on vous présente sean, le mercutio du rap français

Le rap accueille aujourd'hui un nouvelle force de 20 ans, Sean, dont le clip « Mercutio » sort aujourd'hui, extrait d'un premier EP à venir en avril.

par Antoine Mbemba
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13 Février 2019, 10:50am

Quel est le point commun entre Mercutio, l'ami et mentor du Roméo de Shakespeare et Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce ? La réponse est Sean, rappeur de 20 ans qui a choisi d'en faire les personnages de son premier EP - pour des raisons bien précises. Grandi dans le 20ème, aujourd'hui posé à Montreuil, Sean est jeune mais fait du rap depuis ses 12 ans et s'accompagne des mêmes potes beatmakers depuis. « Tout a été fait dans des chambres, précise Sean. Avec des potes avec qui j'invente depuis toujours. Quand je dis "on invente comme Roland Moreno" dans la chanson "Roland Moreno", ce n'est pas vraiment pour lui, mais pour appuyer sur le fait de créer sans cesse. Une démarche d'inventeur plus que de mec qui fait su son. »

Le rap de Sean est romantique, lourd, chanté, parlé, la voix profonde, saturée, modifiée pour faire parler le personnage qui donne le nom à l'EP, Mercutio. « Dans le morceau "Mercutio", il y a une conversation entre moi et mon alter ego. C'est comme une exorcisation : moi et mon vice qui essaient de converser, de s'entendre mais qui n'y arrivent pas. Tout cet EP tourne autour de ce personnage-là. Mais ce n'est pas que mon alter ego, c'est aussi celui qui me rattrape quand je fais de la merde. » Parce que si Sean est un inventeur sonore avant d'être rappeur, il est surtout un créateur d'histoires qui a trouvé son inspiration première chez un certain Nino Ferrer. « "La rua Madureira"... ce son m'a tué. Ce qui m'a donné envie de raconter des histoires, de faire des fictions, de dévoiler mon parcours sans parler de moi. »

Pour décrypter Sean, vous n'aurez que le son et l'image, et c'est amplement suffisant. « Je n'ai pas envie de montrer qui je suis, j'ai envie de montrer ce que je fais. » Avec ce premier clip et a en croire son ambition de fan de Miyazaki et d'animation en général, l'image devrait avec le temps devenir aussi captivante que les sons vrillés d'une musique à l'originalité déjà bien assumée. Si Sean partage avec une partie du rap français un amour prononcé du pilon et un bout de spleen de vingtenaire parisien, il préfère isoler ses oreilles du reste. « Je regarde tout ce qui se fait, mais depuis que je suis dans le son, j'ai besoin de prendre des pauses et d'écouter d'autres trucs. Ça me freine plus qu'autre chose. Tu restes dans des schémas de musique, de flow et je n'aime pas créer comme ça. » Pour résumer : libre, romantique et sombre à ses heures... si le rap français est Vérone, on tient notre Mercutio.

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