10 jeunes créateurs français à suivre (épisode 1)

i-D demandé à la toute nouvelle vague de créateurs de prendre la pose et de porter leurs propres créations. Rencontre.

par Malou Briand Rautenberg
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23 Mai 2016, 7:40am

La mode parisienne, on a presque cru qu'elle était morte. Ou qu'elle dormait profondément, bercée par le ronron des grandes maisons, dont le seul nom nourrit encore le rêve d'une bonne partie du monde. Mais pas celui de sa jeunesse. Il a fallu attendre qu'une nouvelle génération, moins snob, plus foutraque et plus impertinente que ses ainés, s'en empare. Qu'elle la prenne à bras le corps en s'affranchissant de tout : des codes, des frontières, des distinctions de sexe, d'âge et des impératifs du genre. Paris, ils y sont nés ou y ont grandi. Pourtant, la mode selon Nattofranco, Neith Nyer, drône, Afterhomework et Applecore ne se prosterne pas devant l'indétrônable chic parisien : elle le transgresse et l'imprègne des mythes que toute une génération mondialisée, instagramée ou snapchatée, partage. Fini les étiquettes lourdes à porter, le Paris muséal, forcément patrimonial, et les grandes écoles qui perpétuent la lignée. Terminé le créateur démiurge, forcément génial, isolé dans sa tour d'argent. De toute façon, cette génération ne brandit pas l'héritage comme un étendard et ne connaît pas la promesse de l'argent. Au contraire même, sa mode, à l'image de Paris en 2016, est descendue dans la rue et s'en est inspirée pour repenser l'idée même du luxe. Ce futur-là a posé pour i-D, habillé dans ses créations.

Noémie Aiko Sebayashi pour Nattofranco, 25 ans.

Qu'est-ce qui t'inspire en ce moment ?
Je voyage très fréquemment au Japon et je ramène toujours beaucoup de bouquins. Un voyage, ça s'oublie, donc je rapporte dans mes valises tous les papiers que je trouve - même les tickets de caisse. La beauté de la femme à travers la publicité japonaise des années 1980, très européanisée, m'inspire énormément. Je suis un peu nostalgique de cette époque. Dans la musique comme dans la mode, on a tellement à apprendre du passé.

Et pour ta prochaine collection ?
Je suis très obsessionnelle. En ce moment, j'imagine de gros K-way, roses, blancs, noirs, de toutes les couleurs. Je revisite le vestiaire sportswear des années 1980 poussé à son paroxysme, dans une seule et même collection : le jogging, le velours, le k-way et quelques petits détails graphiques japonais, évidemment.

Comment tu te sens, en tant que jeune créatrice à Paris ?
Paris commence à me surprendre. Quand j'ai commencé Nattofranco, en 2013, Paris était figé. Aujourd'hui, ça commence doucement à changer, mais tout est plus lent qu'ailleurs. À l'étranger, je fais en 6 jours ce qu'à Paris je fais en 6 mois. En termes de collabs, de rencontres, de créations.

À qui s'adresse Nattofranco ?
Je dirais que je crée pour les gens qui kiffent internet et le Japon. Qui peuvent trouver quelque chose de plus excitant sur leur iPhone, les réseaux sociaux, l'univers sur la toile et qui veulent s'échapper du quotidien. Tous ceux qui se retrouvent dans les univers satellites.

Le streetwear, il a encore du sens aujourd'hui, en 2016 ?
Plus que jamais, le streetwear veut dire quelque chose. Avec le no-gender, les possibles sont infinis. J'ai toujours porté des vêtements conçus pour les mecs et de plus en plus de gens, comme moi, ne réfléchissent plus au genre, au sexe. Gucci, c'est le même délire, c'est la liberté de tout porter, sans limite. Plus personne ne rentre dans une case, en 2016. Les mecs au Japon, sont très androgynes, choisissent de rester célibataires, asexués. Ils s'affirment en dehors des cases que leur impose la société. Le streetwear s'inscrit dans cette démarche.

