i-Dhttps://i-d.vice.com/frRSS feed for https://i-d.vice.comfrThu, 13 Dec 2018 13:23:36 +0000<![CDATA[entre marseille et marrakech, zamdane balade son rap d'exilé ]]>https://i-d.vice.com/fr/article/9k48ya/entre-marseille-et-marrakech-zamdane-balade-son-rap-dexileThu, 13 Dec 2018 13:23:36 +0000Né au Maroc, Zamdane s'installe à Marseille en 2016, passe un an à la fac et commence à se familiariser avec le travail des beatmakers, le studio, les open mic de la région. Il apprend les codes d'un genre qui ne lui parlait pas quelques mois auparavant, développe son propre lexique, « en restant moi-même. Je ne fais que parler. » Un sujet d'écriture s'impose : le décalage, la solitude, la nostalgie d'un gamin parti pour un nouveau pays. « Le fait de venir ici a remis toute ma vie d'avant en question, explique Zamdane. Au bled t'as pas les mêmes perspectives. Tu fais 6 ans d'études pour toucher 600 euros de salaire. Je travaillais au centre d'appels, je faisais 30 heures par semaine pour toucher 250 euros. Ici tu fais serveur, éboueur, tu touches un salaire, tu vis. »

« En arrivant en France, j'avais la nostalgie de dingue, continue-t-il. Tu arrives tout seul, il ne te reste que tes souvenirs. Ça m'a perturbé, et ça se ressent dans mes textes. » Le morceau « Favaro » sorti en juin 2017 en est la parfaite illustration : sur une prod mélancolique, Zamdane évoque l'enfant « du-per » qu'il est, avec une fraîcheur touchante. Même s'il avoue avoir très largement rattrapé son retard depuis, Zamdane est arrivé dans le rap sans références, sans modèles à copier. « C’est un avantage. Tu fais juste ce que tu veux faire, sans te soucier du reste. Il ne faut jamais trop regarder ce qui se passe ailleurs. Le but c'est d'être la meilleure version de toi-même. Le reste, c'est pas ta juridiction. »

Zamdane partage avec les jeunes rappeurs de sa génération une détermination. Derrière les sourires, la joie d'être là, se cache un travailleur acharné, « tous les soirs en studio jusqu'à 6 heures du matin. » Le deuxième EP de Zamdane ne s'appelle pas « Affamé » pour rien. Mais dans son cas, la faim n'est pas synonyme de précipitation. Il garde la tête froide face aux cycles effrénés du rap français et sortira son album quand il sera sûr de pouvoir bien le faire. « Ça ne fait qu’un an que je rôde dans les studios. Je n'ai pas encore le niveau pour sortir un album, clairement. Ni la maturité. Je ne suis pas encore l'adulte que j'aspire à être pour sortir un album. Je préfère annoncer un EP que j'ai travaillé comme un album, qu'un album que j'ai travaillé comme un EP. »

Avec les cinq titres de cet EP, tous clippés en 5 jours au Maroc par Paul Maillot, Zamdane quitte les explorations musicales de son précédent projet 20's et étale un rap existentiel. Choisir de vivre de la musique, à 21 ans, est un choix assez vertigineux. Et c'est pourtant sur ce choix que Zamdane se pose le moins de questions : « T’as pas 10 000 solutions dans la vie. T'en a trois : soit tu touches les allocs, soit tu t'embarques dans un CDI - moi je serais malheureux - soit tu fais ce que tu kiffes vraiment. J'ai la flemme de toucher les allocs, la flemme d'avoir un patron, et j'aime trop la musique, donc pourquoi j'irais voir ailleurs ? »

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<![CDATA[les photos de jamie hawkesworth font du bien à ceux qui les regardent ]]>https://i-d.vice.com/fr/article/qvjd3p/les-photos-de-jamie-hawkesworth-font-du-bien-a-ceux-qui-les-regardentThu, 13 Dec 2018 11:06:03 +0000 Landscape with Tree (« Paysage avec un arbre ») : ce titre simple et descriptif est celui de la nouvelle exposition de Jamie Hawkesworth au Huis Marseille, une demeure du 17e siècle située au bord d’un canal d’Amsterdam. « Je ne veux pas enrober les choses, nous explique Jamie au téléphone depuis Los Angeles, la semaine qui précède le vernissage, lorsqu’on en vient au titre de son expo, J’aime l’idée de réduire une photo exactement à ce qu’elle est ». Il aurait pu se permettre de voir les choses en grand en présentant ses œuvres dans les nombreuses salles du musée, mais il a préféré accentuer la simplicité et la sincérité qui définit son travail, et d'en faire ses caractéristiques. Le paysage et l’arbre en question sont au Congo et font référence à un cliché pris par Jamie en 2016. Une colline verdoyante et vallonnée, délicatement ombragée, traversée par un mince rayon de soleil orangé. Un arbre solitaire, triste et magnifique, trône au milieu - dans une pure perfection.

