuckerberg, a annoncé écrire un livre de philo en temps réel, 140 caractères à la fois, a teasé sa candidature aux présidentielles américaines en 2024 ou s’est fait rembarrer par Ikea.

Alors évidemment, quand il se (re)lançait la semaine dernière dans une diatribe dont il a le secret – à hauteur d’une centaine de tweets par jour – nos poils se sont hérissés. Ça commençait très mal : il y ravivait son embrouille avec Drake, affirmant que le Canadien l’avait menacé au téléphone et que s’il lui arrivait malheur ce serait de sa faute (comme un écho des affirmations similaires qu’il avait faites sur Jay-Z avant son séjour à l’hôpital en 2016).

La manière dont le monde se délecte des ses écarts publics prend une tout autre dimension depuis que le rappeur s’est ouvert sur sa bipolarité. Passé le « drake shitstorm », c’est justement là-dessus qu’il s’exprimait sur Twitter, apportant un peu de lumière à ses élucubrations. Le 15 décembre, il écrivait : « Personne ne choisira jamais de finir à l’hôpital psychiatrique et qu’on lui diagnostique des troubles mentaux, mais dieu m’a choisi pour traverser tout cela publiquement, et c’est magnifique. »

Magnifique, parce que cela lui permet de comprendre comment les gens comme lui sont écartés de la société parce qu'ils sont « fous ». Des réflexions qu’on a vu pleuvoir au moment de son soutien à Trump. Ye affirmait ensuite « ne pas en vouloir aux gens qui ne savent pas gérer ça. Nous allons apprendre ensemble. » Puis comparant l’invisibilisation des personnes comme lui à l’homophobie dans le hip-hop des années 1990 et 2000 : « C’est comme quand tu regardes une série télé des années 60, raciste et sexiste. Le paradigme est en train de changer. »

Il finissait en nous donnant une leçon bienvenue : « arrêtons peut-être de considérer mes tweets comme des coups de gueule, mais plutôt comme des témoignages thérapeutiques. »

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<![CDATA[avons-nous (tous) les moyens de réussir en école de mode ?]]>https://i-d.vice.com/fr/article/vbjv89/avons-nous-tous-les-moyens-de-reussir-en-ecole-de-modeMon, 17 Dec 2018 09:52:47 +0000Chaque année, la Central Saint Martins ouvre ses portes au public pour son défilé de fin d’année. L'institution historique est connue pour compter parmi ses anciens élèves de véritables pionniers de l’industrie de la mode, parmi lesquels figurent Alexander McQueen, John Galliano, Stella McCartney et Christopher Kane. Mais comme toutes les bonnes choses, ce prestige a un coût. « J’ai entendu dire qu’il avait fait confectionner sa collection par un tailleur italien pour 10000£ », chuchote un étudiant en désignant la collection finale de l'un de ses camarades. « On nous encourage à solliciter de l’aide à l’extérieur lors de notre dernière année, ce n’est un secret ni pour les étudiants ni pour les enseignants, révèle une diplômée. Nous n'avons pas assez de temps pour tout faire nous-mêmes. Les étudiants qui en ont les moyens sont donc nombreux à se lancer dans un projet en prévoyant de payer quelqu’un pour les aider ». En France, à part dans les quelques écoles publiques qui proposent un enseignements à bas prix, une année scolaire dans une école de mode privées coûtent entre 6000 et 9000 euros.

Dans chaque cursus, l’élaboration d’une collection est une étape fondamentale dans la formation des étudiants de première et de deuxième année et le recours à « une aide rémunérée » est souvent inévitable : à la CMS les étudiants de troisième année ont approximativement huit semaines pour concevoir leurs collections finales, et vu la pression à laquelle ils sont soumis pour présenter des vêtements créatifs et parfaitement réalisés, le temps est un facteur clé. « D'après les rumeurs, certains créateurs d’imprimés doivent être réservés un an à l’avance pour participer à une collection de fin d'études, glisse un étudiant en tricot sur le point d’être diplômé. Des étudiants auraient payé l'un de ces créateurs entre 5000£ et 10000£ pour qu’il exécute leurs collections ».

« Nous n'avons pas assez de temps pour tout faire nous-mêmes. Les étudiants qui en ont les moyens sont donc nombreux à se lancer dans un projet en prévoyant de payer quelqu’un pour les aider ».

Rien de très étonnant de voir des étudiants aller aussi loin (et payer de telles sommes) pour être les meilleurs dans une industrie aussi compétitive que celle de la mode. Le défilé annuel présenté à la presse est connu pour être très sélectif vis-à-vis du travail des étudiants. « Il va de soi que tout le monde veut être dans le défilé », acquiesce Runura Edirisinghe, une étudiante en dernière année de tricot. Mais la qualité du vêtement influe-t-elle vraiment sur les chances de sélection d’un étudiant ? « Oui, beaucoup », nous répond Elisa Palomino-Perez, directrice du parcours en imprimé de mode de Central Saint Martins. « Une importante partie de la note porte sur la conception du vêtement – c’est vraiment du 50/50 ».