Grandir, qu'est-ce que ça veut dire pour toi ?
J'ai pris conscience tout récemment du fait de grandir : quand je regarde, aujourd'hui, toutes les marches que j'ai grimpées depuis 2013 et la création de Nattofranco. Je grandis à travers ma marque, je respire Nattofranco, je voyage pour Nattofranco. C'est ma personnalité, donc j'imagine qu'on continuera de grandir ensemble.

Comment tu imagines le futur de Nattofranco ?
J'espère faire des collabs avec plein de grandes marques du streetwear qui perdurent et comprennent l'idée même du basic. Comme Uniqlo, par exemple. Dans l'idéal, j'aimerais parvenir à concevoir des produits que je n'ai pas encore la possibilité de créer aujourd'hui, des accessoires, de la maille. Et kiffer.

Tu as un conseil à donner aux jeunes qui veulent se lancer dans la création ?
Observez, soyez honnêtes, restez intègres, mettez tout sur table. Encaissez les coups, soyez durs et ne soyez pas jaloux.

nattofranco.com

Pierre Kaczmarek pour Afterhomework, 17 ans.

Quand et pourquoi as-tu lancé ta marque ?
Il y a un an et demi, mes potes étaient là-dedans, mon père aussi. J'avais envie de faire comme eux et petit à petit, je me suis façonné ma propre vision de la mode. Je travaille avec beaucoup de gens à mes côtés : Lewis, un très bon ami qui signe les bandes-son de mon défilé, ma copine, qui m'aide sur le styliste. C'est plus un collectif qu'une marque. On a tous le même âge, on s'intéresse à la mode, à la musique, à l'art et après les cours au lycée, on se retrouve tous dans Afterhomework.

Qu'est-ce qui t'inspire en ce moment ?
Les mouvements sociaux en France. Je pense que la mode à court et long terme est un art qui doit dénoncer, qu'on doit politiser. Tout le monde s'habille et s'intéresse à la mode : elle doit être consciente de la réalité qui l'entoure.

La crise dans l'industrie, qu'est-ce que tu en penses ?
Je suis d'accord avec les créateurs qui choisissent de ralentir. Il faut s'adapter et trouver une place pour tout le monde parce qu'on ne peut plus penser comme dans les années 1980. La mode doit se remettre en question de manière organique, mais elle doit également savoir se positionner par rapport à la société en général et à son évolution.

Pour qui est-ce que tu crées ?
Je ne pense pas en termes de genres, aujourd'hui, cette notion est dépassée : on porte ce qu'on a envie de porter. Je pense des vêtements pour ceux qui sont indécis, qui ont des convictions mais qui ont du mal à trouver leur place dans la société. Tout est très asymétrique dans Afterhomework, c'est le reflet de notre vie, de notre époque. C'est ce qui rythme le quotidien de notre génération.

Grandir, pour toi, ça veut dire quoi ?
Acquérir de l'expérience. Continuer à faire ce que fais et grandir avec ma marque.

Comment tu imagines le futur d'Afterhomework ?
Je n'y pense pas, j'essaie de garder mes objectifs en tête sans trop penser à ce qui se passera plus tard.

Tu te sens soutenu, en tant que jeune créateur en France ?
Pas encore. Mais je mets ça sur le compte de mon âge, du chemin que j'ai choisi, en marge de l'establishment et des grandes écoles. Je comprends que ça puisse effrayer quelques personnes. Mais avec notre dernier défilé, on a prouvé qu'on était capable de faire des trucs cool malgré notre âge. C'est le plus important.

afterhomeworkparis.com

Steven Alexis et Moriba Koné pour Applecore, 22 et 29 ans.

