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la transe tranquille de daniel avery

Le dandy de la techno anglaise sera en concert ce soir à Lyon au Sucre. Interview.

par Micha Barban Dangerfield
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04 Décembre 2015, 4:35pm

Ce grand roux à l'allure romanesque a tout du dandy - une silhouette longue et rêveuse, presque nonchalante, une voix posée qui hésiterait presque. Loin de la techno, son amour pour la musique a commencé par les riffs psychédéliques du rock anglais – Daniel puise dans l'énergie primitive du genre. Ses morceaux sont de véritables constructions : les sons s'enchainent dans un déroulement ascensionnel et définissent ensemble un univers sonore à la fois brut et futuriste. Derrière ses platines, Daniel ressemble un peu à un gourou, mais malgré lui. L'air de rien, avec son flegme, il impose une réelle pesanteur. Jusqu'à la transe. Nous avons échangé avec le petit prince de la techno pour parler de ses influences, de la scène techno française et de ses résolutions pour 2016.

Tu as grandi à Bournemouth dans le sud de l'Angleterre, comment as-tu été initié à la musique ?
Tout a commencé par la collection de vinyles de mon père. Il m'a appris plein de choses et il reste la personne la plus obsessionnelle que j'ai rencontrée en matière de musique. J'ai commencé à mixer à Bournemouth quand j'avais 18 ans dans un club "alternatif", le Project Mayhem. J'y jouais des sons des labels Warp et Factory et la salle était presque toujours vide. La scène était minuscule mais elle était devenue mon alcôve, un espace d'expérimentation et je dois beaucoup à ce club.

Il y a une influence très rock dans ta musique…
Je suis un grand fan de riffs psychédéliques. Les premiers artistes à m'avoir influencés sont des mecs comme les Black Sabbath, My Bloody Valentine, Spacemen 3 … Je m'y réfère toujours d'une façon ou d'une autre même si, en tant que dj, je joue des musiques de club et tous mes sons gravitent dans un univers très techno. Je n'ai jamais voulu mêler ces deux genres musicaux mais je suis très content que ma musique soit naturellement infusée de rock.

Tu produis un son très techno mais tu parviens à le mener vers des sonorités plus joyeuses, plus clubbing. Est-ce une volonté de ta part ou quelque chose de tout à fait inconscient ?
Ça n'a jamais été quelque chose de conscient et je pense qu'en tant qu'artiste, se poser ce genre de questions peut rendre fou. La seule chose qui m'a toujours importé c'est de proposer une musique différente. Je pense très sincèrement qu'il faut offrir quelque chose d'original au monde lorsqu'on crée, quelque chose d'unique et de personnel. Sinon il n'y a aucun intérêt à faire de la musique. Je me sens très à l'aise dans un univers un peu underground mais je suis aussi ravi que mon album Drone Logic parvienne à créer des liens avec d'autres genres - je l'ai composé de façon très spontanée.

Ton album hésite entre futurisme et mélancolie. À quelle temporalité appartiens-tu ?
Je trouve que la scène underground est à un moment de son ascension très intéressant. Plusieurs genres s'y rencontrent et s'entremêlent pour créer une musique complètement nouvelle - le drone, l'acide, la techno, l'EBM, etc. Il se passe des choses passionnantes et je suis ravi d'en faire un peu partie.

D'un point de vue étranger, que penses-tu de la nouvelle scène techno française ?
Elle est en feu ! Il y a tant de super producteurs, Djs, clubs et festivals. Paris a une scène hyper excitante en ce moment. Elle est pour moi la meilleure d'Europe.

Et l'audience française, t'en penses quoi ?
Les Français ont toujours été incroyables avec moi. C'est le pays où j'apprécie le plus jouer. Il y a une énergie folle dans les clubs.

Dans quelques jours, 2015 sera finie. Quelle est ta résolution pour l'année prochaine ?
Finir mon nouvel album !

Daniel Avery sera en concert le 4 Décembre
Le Sucre, 50 quai Rambaud, Lyon