À travers sa photographie, Jamie aime capter les moments qui semblent anodins, mais finissent par se révéler d’une beauté remarquable. « C e sont ces possibilités qui font que j’aime tant la photographie, explique-t-il. Tu peux aller quelque part et réagir à quelque chose, avoir une conversation avec un arbre, un bus, du béton, une personne - avec ton appareil. Il y a un véritable échange, et c'est assez incroyable. Ce n'est pas compliqué : il suffit de prendre son appareil, de monter dans un train vers un endroit où on n'a jamais été et réagir à ce qu'on voit. Pour moi, c’est toujours venu de manière très instinctive et naturelle ».

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Mica, 2016

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<![CDATA[sexe, paillettes et lasers : bienvenue dans les clubs les plus fous de l'histoire]]>https://i-d.vice.com/fr/article/vbax5a/sexe-paillettes-et-lasers-bienvenue-dans-les-clubs-les-plus-fous-de-lhistoireThu, 13 Dec 2018 10:01:33 +0000Lorsque l’on parle de boites de nuit mythiques, on évoque systématiquement les histoires plus ou moins légendaires qu’elles renferment : la drogue qui y circulait et rythmait les pas de danse de millions de clubbers embarqués dans des nuits sans fin ou les genres musicaux qu’elles ont contribué à faire émerger. Le rôle de l'architecture, la mode ou le graphisme arrive rarement au cœur des discussions. C’est dire si l’ambition de Night Fever. Designing Club Culture 1960-Today est aussi belle et noble qu’historique. Jusqu’au 5 mai prochain à l’ADAM-Brussels Design Museum, cette exposition envisage les boites de nuit pour ce qu’elles sont au delà de la fête : un champ d’expérimentation pour les architectes, un terrain de jeu où les plus grandes extravagances ont longtemps été possibles, un lieu de rencontre et de création. On comprend alors que, de tout temps, les architectes, scénographes et autres graphistes ont cherché à questionner l’expérience du dancefloor, mais aussi, à créer des lieux « d’extase collective », comme nous le rappelle dans cet entretien la commissaire d’exposition Katarina Serulus.

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Photographie Bill-Bernstein - Xenon, New York, 1979


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<![CDATA[pourquoi le skate a-t-il eu autant de mal avec l'homosexualité ?]]>https://i-d.vice.com/fr/article/vbjzdj/pourquoi-le-skate-a-t-il-eu-autant-de-mal-avec-lhomosexualiteWed, 12 Dec 2018 12:02:36 +0000Dans la contre-culture soi-disant inclusive qu’est le monde du skateboard, peu de personnes expriment publiquement leur homosexualité. C’est précisément ce que Tom Kneller voudrait voir changer. Dans un court-métrage intitulé Blue Like You, le photographe et artiste new-yorkais s’intéresse au monde du skate à travers le témoignage de Stephen Ostrowski, l'un des rares skateurs à assumer ouvertement son homosexualité. Son but ? Améliorer la visibilité des jeunes skateurs LGBTQ pour en donner une image plus ouverte aux nouvelles générations.

À travers ce film, Tom Kneller dénonce les préjugés qui courent dans le milieu du skate à l'encontre de la communauté LGBTQ, connu pour être dominé par des hétérosexuels. « Le skate est un chemin que de nombreuses personnes choisissent à un moment ou un autre de leur vie, affirme Tom à i-D. Ma découverte de cet univers a coïncidé avec le moment où j’ai commencé à découvrir mon identité sexuelle. J’ai moi-même fait l'expérience de la difficulté d’être accepté en tant que gay dans la communauté du skate ».

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Depuis ses débuts en 2017, Unity a dépassé la baie de San Francisco - Tom affirme même que le collectif commencerait à prendre ses marques à New York. C’est autour de structures comme Unity et de l’influence de skateurs gays comme Stephen Ostrowski ou Brian Anderson que se concentre Blue Like You. « Le but de ce film, c'est de mettre en lumière ce que signifie le fait d’être gay dans le monde du skate, qui est toujours traditionnellement perçu comme un espace hétérosexuel. Je veux montrer que le skateboard n’appartient exclusivement à personne, peu importe qui est le plus représenté ».

Regardez le film dans son intégralité ici :

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<![CDATA[instagram, drague et ghosting… qu’est-ce qu’un « fuccboi » ?]]>https://i-d.vice.com/fr/article/3k9jxv/instagram-drague-et-ghosting-quest-ce-quun-fuccboiWed, 12 Dec 2018 11:35:08 +0000Le nouveau glossaire i-D s’attarde aujourd’hui sur deux termes de plus en plus usités sur internet : « fuccboi » et « cozygirls ». Vous avez probablement déjà fait la rencontre d’un jeune homme dont l’activité principale est de ghoster ses plans drague. Mais où est-il passé ?

