dancehall, rave et booba : vous n’êtes pas prêts pour ce nouveau mix de crystallmess

En exclusivité pour i-D, la jeune Dj, productrice et journaliste parisienne livre un mix rap, r&b et dancehall qui nous a remué de bout en bout.

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oct. 27 2017, 10:48am

Le meilleur moyen de baliser votre week-end, c'est de sortir des plots. Le mode d'emploi est simple : choisissez Crystallmess et appuyez sur Play. Parce qu'en plus des sonorités familières, la beauté d'un mix réside dans la surprise, la découverte totale ou l'émerveillement devant un classique de notre adolescence merveilleusement retoqué. On y reviendra. Le mix, c'est une une célébration obligée puisque c'est un mélange, le choix d'un partage, d'une fusion. C'est le refus de la case. « Mes influences sont variées, explique Crystallmess. J'ai pris le côté dancehall de ma mère antillaise, le côté coupé-décalé de mon père ivoirien… même si ce mix est clairement plus axé dancehall, c'est super d'avoir cette double identité noire, on ne peut pas me ranger dans une case, bien qu'on m'ait souvent demandé de choisir. »

Choisir, ce n'est pas forcément le truc de Christelle Oyiri, et tant mieux. La jeune journaliste, Dj et productrice touche ailleurs, s'engage partout, mais la musique est son art majeur : « C'est la chose la plus importante pour moi. C'est le médium le plus immédiat et aussi le plus abstrait – les gens ne vont pas savoir grand-chose de moi en écoutant mes mix. J'aime bien brouiller et questionner la perception du genre musical. » Un art majeur qui irrigue tout le reste, qui l'a récemment fait collaborer avec le collectif NON Worldwide et jouer pour l'after-party du MoMa PS1 avec Yves Tumor, Hirakish et Dreamcrusher. Parce que tout est lié. « La semaine dernière, je participais à une conférence sur la danse post-Internet. Pour moi, la danse et la musique sont des médiums qui touchent d'emblée, et dont l'essence même est politique. »

Pour ce mix-là, l'important était aussi de « montrer qu'on peut faire une rave sans faire de la techno. J'adore la techno, mais il n'y en a pas toujours besoin. On peut retrouver la même frénésie et la même énergie sans jouer ce qu'on attend d'une rave traditionnelle. » De notre côté, le corps a commencé à faillir autour de 9min30, quand l'instru du culte « Numéro 10 » de Booba côtoie les cimes du « Young, Fresh N' New » de Kelis (« Kelis et The Neptunes, la première fois… je n'avais jamais rien entendu de similaire. Ils faisaient une musique interstellaire, un R&B d'un autre monde »). On vous laisse joyeusement convulser sur la suite, et on vous donne rendez-vous demain, samedi 28 octobre, à la Java pour la House of Moda, où Crystallmess sera de la partie.