La légitimité des étudiants qui font sous-traiter leurs projets à des spécialistes de l’imprimé et des couturières est discutable. Même si les étudiants doivent apporter leur travail en classe chaque semaine, l’aide rémunérée passe plutôt inaperçue. « Nous voyons les étudiants chaque semaine et tous les vêtements qu’ils créent, donc on sait ce qui se passe, confie Perez à i-D. Très peu d’étudiants font faire leurs vêtements. Ce n’est pas une pratique que j’encourage, et je crois qu’aucun de mes étudiants n’y a recours ». Bien que le sujet divise parmi les directeurs de parcours, il n’existe pas d'interdiction formelle.

Mais les étudiants voient les choses bien différemment. « Je pense que c’est une question de la plus haute importance, nous dit l’un d’entre eux. Les écarts entre les riches et les pauvres sont extrêmement importants à la Central Saint Martins aujourd’hui ». Et bien que la question de l’aide rémunérée paraisse inévitable dans les études supérieures, il semblerait que le sujet suscite peu d'intérêt chez les professeurs : « On n’a pas l’impression que la différence de qualité entre un article qui a été commandé et un travail exécuté de manière indépendante soit prise en compte », confirme un autre étudiant. Nombreux sont ceux qui pensent que cela créé une division entre étudiants riches et étudiants pauvres : si payer pour être aidé permet d’avoir des vêtements mieux conçus, alors, les mieux notés sont les étudiants qui le font.

Mais il existe une exception à la règle en la personne d’Harry Freegard, la poule aux œufs d’or de CSM. Naturellement provocateur, l’excentrique diplômé en imprimé, qui est plus connu sous le nom Harry Bradshaw, est un peu une célébrité sur le campus. La collection finale du jeune homme – qui est déjà apparu dans les pages de Vogue et a été mannequin pour Vivienne Westwood – aurait dû être, selon toute probabilité, le cauchemar absolu de ses professeurs : elle était maintenue par des épingles à nourrice, du ruban adhésif, et même, à l’occasion, scellée par de la peinture acrylique. Harry admet volontiers ne pas trop se soucier de la confection de ses vêtements. « Je n’ai jamais été capable de faire des vêtements, regardez-les ! », s’exclame-t-il en désignant sa collection pour le défilé final. Pour le jeune créateur, c’est l’intention qui prime. « Je voulais voir si ça allait passer ou pas », confesse-t-il.

« D'après les rumeurs, certains créateurs d’imprimés doivent être réservés un an à l’avance pour participer à une collection de fin d'études. »

Freegard est emblématique d’une nouvelle génération de designers habitués des médias, dont les créations reposent sur les idées et sur l’innovation. « Harry a eu beaucoup de succès dans son travail, dit Perez. C’est plus un styliste et un personnage public qu’un créateur de mode, mais c’est quelqu'un de très créatif ». Il est certain qu'une école de mode comme la Royal College of Art semble accorder plus d’importance aux idées qu’à la technique. « Nous sommes encouragés à créer quelque chose d’unique et d’innovant, donc poussés à privilégier les idées et les concepts plutôt que la confection, explique le jeune diplômé en mode de RCA Lingxiao Luo. Au Royaume-Uni, l’aide extérieure n’a jamais de conséquences négatives sur une note, les étudiants n’ont donc pas besoin d’y avoir recours en secret ». Mais qu’est-ce que cela dit du futur des diplômes de mode, si une bonne idée suffit à garantir son succès ? « Les idées sont au coeur du renouveau, nous explique Zowie Broach, directeur de la mode au RCA. La passion, les nouvelles idées, la capacité de collaborer avec élégance et professionnalisme sont essentielles pour les meilleures marques et les plus grands créateurs d'aujourd'hui ».

Bien qu’un bon concept soit la clé du succès créatif, il faut veiller à ne pas ignorer l’influence de l’argent. « Des étudiants avec un énorme potentiel ne peuvent pas réaliser l’intégralité de leur collection par manque de moyens, soutient Edirisinghe. Mais ça ne devrait pas se jouer sur les sommes mirobolantes qu'on est en mesure de lâcher pour une collection finale. Si vous êtes malin et que vous avez de la ressource, vous finirez toujours par trouver un moyen de réussir ce que vous voulez faire ». Pourtant, de nombreux étudiants finissent entravés par des difficultés matérielles au moment de dessiner leur collection. « Si je m’étais lancé dans mon projet en sachant que j'allais pouvoir faire confectionner toutes mes pièces, j’aurais approché les choses très différemment dès le départ – en étant sans doute beaucoup moins craintif et plus expérimental », nous avoue un jeune diplômé.

