Dominique Sanda dans Une femme douce, de Robert Bresson, 1969

le contre-festival de cannes fête ses 50 ans à la cinémathèque française

Cette année, i-D sera partenaire de La Quinzaine des Réalisateurs. En attendant le festival de Cannes, gagnez vos places pour la rétrospective qui ouvre aujourd'hui à la Cinémathèque de Paris !

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mars 28 2018, 3:00pm

Dominique Sanda dans Une femme douce, de Robert Bresson, 1969

Et si la colère était le ferment de la création ? 50 ans après son lancement, c’est la question que continue de poser la Quinzaine des Réalisateurs, sélection parallèle du festival de Cannes créée dans la foulée des événements de mai 68. Face à la violence sociale qui s’exprime cette année-là, des réalisateurs s’insurgent contre les mondanités qui agitent le palais des festivals. Ils s’appellent Jacques Rivette, Robert Bresson, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Miloš Forman ou Claude Berri. Prônant un cinéma ouvert sur le monde, émancipé de la censure et accessible à un public de non-professionnels, ils créent la Quinzaine des Réalisateurs et parviennent à faire annuler l’édition 1968 du Festival de Cannes.

L’année 1969 marque donc le début de la Quinzaine, une première édition où s’affirme l’exigence d’un cinéma libre et international. Comme le rappelle Édouard Waintrop, le Délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, le 7ème art est alors animé par la révolte qui gronde sur un monde de plus en plus polarisé : « Un peu partout, un nouveau souffle balaya les écrans, avec un style, des partis pris inédits et un intérêt (à la différence de la Nouvelle Vague) pour les problèmes politiques et sociaux du temps. » Avec le parti-pris d'ausculter la société, d'offrir de la visibilité à celles et ceux qui la questionnent à travers leur création, la Quinzaine poursuit depuis cinq décennies une mission de défrichage et surtout, de proposition. À rebours de la logique commerciale qui enjoint à penser le cinéma comme une industrie, la sélection se définit elle-même volontiers comme un « contre-festival ».

L'an dernier, elle offrait le devant de la scène à une nouvelle garde de cinéastes indépendants. Parmi nos coups de coeur, on se souvient de la dystopie Disney portée par A Florida Project, du flow de Patti Cake$, de l'hymne à l'enfance de Jeanne d'Arc et des chevauchées de The Rider (aujourd'hui en salle). En 2016, c'était Divines, le premier long-métrage d'Houda Benyamina qui avait collé un revers à toute la salle, précédée par Céline Sciamma qui deux ans avant, avait mis des diamants dans les yeux des spectateurs de Bande de filles. Avant elles, d'autres encore : Katel Quilleveré, Yann Gonzalez, Thomas Cailley... depuis reconnus comme les voix d'un cinéma qui refuse de sacrifier ses rêves sur l'autel du box-office.

Mais s'il est facile de remonter quelques années en arrière, avez-vous une idée de ce à quoi pouvait bien ressembler la toute première édition de la Quinzaine ? C'est précisément à cette question qu'a décidé de répondre la Cinémathèque de Paris avec un « fac-similé » de la programmation de 1969 qui commence aujourd'hui. Jusqu'au 3 mai, il s'agira donc de vibrer avec les films qui ont fait de 1969 une année érotique (mais pas que). Parmi les cinéastes à l'honneur, on retrouvera Philippe Garrel, André Téchiné, Robert Bresson, Susan Sontag ou Bernardo Bertolucci ainsi que des réalisateurs de tous horizons, oubliés pour certains - injustement ignorés pour d'autres. Au total, une soixantaine de films à découvrir et autant d'occasions d'embellir sa culture du monde en attendant de savoir ce que prépare la Quinzaine pour son cinquantième anniversaire.

La programmation complète est à retrouver ici et pour gagner des places, c'est juste en dessous !