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<![CDATA[20 titres pour faire la révolution (en musique) ]]>https://i-d.vice.com/fr/article/vbaxwa/20-titres-pour-faire-la-revolution-en-musiqueWed, 12 Dec 2018 10:59:48 +0000Kanye West – New Slaves

Difficile de trouver artiste aussi clivant que Kanye West. Avant de s’engouffrer dans une bromance aussi futile que ridicule avec Donald Trump, Ye n’était qu’un artiste dégénéré au melon de la taille du Texas. Mais il avait pour lui une discographie – encore aujourd’hui – sans faute. Aujourd’hui, on se demande comment un rappeur qui fut aussi engagé a pu se ranger sous la robe de la tête orange qui sert de président aux Américains. En 2013, Kanye sortait Yeezus, album adulé par certains, détesté par d’autres ; un acte musical majeur qui a permis à beaucoup d’autres rappeurs de se construire ensuite. Sur « New Slaves », il posait toute sa hargne dans un pamphlet évoquant le racisme, l’esclavage, le matérialisme et les stéréotypes afro-américains. Frank Ocean venait sublimer l’outro d’un morceau que Ye aurait dû réécouter avant d’aller faire des hugs à Donald.

Kaaris – Bizon

L’intro d’un album de rap, c’est primordial. On y tient toute l’essence de ce qui va suivre, et à la manière d’une punchline bien sentie, il faut marquer son auditeur en peu de mesures. Il est accepté de manière assez large que l’album Or Noir de Kaaris est un classique du rap français. Sorti en 2013, il est la pierre fondatrice de l’avènement de la trap en France. Un disque violent, sombre, tout en poésie métagore. Un exploit que Kaaris lui-même n’a jamais réussi à reproduire. Et qui dit grand album, dit grande intro. « Bizon » est même plus que ça : elle est fracassante. Ce genre de morceau qui rend invincible un lundi à 9 heures du matin, qui donne envie de serrer le monde dans les bras au risque de lui casser le dos. Le rappeur de Sevran nous y prévient : « J’suis capable du meilleur comme du pire / Mais c’est dans le pire que je suis le meilleur. »

Death Grips – Takyon (Death Yon)

Death Grips, c’est le groupe qu’il fallait connaître en 2011 pour frimer, celui dont vous étiez à peu près sûr que personne d’autre que vous ne pouvait le connaître. Et pour cause, presque personne d’autre que vous ne pourrait l’aimer. Le groupe expérimental californien est classé « hip-hop », mais emprunte autant au punk rock qu’à la musique « bruitiste ». Pas la recette miracle en apéro à 20h30, mais une énergie assez folle, transcendantale, qui se lisait déjà dans les basses saturées, les tambours militaires et la voix râpeuse de « Takyon (Death Yon) », extrait de leur toute première mixtape Exmilitary. Le titre fait référence aux tachyons, des particules hypothétiques dont la caractéristique principale est qu’elles se déplacent plus vite que la lumière. Quand elles sont transposées comme ça en musique, leur vitalité est obligatoirement contagieuse.

IAM - Demain c’est loin

9 minutes, c’est le temps que prend ce morceau pour planter son décor – murs, béton, parkings – le cadre de vie d’une génération trop collée au bitume pour voir se profiler une autre perspective que la fin de la journée. Un texte en forme de tableau du quotidien, jusqu’à « Je pense pas à demain, parce que demain c'est loin ». Mais pas question de profiter du jour façon « carpe diem » : chez IAM, si l’on ne pense pas à demain, c’est pour survivre à aujourd’hui. La semaine dernière, Olivier Besancenot s’attristait de voir s’opposer la « fin de mois » et la « fin du monde », arguant du fait que les difficultés se vivaient au jour le jour et pas à la fin du mois. Pour illustrer sa thèse, il citait un morceau, « Demain c’est loin ».

Underworld – Born Slippy

Le jour se lève, vous avez survécu à la secousse et, encore en armure, vous faites une salutation au soleil. Autour de vous, les gens se cherchent, un peu hagards mais heureux – la nuit est derrière eux. Des basses retentissent, lourdes et régulières. C’est l’heure d’une naissance, d’un after, d’un nouveau monde ou d’une révolution et forcément, ça se passe sur « Born Slippy ».

Mc Solaar - RMI

Dans la catégorie des grands sages rebelles, il y a Claude, rappeur lyrique et Mc engagé qui nous prévient : attention, le monde court à sa perte. Comme personne ne l’écoute, Mc Solaar soliloque avec lui-même, dénonçant l’injustice du système et l’oppression des plus faibles. En 2001, Il sort Cinquième As, un album qui finit de le hisser dans les hauteurs du rap français, sur un sommet où il parvient à contester l’ordre du monde sans être infréquentable pour autant. Depuis, le RMI s’est transformé en RSA mais la société n’a elle, pas vraiment changé. Et ça, Solaar le savait.

Casey – Créature ratée

Il est impossible de parler de rap français percutant et révolté sans parler de Casey. Depuis 1995, notamment avec ses potes d’Anfalsh, la rappeuse originaire de Martinique pose un rap conscient, ciselé, sans concessions et en marge du mainstream. Un modèle unique de femme, une androgyne guerrière qui s’est fait respecter dans un monde d’homme, capable d’émerveiller les quartiers et les programmateurs de France Inter, de donner des conférences de trois heures, de faire du théâtre, de s’engager dans l’écologie ou de s’essayer au rock. Le tout, habitée par un souffle engagé. Preuve en est avec le puissant « Créature ratée », sorti en 2010, une dissertation brute sur l’identité noire, ce qu’elle a enduré et a encore à subir de tortures mentales et physiques. Casey nous fait réfléchir jusqu’à ce qu’on n’ait plus d’autre choix que de se révolter.

