il ne faudra surtout pas rater ce documentaire sur « showgirls »

Le docu portant sur le film culte de Verhoeven tient sa première bande-annonce. Et ça donne très (très) envie.

par Marion Raynaud Lacroix
|
21 Mars 2019, 11:47am

« Oui, c’était over the top. Et c’était fait exprès. Je trouvais ça parfait. Sinon je m'y serais pris autrement. J’en aurais eu le temps. » En 2015, soit 20 ans après la sortie de Showgirls, Paul Verhoeven revenait sur son film le plus culte et décrié de sa carrière comme sur un moment fondateur, à la mesure de l’excès qui entoura sa sortie en salle. « L’une des choses les plus intéressantes, les plus terribles et les plus fascinantes avec Showgirls, c’est la réaction que le film a suscitée. Je ne m’attendais absolument pas à être brutalisé par la critique. Les gens disaient avoir dû quitter la salle parce qu’ils voulaient vomir - c’était trop sale, trop décadent ».

L’histoire de Showgirls mérite un film à elle toute seule : celle d’un réalisateur à peine remis du scandale de Basic Instinct qui se lance dans un film sur Las Vegas. Les studios le soutiennent, le film jouit d'un budget colossal et de la performance d'une actrice, Elizabeth Berkeley, qui - à l'instar de la jeune femme qu'elle incarne - se livre corps et âme à son rôle de danseuse en quête de gloire. Jugé misogyne, vulgaire, écoeurant, le miroir tendu par Verhoeven à la société américaine est unanimement repoussé par la critique et le public, de manière parfois très violente. « Les critiques n’étaient pas seulement négatives. C’était une flambée d’agressivité et de haine. On en parlait comme du plus mauvais film jamais montré. » raconte Verhoeven.

En DVD, le film bat des records de vente - comme un plaisir coupable que l'on préférerait regarder tranquillement chez soi plutôt qu'au cinéma. Et lorsqu'il revient en salle en 2016, la critique retourne unanimement sa veste, avouant être « passée à côté » de son ironie corrosive. Logiquement intitulé Goddess: The Fall and Rise of Showgirls, le documentaire de Jeffrey Schwarz prévu pour 2020 reviendra sur cette histoire en forme de chute ascensionnelle. Séduit par cette gloire maudite, le réalisateur entend aussi explorer sa dimension politique : « Showgirls est un chef d'oeuvre incompris, et on a beau n'y voir qu'un spectacle clinquant et tape-à-l'oeil, c'est un film qui parle frontalement de sexe, de pouvoir et du rêve américain, confiait-il récemment à Queerty. Goddess reviendra sur les intentions de ses créateurs, la réaction négative de la presse et du public mais aussi sur la dimension culte acquise par le film. » On a hâte.

Retrouvez i-D sur Facebook, Instagram et Twitter.

Tagged:
cinema
Features
Feature
Showgirls
Paul Verhoeven