Photographie Willy Vanderperre. Stylisme Alastair McKimm. FKA twigs porte du Comme des Garcons.

fka twigs a tout perdu, et ça l'a sauvée

Silencieuse depuis près de trois ans, FKA s'est livrée à i-D pour revenir sur son parcours, tout en puissance - et en failles.

par Frankie Dunn
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06 Septembre 2019, 8:30am

Photographie Willy Vanderperre. Stylisme Alastair McKimm. FKA twigs porte du Comme des Garcons.

Cet article a été initialement publié dans le n°357 d'i-D, The Post Truth Truth Issue, Automne 2019.

« À l'époque, je n’avais jamais entendu parler d’i-D » lance FKA Twigs dans son studio de l'est londonien - une pièce calme où flotte une odeur d’encens - tandis qu’on lui rappelle le souvenir de sa toute première couverture pour nous. « Je viens du Gloucestershire. Je ne connaissais rien à cette vie-là. » Nous sommes alors en 2012 et Twigs travaille comme danseuse dans un club londonien lorsqu’elle est approchée par le photographe Matthew Stone. « Il est venu me voir et m’a dit ‘J’ai vraiment envie de te prendre en photo.’ Je me suis retournée et je lui ai répondu de but en blanc ‘Comme tout le monde.’ T’imagines ? ». Matthew – qui est aujourd’hui devenu un ami avec lequel elle collabore souvent – la recroise un jour sur les quais de la station de métro Hoxton et retrouve sa piste via un ami en commun. « Il m’a vue un matin où je rentrais chez moi après être sortie toute la nuit, toujours habillée comme la veille. »

Twigs, qui n’aime pas spécialement être prise en photo, ignore encore l’onde de choc que va provoquer la couverture sur laquelle elle pose. « La plupart du temps, je gère les choses comme si j’étais investie d’une mission. Quelqu’un va me dire : ‘Ça te dit pas de faire ce truc génial ?’ et moi ‘Oui… mais en ce moment j’essaie d’apprendre comment faire une roue sur une main, je vais quand même pouvoir continuer à m'entrainer ? ». Pourtant, lorsque le numéro d’i-D finit par sortir et qu’elle se découvre en couverture – les cheveux tressés, un anneau en or au septum, le mot « love » épelé sur front, en forme d'accroche coeur – Twigs comprend qu’il s’agit d’un moment spécial. « Pour moi, ce n’était pas juste une couverture d’i-D, dit-elle. Ça a eu un véritable impact sur la perception de la culture jeune et noire ; je pense que depuis, les choses ont beaucoup évolué. Et puis ma musique est arrivée. »

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FKA twigs porte un soutien-gorge Fleet Ilya, un shorty Agent Provocateur, des bijoux personnels et des chaussures Pleaser tout le long de la série.

C’est à la fin de cette année que sort son tout premier ep, EP1, une version encore en travail de ce qui fait d’elle l’une des artistes les plus inspirantes de sa génération. Tous les signes sont là – ses chuchotements soprano bégayés sur des productions électro expérimentales – mais c’est son deuxième EP produit par Arca, en 2013, qui la propulse au sommet. Les singles « Papi Pacify » et Water Me » la projettent dans l’inconscient collectif (vous vous souvenez de la plaque signalétique qu’elle avait autour du cou sur la pochette de son EP ? Elle la porte encore aujourd’hui).