Faithless – Insomnia

Nous sommes en 1995 et la jeunesse n'a qu'une idée en tête : exulter. De nouveaux sons trempés dans la drum et la basse, dans l'acide et la jungle s'agrègent et résonnent dans les murs de sons qu'elle dresse la nuit, à l'abri des regards. La rave : c'est ça, sa révolution. Et si l'on devait élire un titre pour figurer la perche collective que se prenait à cette époque toute une jeunesse européenne, il faudrait que ce soit « Insomnia » de Faithless. À peine sorti, il explose tous les records de vente et squatte le haut des charts partout sur le continent. Des semaines durant. En France, les pouvoirs redoublent de spasmes face à une telle excitation. Ils bafouillent. Une circulaire fait alors le tour des préfectures de l'Hexagone : « Les raves, des situations à haut risque ». Sans le savoir, les pouvoirs participent à sanctifier une nouvelle pratique festive, à la politiser même, et à faire de la techno, une musique de révolte. En 2018, la jeunesse a toujours autant besoin d'exulter aux pieds de murs de sons géants, à la marge. Ou bientôt sur la Place de la République ? Qui sait.

Kendrick Lamar – Alright

Un jeune homme noir marche dans la rue, un policier blanc l’interpelle. Le jeune homme tente de s’enfuir et le policier tire sans sommation. Cette histoire, on l’a tous lue ou entendue, encore et encore, ad nauseam. C’est dans ce contexte que Kendrick Lamar nous offre Alright, sur son album To Pimp a Butterfly, sorti en 2015. Presque immédiatement, la chanson devient l’hymne officieux du mouvement Black Lives Matter, un véritable appel à la résistance contre la répression policière aux États-Unis, et dans le monde entier. Mais attention, il n’est pas forcément question ici de vengeance. Avec un refrain empli d’optimisme écrit par Pharrell Williams (qui semble décidément abonné au répertoire feel good), Alright est un véritable appel à la résilience, un message d’espoir porteur d’une foi inébranlable en des jours meilleurs à venir. Et c'est justement parce qu’il nous permet d’entrevoir la lumière au bout du tunnel que ce morceau se doit de figurer dans la playlist du parfait révolutionnaire.

Marilyn Manson - The Fight Song

Deux ans après la tuerie du lycée de Colombine qui fit 13 morts, Marilyn Manson sort « The Fight Song » – un morceau en écho à la violence de l’Amérique, celle qui défend le port d’arme et qui se complaît dans la brutalité du football américain. Le bilan qu’il dresse est déprimant de justesse : « The death of one is a tragedy / The death of millions is just a statistic » - un vrai statement pour celui qui fut accusé d’inciter la jeunesse à la perversion après le même massacre, là où Manson ne fait que rappeler la puissance cathartique de la musique : hurler très fort pour se retenir de ne pas tout casser.

Pink Floyd - Another Brick in the Wall

En 1979, - Guerre Froide oblige – l’image du mur n’a rien d’une métaphore. C’est celle que va choisir Pink Floyd pour filer, tout un album durant, la muraille symbolique qui le protège de la réalité. De la soumission à l’autorité jusqu’à sa contestation, « Another Brick in the Wall » dépeint un monde dans lequel les adultes contrôlent la jeunesse pour l’empêcher de se révolter. Toute ressemblance avec la réalité ne saurait être fortuite.

Rage Againt The Machine - Killing in the name

« Killing in the name » doit un peu de sa force contestataire à ses 17 « fuck », beaucoup à son solo de guitare et encore plus à son propos. Dans ce titre, Rage Against The Machine pointe du doigt les collusions de la police américaine et du Ku Klux Klan : « Some of those that work forces / Are the same that burn crosses » [Ceux qui font régner l’ordre / Sont ceux qui brûlent des croix] dans un contexte particulièrement tendu. Et pour cause - six mois avant la sortie du morceau, des émeutes prennent les rues de Los Angeles après l’annonce de l’impensable : les officiers de police filmés en train de tabasser le jeune Rodney King ont été acquittés.

Gala – Freed From Desire

Alors bien sûr, pour la plupart d’entre nous, ce morceau de la fin des années 1990 évoque plus les boums et autres fêtes d’anniversaire que l'appel à la révolte. Mais ce serait oublier que le morceau, revenu sur le devant de la scène ces dernières années est à l’origine inspiré du bouddhisme. On peut également y voir une belle dénonciation de la société consumériste (« People just want more and more »). Le morceau est aussi devenu emblématique de la contestation étudiante qui a enflammé le printemps 2017, prémices du mouvement « Gilets Jaunes » d’aujourd’hui. Considéré comme un hymne anti-Macron, il s'est aussi imposé comme le chant officiel de la Commune Libre de Tolbiac, et ça, c’est magnifique.

Fuck you all – Sentimental Rave

Il y a des formules qui incarnent mieux à la révolte que n’importe quel grand discours. « Fuck you » est de celles-là : un cri du cœur qui vient du fond du ventre et sort de la bouche sans toujours passer par le cerveau. La jeune productrice et Dj parisienne Sentimental Rave s’en est logiquement emparé dans un titre furieux, dont les hurlements s’amplifient au contact d’un beat diabolique. Bon voyage.