Comment vous vous êtes rencontrés et qu'est-ce qui vous a poussé à créer Applecore ensemble ?
Moriba : Je viens de banlieue parisienne. Je suis entré en école de mode, puis j'ai bifurqué sur l'IFM avant d'entrer dans le monde du travail.
Steven : Moi j'ai grandi à Poitiers avant de partir faire mes études à Bordeaux puis Paris. J'ai fait des études d'architecture, de graphisme et j'ai travaillé en agence créative. Mais j'ai toujours été passionné par la mode.
On s'est lancés en 2014. On se voyait rarement, en soirée, mais à chaque fois, on avait plein de choses à se dire. Moriba m'a appelé à 2 heures du matin, et comme j'ai l'habitude de travailler la nuit, on a discuté pendant des heures au téléphone avec la même idée, le même désir de créer.
Moriba : J'ai tout de suite su que mêler deux générations, celle de Steven et la mienne, deux univers dans une seule et même entité pouvait fonctionner. Avec Steven, on a toujours été sur la même longueur d'onde, même avant de se connaître vraiment. C'est de cette émulation qu'est née Applecore.

Qu'est-ce qui vous inspire en ce moment ?
Steven : ce que je vois, ceux qui m'entourent. Autour de nous, les jeunes comme les vieux nous inspirent. On mélange leurs personnalité et leur état d'esprit à nos collections.
Moriba : Le quotidien m'inspire, il suffit que je marche dans la rue et que je remarque un détail, un tic, un comportement, qui me parle et me nourrit : sur Instagram, dans les livres et les galeries d'art. Parfois, je ne sais même plus d'où vient l'inspiration, c'est comme un flash.

Et Paris, elle vous inspire en ce moment ?
Steven : Quand je suis arrivé à Paris, je l'imaginais comme un eldorado. Sauf qu'en réalité, la jeunesse était assez peu reconnue à sa juste valeur. Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes s'affirment et se démarquent du paysage ambiant. C'est très vivifiant.
Moriba : Quand j'avais l'âge de Steven, Paris était institutionnel, fermé. Aujourd'hui, de nouvelles marques, mouvements et créateurs viennent contre-balancer cette vision fossile de la mode. Être jeune, il y 5 ans, n'avait pas la même valeur qu'en 2016 dans le milieu de la mode. Le marché s'ouvre à la jeunesse, je pense que c'est une très bonne chose pour l'industrie.

Comment vous définiriez l'ADN Applecore ?
Moriba : Applecore n'est ni luxe ni street, on est ce qu'on est. Le streetwear aujourd'hui, ça veut tout et rien dire. Certains se l'approprient sans jamais l'avoir fréquentée, cette rue. De notre côté, on pense qu'Applecore se situe à la charnière de plusieurs univers qui cohabitent.
Steven : On fait ce qu'on aime, ce qu'on a envie de voir sur nous et les autres. Si Applecore s'apparente à du streetwear, c'est qu'elle reflète ce que nous sommes.
Moriba : Le streetwear pour nous, c'est instinctif, normal, organique. Parce qu'il fait partie intégrante de nos vies à tous les deux.

Grandir pour vous, qu'est-ce que ça veut dire ?
Steven : On n'est pas pressés de grandir trop vite. Mais je pense qu'on veut surtout garder cette entente qu'on a tout les deux et progresser ensemble.
Moriba : Ce qui compte, c'est notre évolution. Chaque saison, on compte amener quelque chose de nouveau, de plus élaboré. On aimerait aussi s'ouvrir à l'international et partager notre conception d'une nouvelle mode française au monde.

C'est quoi votre rêve à tous les deux en tant que créateurs de mode ?
Moriba : J'aimerais pouvoir pousser les jeunes en France à faire ce qu'ils font, leur permettre d'avoir les opportunités que je n'ai pas eues plus jeune, parce qu'on ne m'a pas tendu la main. J'aurais tout donné pour avoir quelqu'un de plus grand pour m'épauler, me soutenir. Les réseaux sociaux aident énormément à créer et générer des énergies collectives.
Steven : Les gens autour de moi ont toujours fait des choses super sans jamais obtenir le soutien qu'ils méritaient. Si on peut, à notre échelle, faire avancer les choses, donner envie aux plus jeunes de se lancer dans la mode comme dans n'importe quoi, ce sera déjà une très belle chose.

applecoreweb.com

Dr. one pour drône, 20 ans.

