la crème du gabber et du hardcore rassemblée dans une compilation

Le label français Casual Gabberz sort une nouvelle compilation, Inutile de Fuir, ce vendredi 17 février. Il a confié en exclusivité à i-D le titre Burning Flags signé Estoc et Kilbourne.

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févr. 15 2017, 5:00pm

Le label français Casual Gabberz nous a confié le titre Burning Flag de Estoc et Kilbourne pour fêter la sortie d'une nouvelle compilation - 100% gabber, hardstyle et rythmes infernaux - intitulée Inutile de Fuir. Avant de demander aux membres du label de nous en dire plus sur ce nouvel écrin et sur leur amour immuable pour le mouvement gabber, nous avons voulu savoir ce qu'il se tramait derrière le titre équivoque Burning Flag. Kilbourne, artiste originaire de la Nouvelle Orléans, a conçu le titre avec Estoc pour « repousser les limites du hardcore et investir un territoire flippant. La cohésion entre nous vient en partie de notre identité queer. Tout collectif radical dans son identité se doit, à nos yeux, de démanteler l'impérialisme et toutes les formes de violences qui existent au sein d'une société. Ce titre parle de la résistance qu'on doit mener face à la tentation nationaliste - même lorsqu'il porte le masque de l'unité. Aux Etats-Unis, on risque désormais l'incarcération ou la déchéance de nationalité pour un drapeau brûlé. Et on espère que les gens pourront voir ce drapeau comme l'ultime symbole de l'impérialisme et de la suprématie blanche. Il ne mérite pas notre respect. Quant aux prisons et aux gouvernements : que ce soit eux qui brûlent ! » i-D a rencontré les membres du label pour parler de la contre-culture la plus nerveuse des années 1990, des artistes présents sur la compilation et du futur du mouvement. Rencontre.

Comment s'est formé Casual Gabberz ?
En 2013, on était une petite bande fascinée pour le son hardcore-gabber qui a décidé d'organiser des soirées dédiées à ce style dans des clubs parisiens qui n'étaient pas forcément prêts à nous accueillir. Les premières soirées ont été un clash culturel et social vraiment intéressant, ça nous a poussés à continuer. En 2014, on a organisé la Gabber Expo, un mini festival autour de la culture gabber qui a fait bien parler d'elle. Peu à peu les gens ont commencé à nous suivre. On a fait des rencontres amicales, artistiques et le collectif s'est peu à peu mué en label. « Inutile de Fuir » est plus ou moins le baptême de ce label fraîchement né.

Comment expliquez-vous l'engouement qui existe autour du mouvement hardcore-gabber en 2017 ?
Depuis quelques années il y a pas mal d'artistes, que ce soit dans la musique, la mode ou le cinéma qui viennent piocher leurs influences dans le gabber. Du coup le style est petit à petit réapparu malgré lui aux yeux des gens. Le mouvement n'est jamais mort en réalité, il continue à rassembler plein de monde un peu partout. C'est juste que soudainement ceux qui ne connaissaient pas vraiment ou avaient une mauvaise opinion du hardcore ont commencé à s'y intéresser. Après il y a peut-être aussi une résonance avec l'époque. On a eu beaucoup de musiques sombres et sobres ces dernières années, le re-surgissement du gabber est peut-être une réponse à ça

Qu'est ce que ce genre représente pour vous ?
Beaucoup de choses. C'est un genre vraiment différent du reste, c'est incomparable. La vitesse, les rythmes ternaires, les synthés, les samples, c'est un mélange de plein d'influences qu'on connaît tous avec en plus une certaine abstraction du fait de sa densité. Dans Causal Gabberz, personne n'a vraiment de racine dans cette musique et pourtant on s'y reconnaît tous beaucoup. On pourrait même dire qu'au-delà de la musique le hardcore est un format musical, une esthétique qu'on peut facilement utiliser comme matière première. Chacun a une approche différente et fait son propre son. Evil Grimace et Von Bikrav, par exemple, ont développé leur propre style en mélangeant des samples de rap français 90 à des éléments et constructions "hard music". Entre nous on appelle ça le "Frapcore".

Comment avez-vous composé la compilation ? Qui sont les artistes que l'on retrouve dessus ?
La compilation s'est faite vraiment simplement. Depuis 4 ans on a rencontré plein de monde qui partage nos lubies, et beaucoup qui ont en plus la même histoire que nous : pas de racines dans le gabber mais un kiffe certain pour cette musique. Du coup quand on s'est dit que pour lancer le label "Casual Gabberz Records" il était important de faire une compilation pour rassembler tout ce monde la. On s'est retrouvé quelques mois plus tard avec 51 tracks de 36 artistes entre les mains. Entre autres : Evil Grimace & Von Bikrav (nos artistes maisons) mais aussi Krampf, Panteros666, Canblaster, Butter Bullets, Voiron, Indecorum, Umbertron, Kilbourne, Estoc, Orgasmic et Boe Strummer nous ont fait l'honneur de participer au projet. Les artistes viennent d'univers musicaux et géographiques très différents et malgré ça on retrouve une patte commune, un style qui pourrait représenter une nouvelle scène gabber hybride. On est plus que fier d'avoir permis de rassembler tant d'artistes pour une cause qui nous tient tant à cœur.

Quels sont vos projets pour la suite ?
Les projets à venir sont un peu dans la lignée de la compilation. On a plein d'artistes à faire découvrir, on a quelques EP en route, des collaborations,… La production de Casual Gabberz va de bon train. Inutile de Fuire n'est que le début. Pour ce qui est des événements on est en train de travailler sur une tournée pour essayer d'exporter au maximum ce qu'on est en train de faire.

La compilation Inutile de Fuir sortira le 17 février 2017.