Fight The Power – Public Enemy

C’est au cinéma que Fight the Power retentit pour la première fois, au cœur de la bande-son de Do The Right Thing, le film de Spike Lee devenu culte depuis. Appel à la lutte, hymne à la fraternité noire, le morceau dénonce la blanchité de l’Amérique, écornant au au passage quelques-uns de ses plus grands mythes (coucou John Wayne et Elvis). « Most of my heroes don't appear on no stamps » [La plupart de mes héros ne sont pas sur des billets de banque], scande le couplet. Près de vingt ans plus tard, Obama a beau être passé par là, l’appel à combattre le pouvoir est lui, toujours aussi d'actualité.

Gil Scott-Heron – The Revolution Will Not be Televised

En 1970, comme ça, l'air de rien, le poète et chanteur Gil Scott-Heron pose les premières bases de ce qui deviendra par la suite le genre hip-hop avec un titre révolté, « The Revolution will not be Televised. » Le rythme de sa diction reprend un tempo blues, proche du staccato, dans lequel on sent déjà les prémices d'un flow rappé. Le groove est porté par les grands Bernard Purdie et Ron Carter tandis que la flûte d'Hubert Laws vole dans les airs. Gil, lui, déclame. À cette même période, aux États-Unis, les universités se soulèvent en masse mais les médias ne suivent pas. Le chanteur désespère et fulmine dans un poème, dénonçant l'ignorance de l'Amérique blanche, le cynisme politique du gouvernement Nixon, le consumérisme infantilisant qui s'empare des petits écrans et la dégradation des conditions de vie dans les quartiers pauvres des grandes villes. Une fronde poétique qui n'a pas perdu une once de pertinence en 2018.

Lunatic – Le son qui met la pression

Il y a 18 ans, le 28 septembre 2000 sortait un album qui allait changer la face du rap français. Mauvais Œil, de Lunatic. Non seulement parce qu’il enfantait du rappeur le plus important de sa génération et au-delà - un dénommé Booba - mais aussi et surtout parce qu’il était un chef-d’œuvre musical. Mêlant le hardcore d’un B2o déjà maître de ses « métagores », le mysticisme de son compère Ali et des instrus sombres à faire pâlir Mobb Deep, Mauvais Œil est à l’époque un classique instantané. Et un coup de force : un succès d’estime et un record commercial sur le label indépendant 45 Scientific. Et puis, l’album est d’abord d’une profondeur assez inédite, c’est le bitume qui parle avec une poésie qui est la sienne. Un « son qui met la pression ».

RENDEZ VOUS – Superior State

Le choix de la pochette de leur dernier album parle de lui-même. L'image est saisie quelques centièmes de secondes avant qu'un trader ne se crashe au sol, dans un costard propret, et qu'il meurt inévitablement de la chute qu'il vient de s’infliger. Il semblerait que Superior State, ait été composé pour cet instant très précis, juste avant la bascule inévitable, quand le silence s'étale et que le monde se met à tourner en slow-motion. La fin est imminente mais l'interstice est élastique. Et là, forcément, tout le monde pète les plombs. Voilà donc un album sorti à point nommé.

Mafia K’1 Fry – Pour ceux

Jamais un collectif aussi luxuriant n’a semblé si cohérent que sur ce morceau mythique de l’histoire du rap français. Souvent ramené à son clip (signé Kourtrajmé, certes assez incroyable et pionnier), le son en lui-même est déjà bluffant et le couplet d’un jeune Rohff en forme olympique a encore de quoi faire rougir nombreux de ses confrères. La force de « Pour Ceux », c’est l’énergie, la force d’une jeunesse dans la galère mais heureuse d’être debout, qui scande le menton haut sa maîtrise du système D et sa capacité de résilience, celle de ses sœurs, ses mères, ses frères et pères. En gros tous « ceux qui bougent », pas « ceux qui s’chient dessus ». Conseil : sachez qu'une écoute répétée du morceau peut définitivement vous faire entrer dans la première catégorie.

Azari and III – Indigo

Il existe des morceaux dont vous sentez dès la première écoute qu’ils vont vous suivre dans votre vie un bon moment. L’impression, presque, qu’ils ont été composés spécialement pour vous, après une étude intense des affinités de votre corps, votre cerveau, vos cellules toutes entières. Bizarrement, « Indigo », du groupe canadien Azari & III fait cet effet à beaucoup de monde. Dinamo Azari et Alixander III ont visé juste en 2011 avec ce morceau qui n’est que montée euphorique et voyage dans le temps, dans un passé aux rêves - et aux raves - glorieux. Celles qui font oublier la fatigue, les douleurs, les pensées malheureuses et nous ramènent à la grâce des mouvements aléatoires du corps. Cette transe capable de soulever une foule, de la faire danser ensemble, suer en chœur et se révolter en force.

