le worldwide festival appartient au monde entier

Chaque année, sous le soleil battant de Sète, le pape de la musique Gilles Peterson invite les plus grands musiciens et Djs du monde à jouer au Théâtre de la Mer, dans un vieil amphithéâtre taillé dans la roche, juste au dessus de l’eau azur de la...

par VICE Staff
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17 Juillet 2016, 8:05am

Mary, 24 ans
Tu viens d'où ? De Melbourne en Australie. 

Tu fais quoi dans la vie ? Je fais du management artistique dans la musique. 

Qu'est-ce qui fait la particularité du Worldwide selon toi ? Sa diversité. Vraiment. Et puis, j'ai l'impression que les gens sont très fidèles à ce festival et reviennent tous les ans. Il y a un sentiment d'appartenance presque.

C'est quoi ton meilleur souvenir ici ? J'ai adoré Yussef Kamal. Je l'ai regardé du haut du Théâtre de la Mer et je ne pouvais pas en croire mes yeux. 

À la lumière de ce qu'il se passe en ce moment en Europe, que penses-tu du message universel de ce festival ? Je crois que c'est dans ce genre de réunions, extatiques, que le pouvoir du peuple prend tout son sens. Finalement, les gens veulent être unis. Et ils le feront quoi qu'il arrive.

On le retrouve dans la musique aussi ici, non ? Oui, les artistes viennent de plein de pays différents, les genres musicaux jouent côte à côte et je pense que ce qui lie les artistes ici, c'est leur intention et leur amour pour la musique.

Penses-tu que la musique peut changer le monde ? Je pense que l'union peut le faire et la musique favorise l'union donc oui de façon peut être indirecte, la musique peut changer le monde.

Tu écoutes quoi en boucle en ce moment ? Missing You de Larry Heard. Je le verrai jouer à Melbourne en septembre. J'ai hâte donc je me mets dans le bain en attendant. 

Lefto, 39 ans

Tu viens d'où ? Je suis bruxellois.

D'où vient ton nom de scène, Lefto ? Ça vient de l'époque où ma vie se résumait au graffiti. Avec mon crew, on partait tôt la nuit et on revenait vers 5 ou 6h du matin. J'étais toujours le premier debout. Du coup, je suis Lefto.

Tu es résident ici. Ça fait combien d'année que tu viens au festival ? C'est ma dixième année. Je joue aux côtés de Gilles et de Simbad.

Qu'est ce qui différencie ce festival des autres selon toi ? Le cadre est incroyable, le théâtre de la mer est à couper le souffle. Le son déchire tout aussi. La programmation qui a mille couleurs. Et puis on a un public formidable et extrêmement ouvert.

C'est quoi la mission de ce festival ? On tente de casser les frontières depuis toujours. On mixe les genres musicaux, on ouvre les horizons. Les gens en ont de plus en plus envie et c'est le moment qu'on a toujours attendu. Ici on essaye de réunir tout le monde. Il y a des Anglais, des Américains, des Français, des Belges, des Sétois.

Tu as grandi en écoutant toi comme musique ? Du jazz. Puis du rap, beaucoup.

Tu crois que le jazz vit un second souffle en ce moment ? Oui, il n'a jamais disparu mais il revit avec internet et les nouvelles générations en écoutent de plus en plus. Ce serait bien que les radios suivent, qu'elles passent plus de jazz, de soul. 

Amalia, 24 ans

Tu fais quoi dans la vie ? Je suis étudiante à la RCA, à Londres.

Quel est ton meilleur souvenir du Worlwide ? La soirée avec Mala et Coki l'année dernière ! Incroyable !!

Qu'est ce qui le différencie le Worldwide des autres festivals ? C'est un vrai public de mélomanes et c'est agréable d'être enfin entouré de gens qui sont là pour la musique. Et le Théâtre de la Mer pendant 7 jours bien sûr !

Peux-tu le décrire en trois mots ? Gilles Peterson qui dit : " Allez Allez Allez"

Penses-tu qu'il soit important de dépasser les frontières entre différents univers musicaux ? J'ai toujours écouté des musiques très différentes, donc ça me semble naturel de ne pas mettre de barrières. Je pense que le concert de Floating Points représente bien le worldwide : un DJ disco qui donne un concert de rock psyché.

Quelle chanson écoutes-tu non-stop en ce moment ? Il y en a deux, Bassahara - #1 et Jeff Parker - Cliché

Ta prochaine destination festival ? Worldwide 2017 !

Mika, 26ans

Tu fais quoi ? Je suis à La Cambre à Bruxelles, en sculpture

C'est la première fois que tu viens au Worldwide ? Non c'est ma troisième fois pour l'édition d'été et je suis déjà venu 2 fois pour d'édition d'hiver.

Qu'est-ce qui le différencie des autres festivals selon toi ? C'est un festival très familial. On en ressort presque reposés. L'ambiance est super agréable.

Ce qui est assez cool dans ce festival c'est qu'il n'y a pas de notion de genres musicaux. Tu aimes naviguer entre plusieurs univers ? J'écoute surtout de la techno ou de la musique expérimentale et ce que j'aime dans ce festival c'est l'ouverture, la notion de danse que l'on retrouve partout. Tout le monde danse à fond. On est là pour ça.

Est-ce que la musique peut changer le monde ? Je ne pense pas mais elle le rend un peu plus supportable

Justement, si tu devais choisir une chanson qui le rendrait un peu plus supportable ce serait quoi ? Plaistow Flex Out de Squarepusher.