La suite, on la connaît : elle sort un premier album nominé aux Grammy et aux Mercury Prize, LP1. « Je débutais », dit-elle en revenant sur ce premier disque, qui comprend des productions de Sampha, Dev Hynes et Paul Epworth. « Je me sens beaucoup plus indépendante aujourd’hui. J’ai l’impression d’être plus ouverte au monde et aux nouvelles idées, et je suis sans doute moins tolérante envers les choses qui ne me touchent pas. Plus jeune, je me suis énormément donné pour atteindre des objectifs qui me dépassaient complètement, alors qu’aujourd’hui… Je ne sais pas encore exactement comment l’expliquer, mais je suis certaine qu’il existe un moyen de trouver sa place sans se faire autant violence. Socialement, je me sens un peu mieux maintenant mais à l’époque, j’avais l’impression d’être une biche prise entre les phares d’une voiture. »

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Twigs a désormais 31 ans et déjà plusieurs vies derrière elle. Quand je lui demande si elle est fatiguée, elle me répond « non » dans un rire noir. « Pas physiquement. Je ne me suis jamais sentie aussi jeune dans mon corps. Je me sens mieux conditionnée, mieux rodée. Mais mentalement, j’ai l’impression de toujours m’être sentie assez vieille, comme si j’avais déjà quelques vies sur Terre derrière moi. Mais je ne me sens pas fatiguée… J’ai l’impression d’être un vieil arbre. » Ces dernières années, Twigs est pourtant passée par plusieurs épisodes douloureux. « Il a fallu m’opérer des tumeurs utérines, lance-t-elle de manière très factuelle. Et puis, quatre semaines après mon opération, j’ai reçu un appel de Spike Jonze. »

En 2018, le réalisateur oscarisé lui propose de tourner dans sa publicité Apple HomePod. À l’époque, elle accepte sans ciller, convaincue qu’il lui reste un bon mois devant elle, avant de découvrir son intention de la faire venir à L.A la semaine suivante, et, surtout, de la faire immédiatement participer à un workshop via FaceTime. « J’avais une dégaine de mort, raconte-t-elle. J’étais dégueulasse. Je n’étais pas censée bouger. Et Spike était là, genreOkay, je vais lancer la musique et je vais te demander de danser dans ton salon’. J’ai tout donné, mais j’avais l’impression que mon utérus pouvait tomber à tout moment. Je ne leur avais rien dit de mon opération et des points de suture sur mon ventre. C'était lugubre. »

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Chemise Gucci. Short Nike. Collants Falke.

« C’était une expérience incroyable, mais j’étais vraiment mal. » Il est recommandé d'attendre six semaines après l'opération avant de recommencer à marcher, alors pour ce qui est de la danse... « Sur le tournage avec Spike, les points de suture de mon nombril étaient en train de s’ouvrir. Je lui ai dit :Je te préviens, je vais peut-être me mettre à saigner à travers ce t-shirt blanc… En gros, je ne pouvais même pas lever mes bras, parce que tous tes organes sont liés et tu ne peux pas tirer sur ton ventre. Mais j’ai quand même participé à la chorégraphie. J’ai basé tous mes mouvements sur Audrey Hepburn, parce qu’elle bougeait tout le temps comme ça – très en avant, avec le ventre contracté – et c’est tout ce que je pouvais faire. » Voilà un exemple parfait de la discipline dont peut faire preuve Twigs. Si elle décide de faire quelque chose, elle remue ciel et terre pour y parvenir.

D’ailleurs, pendant son rétablissement, une idée de clip lui vient… une idée qui lui demande un niveau élevé en pole dance. « Quand j’ai commencé à faire de la pole dance, c’était horrible, j’étais vraiment nulle… J’avais l’impression d’être une limace luttant pour ne pas s’écrouler au sol. Mais dès que tu arrives à maîtriser une technique, ça devient addictif. » Les fruits de son entraînement rigoureux sont à constater dans l’incroyable clip de « Cellophane », sorti en avril cette année. Réalisé par Andrew Thomas Huang, on y voit Twigs s'enrouler autour de la barre dans un deux-pièces orné et doré, avant qu’un insecte volant à son visage ne vienne la déranger puis la propulser vers de sombres abysses. « C’est au-delà de ce que je pouvais imaginer, » assure-t-elle.

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Chemise Loewe. Short Nike. Collants Falke.