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<![CDATA[pour noël, ddp et i-d vous font gagner une (mini) moto-cross]]>https://i-d.vice.com/fr/article/xwj7bk/pour-noel-ddp-et-i-d-vous-font-gagner-une-mini-moto-crossWed, 12 Dec 2018 10:26:04 +0000En septembre dernier, nous vous parlions des comebacks les plus improbables de la mode, et en première ligne de celui de DDP. En effet, 2018 aura été le théâtre du retour en grâce de « Docks Dupont », nom de la première boutique multi-marques de Bordeaux, ouverte dans les années 1980 et ancêtre d'une marque réellement née en 1996. Pour qui a grandi dans les années 1990 et au début des années 2000 - et qui a eu la chance de voir son style vestimentaire dicté par autre chose que des lubies parentales gênantes - DDP est iconique. Une grosse tête jaune un peu flippante sur un corps blanc, bras levé et pouce en l'air, plaqué sur un vestiaire « teenage streetwear » dont le retour est finalement assez évident en 2018.

Tombée en désuétude au milieu des années 2000, puis tournée exclusivement sur du prêt-à-porter féminin dès 2009 dans la discrétion la plus totale, DDP revient en force et avec simplicité : un retour aux basiques qui fleurent bon le rétro cool, hoodies et salopettes en tête. Il suffit d'aller faire un tour sur le jeune compte Instagram de la marque française pour réaliser l'efficacité du retour et de la gestion de l'image de DDP. Le passé et le futur s'y entrechoquent ; les screenshots de la série H où un Jamel Debbouze d'alors 20 petites années apparaît un sweat DDP sur le dos croisent un shooting estival en featuring avec un certain A$AP Rocky. Tous les ingrédients d'un retour gagnant. Pour fêter ce retour, et parce que Noël approche, i-D s'est associé à la marque pour vous offrir une mini-moto DDP x i-D dans la lignée.

Si vous vous demandez avec quelle tenue DDP la chevaucher, les photos de François Quillac devraient vous donner une idée. Pour participer au jeu-concours et tenter de gagner ce petit mais magnifique bolide, il suffit de s'inscrire, juste ici.

Bonne chance, joyeux Noël, et roulez prudemment.

DDP x i-D Pocket Bike

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xwj7bkAntoine Mbembai-D StaffNewsconcoursMotoddp
<![CDATA[tumblr m'a fait prendre conscience de ma bisexualité]]>https://i-d.vice.com/fr/article/59vkba/tumblr-ma-fait-prendre-conscience-de-ma-bisexualiteTue, 11 Dec 2018 14:08:38 +0000Le 3 décembre dernier, quand le PDG de Tumblr Jeff D’Onofrio a annoncé qu’il comptait bannir tous les contenus « pour adultes » de Tumblr, il aurait tout autant pu annoncer la fermeture du site. Malgré la volonté de rendre l'ensemble du contenu présent sur la plateforme accessible au plus grand nombre possible, une grande partie pouvait être rangée dans la catégorie NSFW, acronyme de « Not Safe For Work » soit un contenu à caractère érotique qu'il n'est pas convenable de consulter sur un lieu de travail. Le bannissement des « photos, vidéos ou GIFs qui montrent de vrais organes génitaux humains » ou – roulement de tambours – « les tétons d’apparence féminine » signifie que certains des utilisateurs les plus enthousiastes du site devront soit renoncer à leur compte, soit sérieusement expurger leur contenu. Après être apparu au début des années 2010, Tumblr s'est établi comme un site « niche » qui doit en large partie sa prospérité à u son contenu destiné aux adultes. Et le porno en soi ne fait pas tout : Tumblr est avant tout une des rares plateformes mainstream sur laquelle les fans, les artistes et les travailleurs du sexe pouvaient poster du contenu pour un public averti.

La pénalisation des contenus pornographique sur Tumblr aura un impact réel sur la communauté LGBTQ en ce que la plateforme permettait à de nombreuses personnes queers de réaliser leur identité en ligne. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai moi-même découvert Tumblr : quand j’ai commencé à fréquenter le site en 2010, il comblait alors le vide laissé par MySpace. Les réglementations de Facebook et Twitter entravaient une certaine liberté et le fait de me présenter à découvert m'effrayait. Je voyais donc Tumblr comme un refuge, où je pouvais mener ma petite vie avec toute l’intimité qu’il est possible d’avoir en ligne. Je pouvais customiser ma page, poster des photos, écrire sur ce qui m’intéressait. Je pouvais également explorer des aspects de ma personnalité qu’il ne m’était pas donné d’explorer en public : j'ai ainsi compris que j'aimais les filles. Depuis toujours. Alors que je ne suivais au départ que quelques amis de confiance, je me suis liée d’amitié avec d’autres gens LGBTQ. Tumblr m’a donné accès à une communauté comme aucun autre site. Et oui, cette expérience comprenait également la découverte de contenus à caractère érotique. Tumblr m'a permis de prendre conscience de ma bisexualité et m’a donné la confiance nécessaire pour que je puisse faire mon coming-out dans le monde réel. Et tandis qu'il se voit censuré par de nouvelles réglementations aujourd'hui, le contenu porno jadis présent sur Tumblr a grandement participé à mon épanouissement personnel... et sexuel.