Qu'est-ce que drône et quand s'est-il créé ?
drône est une entité, un concept qui regroupe une équipe, fondée par son créateur éponyme, dr.one en 2013. Elle rassemble plusieurs personnes, dans la vingtaine, mues par un même désir de créer comme de transmettre un univers sportif, utilitaire inscrit dans le présent.

Qu'est-ce qui vous a poussé à investir l'aspect utilitaire du vêtement ?
Pour nous, tout ce qui a une utilité est fondamentalement esthétique : le gilet pare-balle, les zip étanches des combinaisons de plongée, les fermoirs... tous les archétypes utilitaires nous inspirent. C'est dans cette démarche que drône s'inscrit. À nos yeux, le beau découle de l'utilitaire. L'aspect technologique, dans les tissus, la coupe ou la finition fait partie de notre ADN. On veut que nos vêtements restent efficaces dans le temps.

Qu'est-ce qui vous inspire, en ce moment dans la mode?
Vivienne Westwood et Yohji Yamamoto, pour leur esthétique et leur état d'esprit à contre-courant. Quechua et Decathlon pour leur démocratisation du vêtement ultra-technique. Au-delà, notre inspiration vient de partout, de la toile, des livres, du virtuel comme du physique.

Est-ce que la mode doit ou peut être politique en 2016 ?
Politique sans doute, mais elle porte avant tout un message : le notre, c'est que rien n'est gratuit. Nous sommes contre l'esthétique gratuite. Trop de gens considèrent la mode comme un quelque chose de superficiel. Pour nous, elle est un médium artistique dont le but n'est pas uniquement de véhiculer de l'image ou du beau. La mode doit être utile, rigoureuse et durer dans le temps.

Qu'est-ce que le luxe signifie pour vous, en 2016 ?
Le luxe c'est le pouvoir de se sentir libre de tout, de se placer en marge de l'oppression. De créer sans limites.

La crise dans l'industrie de la mode, qu'est-ce que vous en pensez ?
On subit tous la crise mais dans notre tête, on aimerait bien créer encore plus ! Pour autant, on espère ne jamais succomber à l'envie de délocaliser nos ateliers en Chine.

Quel conseil vous donneriez aux plus jeunes qui veulent créer leur marque ?
Il faut se battre, rester intègre et ne surtout pas faire les choses en pensant à l'argent ou la fame : ni l'un ni l'autre n'arriveront vite donc le mieux reste de créer et surtout, de continuer à rêver.

Quel est le plus grand défi que vous ayez relevé ?
D'être là où on en est aujourd'hui : on ne le doit qu'à notre énergie collective.

Qu'est-ce qu'on peut souhaiter à drône, pour le futur ?
Plus de collections, de projets spéciaux, de collaborations avec des créateurs et des artistes qu'on admire. Une ligne de vêtements basic et toucher à des choses différentes de la mode, d'autres univers qui gravitent autour du vêtement. Faire toutes les choses qu'on aimerait faire aujourd'hui mais qui sont difficilement réalisables, même avec la plus grande ambition possible et beaucoup d'idées.

drône.fr

Francisco Terra pour Neith Nyer, 32 ans.

Quand et pourquoi as-tu créé Neith Nyer ?
C'était en 2013, je travaillais encore avec Riccardo pour Givenchy. J'étais dans la tête d'un autre que moi depuis longtemps et j'ai ressenti le besoin irrépressible d'appréhender la mode seul. Mes deux premières saisons m'ont permis de me retrouver en tant que styliste. J'avais encore beaucoup de Givenchy en moi et partir pour Carven m'a aidé à créer une ligne de démarcation entre mon passé et mon présent. Dès que je me suis senti assez grand et autonome, j'ai présenté ma première collection en octobre 2015.