Jamie, 28 ans

Tu fais quoi ? Je suis Dj sous le nom de Prequel.

Qu'est-ce qui différencie le Worldwide des autres festivals selon toi ? La diversité des line-ups, le théâtre de la mer qui est incroyable, le soleil, les amis que je retrouve ici chaque année. Et puis les moules frites, bien sûr.

C'est quoi ton meilleur souvenir ? Il y en a plein mais je retiens Floating Points, Fourtet et le set de Gilles Peterson en 2014. Oh et Peven Everett cette année ! La liste est très longue.

C'est important de dépasser les limites des genres musicaux ? Pendant longtemps je me suis restreint qu'à certains types de musique. Je pense aujourd'hui que plus tu diversifies les genres plus tu commences à comprendre les interactions qui se jouent entre eux. Et puis ça permet de rencontrer des gens de différents horizons. En tant que DJ, c'est un challenge génial de mixer des univers hyper différents.

Penses-tu que la musique peut changer le monde ? Oui tout à fait. Regarde le hip-hop qui est passé d'un mouvement underground à un des genres les plus écoutés au monde et qui influence pas seulement la musique mais l'art et la mode aussi. Il y a des morceaux contestataires, des chansons d'amour aussi, des messages. La musique a toujours changé ma façon de voir les choses, m'a toujours éduqué et nourri. Si la musique peut changer nos perspectives, elle peut changer le monde.

Quel morceau lui jouerais-tu au monde, là maintenant ? Ah difficile ! Je dirais The Root de D'Angelo, mais j'en ai 100 autres qui suivent derrière.

Qu'est-ce que tu écoutes en boucle en ce moment ? Beaucoup de modern soul et de jazz. Silentjay & Jace XL qui sont sortis sur Rhythm Section. 

Eloïse, 23ans

Tu viens d'où ? Je viens de Lyon mais je fais des études d'art à Strasbourg.

Qu'est ce qui fait de ce festival un festival à part, selon toi ? Je trouve que lieu, le Théâtre de la Mer y est pour beaucoup. Le fait d'avoir la mer en arrière-plan et la programmation aussi. J'y vais à chaque fois les yeux fermés, je sais que ce que je vais entendre va être génial.

C'est quoi ton meilleur souvenir ici ? J'en ai deux : le final de l'année derrière, le son était parfait, j'étais avec tous mes potes et quand James Blake a chanté Limit to your love avec la mer derrière, j'ai versé une larme.

Si tu devais décrire ce festival en 3 mots ? Soleil, jazz, worldwide.

T'as été bercée à quoi comme musique dans ton enfance ? Serge Gainsbourg et Bob Marley

Est ce que la musique peut sauver le monde ? Oui c'est un vecteur d'émotion au même titre que la cuisine, un repas est un moment de communion. La musique aussi.

Samba, 28 ans

Tu viens d'où ? Paris.

C'est la première fois que tu viens au Worldwide ? Oui c'est la première fois que je mets les pieds à Sète, il fait bon, il fait chaud, il y a du soleil, c'est parfait.

Qu'est ce que rend ce festival particulier selon toi ? Je pense que c'est son éclectisme, Gilles Peterson est vraiment un digger. Il aime le son et réunit des gens à travers le monde.

Tu crois que c'est important de briser les frontières entre les genres musicaux ? Oui carrément, je viens de Paris ou de manière général c'est assez porté sur l'électro et je trouve ça dommage qu'il n'y a pas d'endroit qui réunisse tous les genres musicaux.

Est-ce que tu crois que la musique peut sauver le monde ? Je pense que la musique est universelle, « sans musique la vie serait une erreur ».

Qu'est-ce que tu écoutes en boucle en moment ? Les Dopplegangaz, un groupe hip hop new-yorkais style années 1990. C'est ce qu'il y a de mieux en ce moment 

Lucile, 25 ans

C'est la première fois que tu viens au Worlwide ? Cette année c'est la cinquième année consécutive.

Quel est ton meilleur souvenir ici ? Comme c'est un festival de musique, parlons musique… J'ai versé ma petite larme pendant le concert de James Blake au théâtre de la mer. Sa voix vibrait dans mes entrailles et j'avais l'impression que tout le monde ressentait la même chose. On aurait dit un prêtre. Quand il a joué Hope she'll be happier de Bill Withers, c'était le summum de l'émotion.

Peux-tu le décrire en trois mots ? All day chill

Penses-tu qu'il soit important que les festivals brassent autant de genres musicaux ? Oh oui, on respire et on s'ouvre. C'est un art universel et intemporel, et c'est toujours kiffant de passer du jazz à la house, du funk à la trap… Finalement on capte une certaine cohérence et ça enrichit notre sensibilité musicale. 

Penses-tu que la musique peut changer le monde ? Je suis optimiste, alors oui je le pense et que c'est même déjà le cas. Si la musique émeut les gens, les influences et les bouleverse, elle doit infiniment bouleverser le monde aussi. Lorsque des gens arborent des slogans du style «J Dilla Changed my life» ou quand «Alright » de Kendrick devient le nouvel hymne des noirs Américains, c'est ouf!

Quelle chanson écoutes-tu non-stop en ce moment ? Gabriel - Roy Davis Jr & Peven Everett

Credits


Photographie : Roddy Bow
Straight ups : Micha Barban Dangerfield et Mary Grigoris

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