Une utilisatrice de longue date, Alma, s'est rendue la première fois sur Tumblr afin « d'intégrer une communauté de niche » et « d’interagir avec d’autres LGBTQ ». Selon elle, Tumblr n’a jamais vraiment compris son public : aujourd'hui, la plateforme souhaite « classifier le contenu queer comme étant inapproprié ». Selon Alma, il est fort regrettable que de jeunes gens, qui ont pourtant besoin de ce genre de plateforme pour se réaliser, « se sentent aujourd'hui démunis ». Un autre utilisateur a également soulevé un des problèmes majeurs qu'induit la pénalisation des contenus érotiques sur Tumblr. En effet, selon lui, les réseaux qui se veulent désormais « familiaux » discriminent indirectement des groupes déjà victimes d'exclusion. « Les groupes les plus durement touchés par ces histoires de réseau social familial sont déjà marginalisés dans la réalité et n'ont que très peu d'autres moyens d'expression à leur disposition. » Aujourd'hui, des images aussi inoffensives que celles d'un baiser entre deux hommes sont censurées ou, au mieux, signalées sur Youtube.

D’Onofrio , le patron de la plateforme a récemment déclaré être fier d’avoir inspiré « des artistes, des auteurs, des créateurs, des curateurs et des croisés ». Avec ces nouvelles règles, qui visent à créer « un espace sûr pour l’expression créative », Tumblr exprime clairement quels créateurs et artistes sont les bienvenus sur son site, et qui ne l'est pas. Le Tumblr que je connaissais était un espace assez safe pour y être gay, pour explorer, pour être fan. En vieillissant, mon besoin de m'exprimer sur ce genre de plateforme a diminué mais ce n'est pas le cas de tous. D’Onofrio et son équipe auraient « travaillé dur » pour poser les bases d'un « meilleur Tumblr ». Selon ses prises de parole, nous pouvons déduire que la plateforme qu'il dirige aurait aujourd'hui à rougir de son passé. Mais à quoi se réfère-t-il au juste ? Au phénomène du Topless Tuesdays (« mardi torse nu ») ? Aux communautés de fans ? Aux travailleurs et travailleuses du sexe ou aux utilisateurs LGBTQ ? Il prétend aujourd'hui que Tumblr est un espace où l’on peut « parler librement de sujets comme l’art, le positivisme sexuel, les relations amoureuses ou la sexualité », mais il omet de dire que le principe même de censure est fondamentalement une entrave à ce genre de liberté.

La communauté la plus durement touchée par les nouvelles règles du site est celle des travailleurs du sexe, qui se voient désormais bannis de plateformes comme PayPal ou Instagram. Quand j’étais ado, je suivais des travailleuses du sexe sur Instagram. J’y ai beaucoup appris sur cette industrie stigmatisée dont personne ne parle dans la vraie vie. Une dominatrice basée à New York me raconte que les mesures prises par Tumblr vont dans le sens de l’ « attaque contre les travailleuses du sexe menée par des lois américaines anti trafic sexuel qui s’apprêtent à entrer en vigueur ». Ainsi, Backpage et la section personnelle de Craigslist ont disparu, tandis que les travailleuses du sexe voient une partie de leur contenu bloqué sur Instagram et Twitter. Tout cela « créé des difficultés pour gagner de l’argent, mais aussi pour rester en sécurité en filtrant les clients ». Elle ajoute que les nouvelles règles de Tumblr ne sont qu’une attaque dans un contexte plus large de guerre contre les travailleuses du sexe, ce qu’une autre personne avec laquelle je me suis entretenue approuve : « La décision de Tumblr touche vraiment durement les travailleuses du sexe. Le nombre d’endroits sur lesquels nous pouvons librement exister et nous vendre en ligne ne fait que réduire ».

Ces nouvelles règles surviennent après que l’appli ait été supprimée de l’Apple Store en raison de la présence d’images pédopornographiques, ce qui a conduit à une suppression du contenu pornographique sur tout le site. Il semblerait que Tumblr se mette à la censure pour éviter que de tels évènements ne se reproduisent. Mais la censure n’est pas la réponse, même si Tumblr est convaincu que ses robots d’intelligence artificielle sont capables d’établir une distinction dont la plupart des gens sont incapables : dissocier clairement le porno d’une nudité « non-sexualisée ». Sauf que non, l’intelligence artificielle n’est pas en mesure de procéder à cette distinction. Depuis leur apparition, les robots ont banni des images aussi « NSFW » que Sebastian Stan arborant un costume sans chaussettes, une photo du Christ et un dessin de Wonder Woman soulevant Harley Quinn. Les contenus racistes ou abusifs ont, eux, échappé à la purge. Pour appuyer sa décision, D’Onofrio pense « qu’internet ne manque pas de sites qui hébergent du contenu pour adultes ». C’est exact. Mais la culture Tumblr est unique ; les utilisateurs consomment un contenu qui a été posté par leurs créateurs plutôt que volé puis uploadé sur d’autres sites, ce qui signifie qu’ils peuvent directement créditer les gens qui créent du porno et de l’art « sexualisé », tout en connaissant le contexte de cette création.