Qu'est-ce qui t'inspire en ce moment ?
Mes rencontres. Je voyage beaucoup et tous ceux que je croise, au coin des rues, partout à travers le monde, m'inspirent. J'ai beaucoup voyagé en Asie ces derniers temps : Shanghai, Tokyo, Seoul.. J'ai toujours été fasciné par l'Asie, je suis un enfant des mangas. J'ai toujours considéré que les belles choses naissent des moments où les univers se percutent et se rencontrent. En ce moment, je travaille avec une artiste et illustratrice japonaise qui s'appelle Hizgi. C'est une vraie émulation qui donnera naissance à la future collection Neith Nyer. Pour la scénographie de mon notre prochain défilé, je me suis replongé dans Fight Club. Et plus précisément, dans la scène de sexe entre Helena Bonham Carter et Brad Pitt que j'ai conçu et pensé la scénographie de mon prochain défilé. Ce sera donc intense.

Comment tu imagines les femmes pour qui tu crées ?
J'imagine une fille fraiche, indépendante, curieuse et dans son temps. Une fille cool qui ne porte pas le poids d'un certain héritage français trop lourd pour ses épaules.

Grandir, pour toi, qu'est-ce que ça représente ?
Grandir, c'est parvenir à rester fidèle à ce que l'on est. Si j'ai créé Neith Nyer, c'est pour avoir la possibilité de m'épanouir et de rester moi-même. je n'ai pas envie de devenir riche, ni de faire de ma marque le produit ou l'erzatz d'une certaine mégalomanie. Je veux garder les pieds sur terre, continuer de créer et d'y croire.

Quel est le plus grand défi que tu aies eu à relever en tant que créateur ?
J'ai été très fier de me retrouver sur i-D et Dazed. Pour moi, ce sont deux références en matière d'image et de presse depuis mon adolescence. Ce sont les deux publications qui ont réussi à garder cette force qu'elle tiennent de leur jeunesse et de leur ouverture d'esprit, de leur bienveillance envers la jeune création. Ça peut paraître futile, mais c'est la plus belle preuve de reconnaissance qu'on m'ait donné jusqu'à lors. Ce sont les magazines que je regardais petit qui m'ont donné la chance de croire plus fort à ce que je fais tous les jours.

Paris t'inspire ?
Paris est la ville la plus inspirante au monde à mes yeux. Je m'en inspire énormément. Je voyage, mais mon cœur est à Paris, ma marque est à Paris. Je suis brésilien et pourtant, Neith Nyer est française. Elle m'a adopté, moi et ma vision de la mode.

Comment imagines-tu le futur de Neith Nyer ?
Neith Nyer va grandir commercialement et nous avons encore du chemin à parcourir. Je dois continuer à m'inspirer de la rue et de ceux qui la peuplent. Quand je regarde ceux qui portent mes collections dans la rue, ça me remplit de joie. Dans le futur, je veux avoir le plaisir de concevoir des pièces qui plairont aux femmes, sans jamais me travestir. En m'adaptant aux évolutions de la sociétén en perpétuel mouvement.

Quel conseil tu donnerais aux jeunes qui veulent lancer leur marque ?
On a beaucoup à apprendre des autres, car on a trop tendance à croire qu'on sait tout et que tout peut sortir d'une seule tête. Je pense que la jeunesse doit observer, comprendre, se nourrir de tous les univers possibles pour bâtir à son tour sa vision de la mode. Et surtout, s'entourer. Je n'aurais jamais pu travailler seul. J'ai une équipe, soudée, qui travaille avec une même idée et un même désir en tête. Une vision nait des différences et des rencontres qu'on nourrit au fil du temps.

neithnyer.co

Lisez le deuxième épisode des "10 jeunes créateurs à suivre" ici.

Credits


Photographie : Léo d'Oriano
Interviews : Malou Briand Rautenberg
Maquilleuse : Julie Camus
Assistant photo : César Sébastian
Studio : Le petit oiseau va sortir