Le Queen Classic Surf festival ride sur la Côte Basque 

Durant deux jours, du 28 au 29 Août, les vagues s’accordent plus que jamais au féminin. Créé pour les femmes, par trois femmes, Aimée, Amaya et Margaux, le festival risque d’ébranler le paysage de la glisse. 

par Camille Laurens
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27 Août 2021, 10:02am

Proposez un festival de surf sur la côte basque, saupoudrez-le d’authenticité mais surtout rendez-le 100% féminin, gratuit et inclusif et vous obtiendrez le Queen Classic Surf festival. Petite révolution dans le milieu de la ride, l'événement n’est pas des moindres car durant tout le week-end, un vent nouveau souffle sur la plage de la côte basque : loin d’être une compétition de surf classique, le festival souhaite plutôt mettre en exergue la solidarité qui règne entre les passionnés. Des meilleures longboardeuses présentes, comme la légende Kim Mckenzie, Lola Mignot, Victoria Vergara, Marina Carbonnell, aux divers groupes de musique en passant par les barriots énamourés jusqu’à la radio animée par des acteurs locaux, tout a été pensé afin de casser les clichés inhérents à la planche. Waxer bien vos idées reçues, car le surfeur blond-bronzé-sortie d’eau au ralenti qui se shoote à l’écume des vagues est largement rendu has-been par cette édition 2021 : “on a voulu créer un événement qui représente vraiment ce qu’est le surf, et pas l’idée que l’on s’en fait. On ne se reconnaît absolument pas dans l’esthétique passive de la surfeuse qui regarde au loin les garçons à l'eau. Ici, on est tous.tes logé.es à la même enseigne. La combinaison efface le genre. Autrement, Biarritz à la base c’est une ville punk, libre, proche du village, aujourd’hui c’est quasiment la Croisette. Le festival souhaite revenir à cette essence simple, sportive, joviale, ou tout le monde se connaît et se respecte” décrivent les organisatrices. 

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Car le Queen Classic Surf festival est avant tout le fruit du travail de trois amies qui ont grandi dans cet air vivifiant au cœur d’un des spots les plus prisés du monde. Aimée, Amaya et Margaux ont à cœur de défendre la plage qui les a vues grandir, “on habite toutes les trois littéralement à deux/trois rues du festival, c’est la maison, il y a quelque chose de familial ici” s’amusent-elles. Alors plutôt que d’organiser un festival de musique tradi, ou une simple compétition de surf, pourquoi ne pas moderniser le tout, en y injectant des valeurs fortes, le tout sur de la Dancehall-Electro-Punk ? Au rythme des deux jours, une succession de podcasts viennent corréler la démarche des créatrices qui ont la ferme intention de bousculer les consciences autour de thématiques majeures : Le surf est-il homophobe ? L'hypersexualisation dans le marketing du surf ? La gentrification au Pays basque ? Autant de questions qui méritent débats et dont des animateurs locaux viendront débattre à l’antenne. Car l’aspect “cool” du surf ne doit pas entraver ses valeurs, “on doit penser à l’océan, à la ville et à son avenir, comment faire face à une gentrification grandissante qui peut aller au dépend des locaux ? La question est très présente ici …” insiste Amaya.

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Mais pas uniquement aux sujets du littoral, le festival a voulu avoir une portée encore plus ouverte,“plutôt que de donner des cours de yoga, on a voulu faire briller une association LGBT, mettre en avant des femmes qui se battent contre les violences faites aux femmes avec l’association « Atherbea »”. Pourquoi le rendre 100% féminin ? Car on voulait célébrer la femme à l’heure ou les salaires restent encore inégaux, et que le sexisme reste très présent en mer. Dans le marketing du surf, dans la presse spécialisée, ce sont essentiellement des hommes, alors que la femme est l’un des budgets qui fait le plus grossir l’industrie ! Il y a aussi des priorités sur les tubes, certaines vagues … Ce festival c’est une réappropriation ! ”

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Insuffler et moderniser les formes de communication autour de véritables problématiques comme l’homophobie, l’hypersexualisation des corps et les violences faites aux femmes sont autant de moteurs qui ont motivé les organisatrices : “Déjà, pour trouver des sponsors. Il faut cocher les critères des marques, on a des exemples de championnes qui ont été lâchées car elles n’étaient pas assez vendables … Ce sont des problématiques auxquelles nous sommes directement touchées dans notre métier. Il y a aussi une omerta très sévère autour de l’homosexualité qui est très présente dans le milieu mais pointé du doigt …” Autant de sujets dont les filles veulent briser les carcans afin d’offrir au sport ses plus belles lettres de noblesse. 

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Mais attention, le festival garde bien évidemment aussi le désir de réunir ses participants au sein d’une ambiance survoltée afin de pérenniser les souvenirs et de garantir un maximum de plaisir : au programme les Lulu Von Trapp, dont l’énergie démente électrise les scènes d’un été caliente, de la Creole, aux soirées aussi réputées que renommées qui font exploser les thermostats depuis plusieurs années au rythme de leurs mythiques danseurs. On y verra aussi Kalabass Sound System et Kamikaze Guidoule venus ambiancer la foule et bien sûr le skate sera de la partie, frère inséparable de son homologue nautique : “la programmation s’est faite très naturellement. Beaucoup d’artistes sont surfeurs et vice versa, à croire que la mer inspire. Peintre, musicien, plasticien, photographe, la scène artistique locale est florissante ! Il était donc évident de créer un village artistique. À Biarritz, on a grandi avec Marlon et Sacha du groupe la Femme, Pandora Decoster, artiste exposée, Clara de Agar Agar, et pour ceux qui est de Fanny et Vincent Frédéric de la Creole ce sont de véritables militants sur piste donc il nous tarde de voir ce mélange entre les barriots, les locaux, les danseurs et les festivaliers tous à l’unisson. On a hâte de cette fusion !” Un festival qui allie donc l’utile à l’agréable et risque fort de laisser son empreinte- green- sur le sable humide des plages basques. 

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Green évidemment pour ces amoureuses de la nature qui appuie cependant sur le besoin de sensibiliser sur l’éveil écologique urgent car nombreuses sont les plages rendues presque dangereuses pour les surfers, “durant l’été, on passe de 27 000 habitants à presque 120 000 touristes dans la même journée. L’eau est si sale en ce moment que les baignades peuvent être interdites tant les côtes sont ruinées par la pollution de masse. Il y a cet équilibre fragile entre l’accueil des surfeurs du monde entier, le respect de l’écosystème et la lente dégradation des rives qui créent certains antagonismes face à un total manque d’éducation. Le festival travaille aussi à réconcilier tout en mettant en garde les acteurs de la vie biarrote. Car nous ne sommes pas qu’une plage de juin à août, certains habitent ici et subissent. Gardons notre paradis doré ! ” Un rappel majeur pour tous les amoureux de la glisse. 

Le tout sponsorisé par le nec plus ultra en matière de sport, Vans qui a décidé de miser fort sur le milieu sportif de la glisse pour cette nouvelle année, “ La culture surf a toujours fait partie de l’ADN de Vans. Et lorsque l'une des surfeuses professionnelles du team, Margaux Arramon Tucco, a fait part à Vans de vouloir monter son festival, c’est tout naturellement que la marque a décidé de la soutenir. Vans est vraiment fier d’avoir pu s’impliquer dans un événement associatif comme celui-ci !" assure Florine Lubet, RP de la marque iconique. Du style, de l’éthique, du sport, et du fun, on fonce.

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