les nations unies sont sur le point d'interdire l'appropriation culturelle

Des représentants des tribus autochtones originaires de 189 pays du monde se rassemblent à Genève pour demander l'interdiction de l'appropriation de leur culture.

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juin 16 2017, 10:05am

À chaque année, son lot de débats. Parmi eux en 2017, la limite de plus en plus problématique entre l'appréciation et l'appropriation culturelle. Fait inédit cependant, la tendance à s'approprier une culture pourrait désormais être punie par la loi - les multiples mises en garde de la part des internautes n'ayant pas eu raison de la prolifération des chola mexicains ni des pantalons navajo sur les podiums. 

Les tribus autochtones du monde entier poussent actuellement les Nations Unies à rendre illégale l'appropriation de leurs cultures, a rapporté CBA News. Une commission spéciale réclame des sanctions depuis 2011, soit bien avant qu'Instagram et Twitter deviennent les réseaux privilégiés des communautés victimes de cet outrage. Il aura fallu attendre 2017 et cette semaine, pour que justice commence à être rendue. Des représentants de 189 pays différents se sont retrouvés à Genève pour prendre part au comité spécial international de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Le comité s'appuie actuellement sur trois documents de la loi internationale qui étendraient les règlements sur la propriété intellectuelle pour protéger les fondements des cultures autochtones, (de la langue aux dessins) et permettraient de sanctionner ceux qui se l'approprient. Les Nations Unies devraient, « obliger les États à créer des procédures pénales et civiles effectives qui reconnaissent et empêchent la possession, la vente et l'exportation illégitimes et non consensuelles d'expressions de cultures traditionnelles, » s'est exprimé James Anaya, doyen de la faculté de droit du Colorado, à l'attention du comité. Anaya a pris l'exemple d'Urban Outfitters qui avait conçu une collection intitulée Navajo. La marque s'était mise à dos la tribu navajo, qui l'avait poursuivie en justice en 2012 (l'affaire s'était finalement réglée en dehors des tribunaux).

Cette tendance à l'appropriation ne s'est pas atténuée et il est regrettable d'apprendre que le comité a dû attendre 16 ans pour que les négociations s'entament à Genève.  Aroha Te Pareake Mead, membre des tribus Ngati Awa et Ngati Porou de Nouvelle-Zélande a fait savoir que de nombreux groupes nationaux autochtones ignorent encore l'existence de ce comité : « Nous sommes seulement à la moitié de l'année 2017 et le nombre de cas de réappropriation concernant les peuples autochtones dans toutes les régions du monde ne semble pas vouloir diminuer. »

Définir les limites et les frontières de l'appropriation culturelle (les dessous de la tendance 'baby hairs' le prouvent) risque de prendre du temps. Mais on peut au moins se réjouir de l'avancée du débat. 

Credits


Texte : Hannah Ongley
Photographie : Mitchell Sams