Les paroles ont de quoi briser le cœur. « Didn’t I do it for you ? Why don’t I do it for you ? » chante Twigs. « ‘Cellophane’ est une chanson particulièrement désespérée, mais elle contient aussi une pointe d’ironie, un aspect plus léger. Je ne sais pas si tout le monde a pu le percevoir. » L’ironie s’adresse davantage à la personne qui l’a mise dans cet état émotionnel. Peu importe son état d’esprit au moment d’écrire le morceau ; depuis, elle a appris à faire de la pole dance. « C’est fou comment, en tant que femmes, on se pose ces questions sans prendre mesure de notre force. Ces sentiments sont le résultat d’un lavage de cerveau social qui démarre dès l’enfance, je n’en suis même pas conscience. Mais dans le même temps, au plus profond de moi, je sais que je vais bien. C’est une étrange dualité. »

« Cellophane » est extrait du second et très attendu album de Twigs, Magdalene, qu’elle s’apprête tout juste à sortir via Young Turks cet automne. Les fans qui ont eu la chance d’assister à sa tournée théâtrale du même nom, cet été, ne seront pas étonnés de la vulnérabilité qui habite tout le disque. Dans son spectacle, Twigs est un être tout-puissant qui, pendant une heure et demie, passe de la pole dance aux claquettes et de l’escrime aux performances vocales ahurissantes, le tout dans une série de costumes extravagants signés Ed Marler. C’est éprouvant, rien qu’à regarder. « Quinze minutes avant chaque représentation, je me disais : "Je n’y arriverai pas. La pole dance… les claquettes… les gens ne vont rien comprendre ! Et si je tombe de la barre ? C’est trop dur ! J’ai visé trop haut ! J’étais folle de penser y arriver ! Comment j’ai pu prendre de telles décisions ?!" » Si Twigs était une figure pop manufacturée, elle aurait peut-être eu quelqu’un à blâmer pour ces choix. Mais c’était son idée. C’était sa faute. « Mais c’est drôle quand on y repense, ajoute-t-elle en riant. Je donnais l’impression d’être tranquille, "C’était super, les gars. J’en referais bien une de plus !" »

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Magdalene – produit en grande partie par Nicolas Jaar – a vu le jour il y a trois ans, entre Londres, New York et Los Angeles et dans une période de longue solitude, où Twigs avait pour habitude de déambuler seule dans de longues robes médiévales. « C’était une période très triste, très dure mentalement, et je ne voulais pas en sortir. Je n’avais pas beaucoup d’amis là-bas, et je communiquais très peu avec mes amis et ma famille ici. Je me suis totalement renfermée. »

« Le disque parle de tous mes amours passés, et de tous ceux que je vais vivre, » explique-t-elle. Artistiquement parlant, elle décrit l’album comme ce moment infime « quand tu te sens fragile, au bord du gouffre mais que tu trouves en toi d’incroyables ressources, de la défiance et de la force. » Si, par le passé, Twigs a pu nous apparaître comme – littéralement – extraordinaire, d’un autre monde, aujourd’hui elle se pose juste en face de nous et met son cœur à nu. « Cet album a quelque chose de très fragile. Je l’ai fait pendant ma guérison – physique et mentale – et je pense qu’on le ressent clairement. » L’intense vulnérabilité du disque est en contraste total avec la précision surhumaine de son talent.

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Kimono et obi John Galliano 1994 “mini-mono”, The Personal Archive Of mrstevenphilip. Collants Falke.

