Ce jeune photographe explore les fêtes les plus folles de New York et de Lagos

Âgé de 20 ans à peine, Omofolarin Omolayole a déménagé de Lagos à New York pour suivre des études de photographie. Sa nouvelle série "Bruk it Down" documente la vie nocturne de ces deux villes, quand elles s’entrechoquent et divergent.

par Ryan White
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20 Mars 2020, 10:45am

Voici l’histoire de Bruk It Down, selon Omofolarin Omolayole.

“J’ai toujours fait de la photo, depuis ma plus lointaine jeune. Après le lycée, j’ai quitté Lagos pour étudier à New York, et suivre un Bachelor of Fine Arts en cinéma et photographie à la Parsons School of Design. Ce qui me manque le plus du Nigeria, c’est la richesse de notre culture, une richesse qui infuse toujours mon travail, dès que j’y retourne. Bien que j’adore travailler à New York, prendre des photos au Nigeria revivifie toujours mon lien viscéral avec mon pays d’origine, et me permet d’apprécier sa beauté, malgré les difficultés qu’il traverse. Il me semble que les gens oublient cet aspect; mon éloignement m’a permis de m’en rendre compte.

Le projet Bruk it Down a commencé alors que je venais tout juste d’emménager à New York. J’essayais d’axer mon travail autour de mon héritage culturel Nigérian, ainsi que de toutes mes nouvelles idées et aventures dont je faisait l’expérience à New York. Même si Lagos se trouve à des milliers de kilomètres, ces deux mégalopoles ont de nombreux points communs. Toutes deux sont pleines de personnages incroyables, plus grandes que nature, et parcourues d’une agitation sans fin, avec cette perception de chaos propre aux grande villes. Et c’est dans le chaos tout particulier du monde de la nuit que j’ai trouvé les similarités les plus fascinantes. Le caractère extraverti et fêtard des New Yorkais et les Lagotiens ne connaît pas de limite. J’ai passé un temps fou à découvrir la ville avec mes amis, en allant dans tous les bars et boîtes les moins chers.

Je me suis inspiré d’un grand nombre de photographies que j’ai découvertes en faisant des recherches sur le monde de la nuit. Nuit de Noël par Malick Sidibé m’a particulièrement sidéré. Cette image d’un couple, perdu dans l’instant, immergé dans leur intimité, correspondait à ce que j’essayais de montrer dans ma série photo. Et j’aime aussi beaucoup le photographe Anglais Ivar Wigan, et la façon dont il immortalise la personnalité et l’énergie de ses personnages dans chaque cliché. Ses séries photos Young Love et The Gods m’ont vraiment enseigné qu'il est important de documenter la culture urbaine, pour s’assurer que les générations futures y ait accès.

Mon choix, pour ce projet, de ne pas cadrer les visages vient de mon désir de mettre en valeur l’intimité des personnages. Voir leurs visages détournerait l’attention. Je ne voulais pas que l’audience puisse passer à côté du magnétisme des interactions sociales. Je voulais rester au plus près de mon but initial : capturer le puissant lien entre des individus en train de partager un moment d’intimité, en train d’apprécier la compagnie des uns et des autres. Et j’ai appelé cette série Bruk it Down, en hommage au tube reggae du même nom de Mr Vegas. La chanson parle d’être bien éveillé, de ne pas avoir peur de lâcher prise ni d'atteindre un certain niveau d’intimité avec autrui, et plus généralement de s’adonner aux lois de l’attraction sur le dancefloor."

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Credits


Photographies : Omofolarin Omolayole

This article originally appeared on i-D UK.

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