comment terry jones, le fondateur d'i-D, a changé le monde de la mode (et le notre aussi)

Le fondateur d'i-D, Terry Jones, a reçu en fin de semaine dernière la récompense suprême de l'ordre de l'empire britannique. L'occasion de saluer son héritage, la façon dont il a révolutionné la mode et célébré la jeunesse.

par Declan Higgins
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16 Mai 2017, 9:05am

Matt Jones

Le fondateur d'i-D Terry Jones vient de recevoir la reconnaissance suprême de l'empire britannique (le MBE : Member of the Most Excellent Order of the British Empire) pour ses services rendus à la mode et la culture pop. Nous en sommes tous très fiers et voudrions rendre hommage à l'homme qui, en plus d'avoir créer le meilleur magazine de mode au monde, a radicalement fait évoluer les liens entre mode et culture. Voici 10 choses que vous ne saviez par sur la légende Terry Jones et 10 façons de comprendre comment il a participé à l'évolution de l'industrie de la mode.

1.C'était une légende avant même de lancer i-D…

Avant de fonder i-D et d'en imprimer les premiers exemplaires agrafés à la main, Terry Jones avait bouleversé l'industrie de la mode. Il était directeur artistique pour Vanity Fair au début des années 1970, avant de devenir le directeur artistique du Vogue britannique de 1972 à 1977. C'est durant ces années qu'il a constamment repoussé les frontières de la direction artistique avec des covers ultra-pop et colorées, une photo pixelisée de Bianca Jagger ou des unes sans aucun mannequin. Son travail pour le magazine a aidé à définir l'esthétique rebelle et glamour de la décennie. Beatrix Miller, alors éditrice chez Vogue, se rappelle de l'avoir laissé « déjouer tous les codes ». 

2. Et Terry créa des légendes...

Terry l'a dit lui-même, « i-D est plus qu'un simple magazine, c'est une académie de talents. » Et dieu que le talent a été présent. À travers les années, l'académie de Terry a été un terreau fertile pour des photographes de légende comme Nick Knight, Juergen Teller, Craig McDean, Ellen von Unwerth, Wolfgang Tillmans ou Alasdair McLellan. Ces dernières années, la philosophie et l'attitude de Terry ont ouvert la voie à une nouvelle génération de photographes incarnée par Harley Weir, Jamie Hawksworth et Tyrone LeBon.

3. i-D c'est aussi le magazine qui a sacré vos stars préférées pour la première fois. 

Naomi Campbell et Kate Moss ont toutes deux sourient en clignant de l'œil face à l'objectif d'i-D en 1993, elles ont été les premiers mannequins iconiques à poser pour le magazine. Cependant, cela ne s'est pas arrêté aux mannequins - Madonna, Sade et Björk ont toutes eu leur cover i-D. De l'autre côté de l'objectif, Mario Testino a shooté sa première couverture pour i-D en 1984.

4. Terry Jones a aussi inventé l'émoji…

Si vous n'avez toujours pas réalisé que le logo d'i-D est un smiley en clin d'œil - et bien… C'est fait. C'est en 1980 que Terry Jones transforme les lettres en un clin d'œil souriant. « J'adorais dessiner des logos et mes préférés sont ceux d'i-D, le clin d'œil et l'étoile… L'émoticône i-D devrait être reconnu comme le premier, au moins trois ans avant que certains le revendique, » expliquait Terry Jones en 2015, alors que le magazine fêtait son 35ème anniversaire. Comme quoi, on a toujours eu un temps d'avance. ;-)

5. En plus de l'émoticône, il a aussi fait connaître le « street-style » …

Certes les gens s'habillaient comme ils le souhaitaient bien avant i-D. Mais en 1980, quand i-D a commencé, chaque magazine avait son « éditeur de mode ». La mode qu'on retrouvait dans les premiers numéros d'i-D était portée par les diverses tribus londoniennes, tirée directement de la rue. i-D a toujours été une célébration du style personnel, et dans le contexte de la mode, cela n'avait jamais été fait. Révolutionnaire, hein ? 

6. En faisant tout cela Terry a toujours géré les choses parfaitement…

Terry était un pionnier de l'égalité, de la diversité et de la gentillesse dans l'industrie de la mode. i-D a toujours eu une page dédiée à la charité lorsque Terry en était le directeur, et les covers ont été parmi les premières à mettre en avant des mannequins noirs.

7. Il a aussi amené une attitude positive dans une industrie qui n'est pas reconnue pour la gentillesse de ses acteurs…

Le mantra de Terry pour les salariés d'i-D a toujours été, « nous sommes des fans, pas des critiques », et c'est ce qui ressort du magazine. L'industrie de la mode est souvent perçue comme impitoyable et très subjective, cependant Terry a fait tout son possible pour donner une plateforme d'expression à tout ce qu'il aimait, plutôt que de critiquer.

8. À coté de cela, Terry Jones a aussi employé Edward Enninful en tant qu'éditeur mode à seulement 18 ans !

Edward a commencé sa carrière dans la mode dans les années 1980, il a été mannequin pour i-D à seulement 16 ans après avoir été repéré dans le métro par le styliste Simon Foxton. Il a ensuite été assistant sur différents shootings à 17 ans avant de devenir les plus jeune éditeur d'un grand magazine de mode à seulement 18 ans. Enfin, il est devenu directeur de la mode à 19 ans, un rôle qu'il a tenu pendant 20 ans.

9. Il est important de le mentionner - il a donné des opportunités aux jeunes (autrement je n'aurais pas écrit cet article)

Terry a toujours voulu donner une chance aux jeunes créateurs, des photographes en plein essor à tous ses salariés, c'est grâce à Terry que la plupart d'entre nous se retrouvent aujourd'hui ici. C'est la confiance et l'espoir que Terry a envers les jeunes qui ont fait d'i-D la bible de la mode qu'il est aujourd'hui. 

10. Mais avant tout, il nous a fait cadeau d'i-D…

Et c'est pour cela que nous lui en serons toujours reconnaissants. Merci Terry, félicitations pour cette récompense, nous t'aimons.

La famille i-D.

Credits


Texte : Declan Higgins

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