En surface, il est facile de se dire que l’agonie de Tumblr s’inscrit dans un contexte de transition : celui qui bascule d’un ancien monde vers un nouvel internet. Après tout, c’est ce qui arrive aux sites que nous aimons : adieu LiveJournal, Myspace et tous ces vestiges d’un monde où nos moindres faits et gestes n’étaient pas encore jugés sur la place publique. Pourtant, en creusant plus profondément, il devient clair que cette mort lente prend part à une répression plus large menée contre les travailleuses du sexe et la liberté sexuelle. Des internautes se retrouvent punis en ligne et en dépit de ses apparences de site basé sur la notion de communauté, Tumblr s’allie désormais à cette répression.

On finit par avoir l’impression que des sites comme Tumblr ou Myspace nous appartiennent, qu’ils sont à nous, et qu’il est normal que nous ayons notre mot à dire sur les parties intimes que nous avons le droit de partager en ligne. Cet épisode ne fait que rappeler que nous ne sommes plus propriétaires de rien en ligne, mais qu’en plus, les gens qui le sont ne se soucient vraiment pas de nous.

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<![CDATA[à atlanta, le voguing est encore une (vraie) contre-culture]]>https://i-d.vice.com/fr/article/8xpq8a/a-atlanta-le-voguing-est-encore-une-vraie-contre-cultureTue, 11 Dec 2018 09:54:37 +0000Il y a une énergie indescriptible qui flotte dans l’air lorsqu'une fête est vraiment réussie. L'alchimie sociale opère, le monde extérieur semble oublié, et la pièce entière vibre à l’unisson, jusqu’à atteindre collectivement un degré de conscience supérieur. Le DJ disco David Mancuso - qui a présidé The Loft, le premier ball underground de New York - a comparé cette sensation à un avion décollant du podium d'un défilé : ça n’arrive pas souvent, mais quand c’est le cas, on peut sentir l'adrénaline embraser l’atmosphère comme du kérosène, et ses flammes vous lécher la peau. Atlanta Is Burning – un ball de voguing imaginé par les organisateurs de fêtes LGBTQ Morph et Southern Fried Queer Pride (SFQP) en collaboration avec Red Bull Music – n’aura pas mis longtemps à atteindre ce pic de fébrilité.

Par un soir glacial de novembre, des centaines de gamins vêtus de paillettes, de sequins et de fourrure ont débarqué dans une zone industrielle du centre-ville d’Atlanta. Après les freestyles enflammés de Cakes Da Killa et Divoli S’vere sur des beats incendiaires, c’est au tour de la tête d’affiche Leikeli47 de faire son entrée sur scène. « C’est un putain de joint de meuf, je ne fume que des joints de meuf ! » scande la MC de Brooklyn sur des battements de 808, avec un bandana blanc tout autour du visage. Quand elle lève triomphalement les bras, la foule se fend d’un rugissement et l’air devient électrique - la sensation de décollage ne m'a jamais semblé aussi proche.

Atlanta Is Burning

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<![CDATA[voici la bande-annonce du nouveau docu sur hayao miyazaki]]>https://i-d.vice.com/fr/article/vbaxdd/voici-la-bande-annonce-du-nouveau-docu-sur-hayao-miyazakiTue, 11 Dec 2018 09:09:52 +0000Hayao Miyazaki n'est pas qu'un génie, c'est aussi un sacré blagueur. En 2013, à 72 ans, il annonçait sa retraite à un monde paniqué, nous laissant tous potentiellement orphelins des plus belles histoires animées de l'Histoire. Bon, à l'époque déjà, il n'était pas question de sur-dramatiser : la relève était assurée, un artiste comme lui ne se construit pas sans apprentis. Et surtout, la retraite n'a pas eu l'air de lui réussir. Elle était rapidement avortée en 2016, avec l'annonce d'un nouveau projet, le court-métrage Boro la chenille, qui devrait sortir « prochainement » et dont les premières images étaient diffusées en mars dernier.

Mais qu'a bien pu faire le maître de l'animation japonaise pendant ces deux années de pause bien méritées ? La réponse nous sera apportée en janvier prochain, avec la sortie de Never-Ending Man : Hayao Miyazaki, documentaire justement consacré à cette période de la vie du dessinateur, réalisateur, producteur et cofondateur du mythique Studio Ghibli. Pendant deux ans, donc, Hayao Miyazaki aurait permis à l'un de ses proches, le réalisateur Kaku Arakawa, de le filmer au plus proche, avec délicatesse et complicité. On y verra notamment comment, reculé dans sa maison et entourée d'un Studio Ghibli réduit, le créateur de Totoro s'est occupé à explorer l'utilisation des nouvelles technologies dans son art.

En plus d'ouvrir une porte sur le processus créatif d'un tel monstre sacré du cinéma, le documentaire s'attache à comprendre les défis, technologiques, justement, auxquels doit faire face l'univers de l'animation. Et quelle figure plus adaptée pour nous y emmener. Le 2 janvier 2019, rendez-vous en salles pour savourer Never-Ending Man : Hayao Miyazaki. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, le 23 janvier sort également pour la première fois dans les salles françaises la version restaurée du premier film de Miyazaki, Le Château de Cagliostro.

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vbaxddAntoine Mbembai-D StaffNewstrailerdocumentaireMiyazakiHayao Miyazakibande annonceStudio Ghiblinever ending man: hayao miyazaki