« Parfois je ris jaune en réalisant à quel point, en tant que femme, ton histoire est très souvent rattachée à celle d’un homme, explique-t-elle. Peu importe ce que tu fais, peu importe ton talent, parfois c’est impossible d’être adoubée sans être raccrochée à un homme. J’ai ressenti ça plusieurs fois. Et puis j’ai commencé à me renseigner sur le personnage de Marie Madeleine, qui était certainement la meilleure amie de Jésus, sa confidente. Elle était herboriste et soigneuse, mais la Bible occulte complètement son histoire ; elle est une ‘prostituée’. J’ai trouvé beaucoup de force dans l’histoire de Marie Madeleine. Beaucoup de dignité, de grâce, d’inspiration. »

Le premier morceau, « 1000 Eyes », donne le ton du reste de l’album – une chorale a cappella qui prévient de la menace d’un changement, de la fin d’une relation amoureuse. Le falsetto angoissé de Twigs y répète « It’s gonna be cold with all those eyes ». Puis une basse statique s’active en bourdonnant, pendant que la voix s’éparpille autant que Twigs l’était au moment d’écrire la chanson. Évoquant cette période, elle raconte : « Je me suis dit que si je n’étais pas parfaite, je me ferais détruire en public. » Un constat dévastateur quand, pour beaucoup d’observateurs, malgré sa célébrité et ses deux relations amoureuses hypermédiatisées, Twigs apparaît comme une personne très mystérieuse. Qu’elle évite les interviews et les propositions presse pour promener son chien ou danser dans n’importe quel studio à sa disposition, une forme de mystique a toujours entouré la musicienne.

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Chemise Gucci. Short Nike. Short Nike. Collants Falke.

« Holy Terrain », en featuring avec Future, est certainement le morceau qui recevra le plus d’attention. Avec ce titre – sombre, sexy, trap – FKA Twigs s’aventure sur de nouveaux territoires. L’histoire de la collaboration ? Après avoir mis la main sur le numéro de Future, elle a fait ce que n’importe lequel d’entre nous aurait fait : lui envoyer un texto.

« Je n’étais même pas sûre qu’il me connaisse. Je lui ai envoyé un truc dans le genre :Hey, c’est Twigs. Fais-moi signe si tu veux qu’on discute musique ou autre. Il m’a répondu dans la seconde, et j’étais comme… » Elle jette soudainement son téléphone sur le canapé à côté d’elle. « ‘Oh mon Dieu, il m’a répondu !’ Il est vraiment adorable. Je lui ai envoyé l’album puis je l’ai appelé, je lui ai expliqué :Écoute, Future… voilà de quoi parle mon album. C’est un disque très sensible, émancipateur, à l’énergie très féminine. Ce morceau est certainement le plus fun de la liste mais j’ai quand même besoin d’un certain contenu, d’une profondeur dans les paroles. Il m’a juste ditOk, j’ai compris’. Et son couplet est magnifique. Il parle de ses échecs en tant qu’homme, il demande pardon, demande de l’aide. J’adore cette façade triste de Future. J’aime son côté emo, cette manière qu’il a de l’exprimer. Quand il s’ouvre, c’est très beau. »

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Pour vous faire une idée de « Sad Day », imaginez-vous le hit dance de 1992 d’Opus III, « It’s A Fine Day », couplé à du Kate Bush. « Ça a quelque chose de névrotique ! nous dit-elle de l’accroche du refrain. Tout est sur la même tonalité, c’est dérangeant. C’est une manière de demander si tu es prêt à quitter la monotonie de ta vie pour aspirer à quelqu’un ou quelque chose de plus grand. Prendrais-tu le risque de l’amour, et de souffrir une nouvelle fois ? » Mais la vibe Kate Bush est peut-être encore plus présente sur « Mary Magdalene », qui s’ouvre sur un solo de piano distordu avant d’éclore en considérations sur le pouvoir féminin.

Celle que Twigs préfère jouer, « Home With You », demande une attention toute particulière. « Ça parle de relations amoureuses. Les gens sont vachement dépendants, non ? C’est assez drôle et beau à chanter. Les grosses cordes à la fin… J’ai l’impression de voler avec ma voix ! » « Mirrored Heart » est une ballade au piano, embuée de larmes, emplie de peine, de conflits. « Elle est hyper triste, tu trouves pas ? La chanter me met dans un état pas possible. Je pleure à chaque fois. Mais c’est franchement pas mal de pleurer sur scène. Je sais à chaque fois quand ça va venir. »

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Veste et chemise Marc Jacobs. Short Nike. Collants Falke.