Les chemins vers le succès sont nombreux dans la mode, et si une idée innovante se révèle être le meilleur ticket d’entrée pour une personne, la route est plus complexe pour d'autres. Quant aux conséquences sur l’industrie, les étudiants qui sous-traitent leurs projets créent un désavantage envers les moins aisés. Un élève bientôt diplômé concluait ainsi : « Les industries créatives souffrent déjà d’un manque de diversité. Si on continue comme ça, on risque de perdre une quantité importante de créativité et de potentiel dans le futur ».

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<![CDATA[dior <3 mexique]]>https://i-d.vice.com/fr/article/d3b5aw/dior-declare-sa-flamme-au-mexique-dans-une-nouvelle-videoFri, 14 Dec 2018 15:06:54 +0000En mai dernier, pour le défilé Croisière 2019 de Dior, Maria Grazia Chiuri présentait sa collection au Château de Chantilly. Dans les plus grandes écuries d’Europe, elle rendait hommage à l'intrépidité des Escaramuzas, ces femmes cavalières de rodéo qui parviennent à réaliser des cascades à dos de cheval, vêtues de robes traditionnelles mexicaines dans un milieu connu pour être très masculin. L'occasion pour Chiuri de célébrer des femmes inspirantes mais aussi celle de rendre hommage à la richesse culturelle d’un pays qui a fasciné Christian Dior.

Pour célébrer cette collection, la maison a invité huit femmes photographes dont une partie de la vie s'est écrite au Mexique – Pia Elizondo, Tania Franco Klein, Flor Garduño, Maya Goded, Cristina de Middel, Ruth Prieto Arenas, Paola Vivas et Fabiola Zamora – afin d'immortaliser les créations dans les plus beaux sites du pays. Des écuries des Escaramuzas à la demeure moderniste Cuadra San Cristóbal conçue par l’architecte Luis Barragán, cette nouvelle vidéo vous fait découvrir les coulisses de ces séances photos.

Cet article a été initialement publié dans i-D UK.

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<![CDATA[dans la famille 667, je demande le « bg » zuukou mayzie]]>https://i-d.vice.com/fr/article/3k9478/dans-la-famille-667-je-demande-le-bg-zuukou-mayzieFri, 14 Dec 2018 14:02:35 +0000Nous vous avons parlé, à plusieurs reprises, du crew 667. Via Lala &ce, Jorrdee quand il en faisait encore partie, et plus récemment pour la sortie du nouvel album de son membre le plus populaire, Freeze Corleone. Cette année, la bande dont-on-ne-connait-pas-tout-à-fait-la-taille a été active, notamment grâce à la sortie des projets d'Afro S, Slim C ou Norsacce Berlusconi. Ce mois-ci, c'est au tour d'un autre artiste, peut-être le plus singulier de l'équipe, de poser sa pierre à l'édifice de « la secte ». Au milieu des ténèbres parfaitement maîtrisées du 667, Zuukou Mayzie aka Zuukoeur Parker est un peu la caution joyeuse. L'artiste sénégalais balade son flow traînant et ses histoires d'amour sur des instrus sucrées, au croisement de la pop, de l'électro, de l'euro dance, du r&b - et du rap, forcément.

Si cette association de bienfaiteurs Soundcloud vous paraît illogique, ne vous méprenez pas, « 667 ce n'est pas forcément que du son, c'est une manière de penser, un délire, explique Zuukou. On a tous vécu au Sénégal, on est tous potes depuis bien longtemps. On se retrouve sur notre manière de réfléchir plutôt qu'uniquement sur la musique. »

Après deux EP en 2017, Disneyland et FinderEn référence au 'Finder' du Mac - un best-of de mes sons Soundcloud. »), l'autoproclamé « BG » du 667 sort ce 21 décembre un nouveau projet J.M.U.A.Z, pour J'ai Mangé Un Autre Zuukou. Un disque lumineux, entraînant, sur lequel il invite quelques potes - Oklou, Lala &ce et son vis-à-vis du côté obscur, Freeze Corleone - et raconte ses rapports amoureux, sa vie de jeune mec fasciné par les jeux-vidéo, les mangas et Le Seigneur des Anneaux. L'EP s'ouvre sur le morceau « Renoi Mi Niponne », le résumé aussi nostalgique que banal d'un mec qui joue au con et le regrette dès que sa copine passe définitivement le pas de la porte. Zuukou y introduit son idée de la fille parfaite - « une métisse noire et japonaise. Le boss final. » - et le morceau inaugure un disque qui réussit à être beau et feel-good en même temps. Suffisamment, peut-être, pour que l'artiste atteigne un jour son objectif : « Arriver à percer comme Louane ! »

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