Et puis il y a « Daybed », morceau calme, presque méditatif. « Quand je l’ai écrit, raconte-t-elle, je savais que ma vie était sur le point de s’effondrer. Ma stabilité, tout ce à quoi j’étais attachée… tout allait s’envoler. » Flippant, non ? « Mais ce n’est pas un morceau de colère. C’est plutôt un constat : Wow, la vie, c’est aussi ça… Ce sont des choses qui arrivent, je vais tout perdre et je vais devoir tout reconstruire. » La phrase « possessive is my daybed » fait référence à ce moment où tu es allongé sur ton canapé, perdu dans tes pensées, incapable de bouger. « Ça t’est déjà arrivé ? demande-t-elle. Autour de toi, tout devient très abstrait. Comme quand tu répètes le même mot, encore et encore, et qu’il finit par perdre tout son sens. Eh bien c’est la même chose, mais avec ta chambre, ou avec tout ton appart, ou avec… tout ce qui t’entoure. Tu commences à voir les choses différemment, dans un nouveau désordre, mais tout est à sa place, tout a une forme d’harmonie et tu dois laisser faire, laisser les choses glisser sur toi. »

Pour quelqu’un comme elle, généralement en contrôle total, cette sensation doit être plutôt désagréable. « Oui et non… Je pense qu’il y a une forme de contrôle dans le fait d’accepter de ne pas être en contrôle. À partir du moment où tu peux accepter ça, soudainement tu arrêtes de te débattre et tu trouves la sérénité. Tu es calme. » Son rétablissement vient de là ; de la lumière au bout du tunnel.

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Avec l’album sur le point de voir le jour, on lui a demandé si elle se sentait au plus proche du personnage qui lui prête son nom. « Pas dans le sens où ce serait mon alter ego. Ce n’est pas un album concept, assure-t-elle en rigolant. Vraiment, ce n’en est pas un. Elle m’a juste aidée à aller un peu plus loin, à penser différemment. Maintenant c’est fait, je peux la laisser partir. »

Il y a quelques semaines, Twigs a fait son pèlerinage à Glastonbury, où la tour de Saint Michel et les ruines religieuses surplombent la chapelle Marie Madeleine. « J’y suis allé pour méditer. Elle n’a pas inspiré tout l’album, mais elle a inspiré un cheminement de pensée qui m’a aidée à le boucler. On est monté en haut d’une colline pendant l’éclipse et tout monde criait à la Lune. C’était incroyable, d’avoir pu simplement lui dire ‘merci et bonne nuit’. »

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Haut Saint Laurent par Anthony Vaccarello.
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Haut Christopher Kane. Short Nike. Collants Falke.

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Comme des Garçons.

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Crédits


Photographie Willy Vanderperre
Stylisme Alastair McKimm

Coiffure Rio Sreedharan, The Wall Group, avec Kérastase
Maquillage Lynsey Alexander, Streeters, avec Lancôme
Manucure Ama Quashie, Streeters, avec CHANEL Le Vernis Organdi et CHANEL La Crème Main
Scénographie Emma Roach, Streeters
Assistance photo Romain Dubus, George Eyres, Tomo Inenaga et Louis Headlam
technicien numérique Henri Coutant
Assistance stylisme Madison Matusich et Abby Adler
Assistance coiffure Sherean Miller
Assistance maquillage Phoebe Brown
Assistance Scénographie Nia Samuel Johnson
Production Ragi Dholakia Productions
Assistance production Claire Huish, May Powell, Nina Parsons et Louis Courts
Direction casting Samuel Ellis Scheinman pour DMCASTING.

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