Les jeunes marques à suivre de près à la Fashion Week de Paris

De Kenneth Ize à Didu et Di Petsa, i-D France a listé toutes les jeunes marques à suivre cette semaine à Paris.

par Claire Beghin
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27 Septembre 2021, 5:10pm

La Fashion Week démarre aujourd’hui et présente cette saison, via son calendrier officiel et son programme Sphère dédié au soutien des jeunes talents, plein de nouvelles têtes françaises et internationales fraichement établies qui viennent renouveler le calendrier. Un jeune vivier hyper excitant pour la mode parisienne, dont on a hâte de voir l’évolution. Voici toutes les jeunes marques à suivre de près cette semaine. 

Kenneth Ize

On l’avait repéré au prix LVMH, où il était finaliste en 2019. Depuis, le créateur austro-nigérian s’est fait une place parmi les jeunes noms les plus excitants de la Fashion Week de Paris, où il présentait en 2020 un premier défilé très remarqué clos par Naomi Campbell, et a collaboré cet été avec la marque Karl Lagerfeld sur une collection capsule. Il présente à nouveau cette saison, au showroom Sphère, sa mode solaire et colorée qui met en lumière les savoir-faire textiles du contient africain. 

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Botter

La mode poétique et consciencieuse de Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter offre toujours un temps de pause émotionnel plus que bienvenu dans la frénésie de la Fashion Week de Paris. Cette saison, le duo (également à la tête de la création de Nina Ricci), qui depuis ses débuts à l’édition 2018 du Festival de Hyères s’est spécialisé dans l’utilisation de textiles fabriqués à partir de déchets plastiques récoltés dans les océans, présentera pour la première fois des silhouettes femme. On a hâte !

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Auralee

Lauréat de l’édition 2019 du Fashion Prize of Tokyo, le créateur japonais Ryota Iwai travaille une mode sensuelle et sensorielle. Sa démarche : explorer les possibilités de la matière, son rapport au corps et la notion d’intimité entre le vêtement et la personne qui le porte. Un vestiaire pragmatique, élégant, tout en souplesse, qu’il produit au Japon dans une démarche raisonnée, avec des tissus développés chaque saison dans une majorité de fibres naturelles. 

Thebe Magugu

Lauréat du Prix LVMH 2019, le créateur sud-africain est probablement l’un des des plus prometteurs de ces dernières années. Sa mode dégage une force radicale, dans les coupes architecturales comme dans l’hommage qu’elle rend aux femmes de son pays. En attendant sa prochaine collection, présentée au showroom Sphère, on peut observer au Bon Marché son installation de 20 000 fleurs de tissus cousues par des femmes au Swaziland et en Afrique du Sud, dont les bénéfices de vente sont reversées à l’association Dessine l’Espoir, qui soutient les populations vulnérables du sud de l’Afrique.  

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Benjamin Benmoyal

Ce Franco-Israélien formé à Central Saint Martins a fait ses armes chez Alexander McQueen et chez Hermès, avant de fonder sa marque sur un principe audacieux : concevoir des vêtements à partir de vieilles bandes VHS recyclées, récupérées auprès d’associations caritatives et d’anciennes usines. Ou comment puiser dans la nostalgie d’une génération pour la culture des années 90, et en faire une mode haut de gamme et cool pensée pour aujourd’hui. 

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Germanier

Kevin Germanier veut ramener le glamour au centre de la mode, et le fait chaque saison en prouvant que la nostalgie pour une certaine flamboyance peut s’ancrer dans une création moderne et responsable. Ses pièces hyper pailletées, hyper colorées, sont fabriquées à la main, en petites quantités, dans des tissus, perles et cristaux issu.es de surplus de stock et brodées au silicone. Formé entre la HEAD et Central Saint Martins et semi-finaliste du prix LVMH 2019, il a aussi coché la case très convoitée des 30 personnalités notables de moins de 30 ans du magazine Forbes.

Alexandre Blanc

Les présentations d’Alexandre Blanc offrent toujours comme un temps calme dans le calendrier de la Fashion Week parisienne. Il travaille des silhouettes gracieuses, équilibrées, subtilement embellies et un poil nostalgiques, loin de la notion de tendance. Il sait ce pour quoi il est bon et  prend plaisir à le cultiver, et prend au premier degré la définition de la mode en tant qu’art appliqué. Ses collections sont imprégnées de références picturales, de Matisse à Cocteau, et d’un sincère respect des techniques d’atelier et du travail à la main. Un oiseau rare dans l’industrie. 

Mossi

Lauréat du prix Pierre Bergé de l’Andam en 2020, Mossi Traoré est à la fois créateur, curateur et fondateur des Ateliers d’Alix, une école de mode basée à Villiers sur Marne qu'il a créé pour rendre le métier plus accessible aux jeunes des quartiers populaires. Une démarche solidaire qu’il applique dans tous les champs de son travail, qui tisse des liens entre l’art, la haute couture et la banlieue, l’un des projets les plus honorables qu’on ait vu à Paris ces dernières années. Il présente actuellement une exposition qui mêle des photos de sa dernières collection à des oeuvres de l’artiste Lee Bae et à de paroles de Sefyu, installée entre la Goutte d’Or et la citée des Hautes Noues.

Sadaels

La mode du créateur belge-argentin Juan Hernandez Daels est un savant mélange d’un conceptualisme inspiré par l’école d’Anvers et d’une création sensuelle et flamboyante héritée de ses origines sud-américaines. Formé entre l’Académie d’Anvers et Central Saint Martins, il puise dans ses deux cultures antagonistes pour créer des collections radicalement hybrides, des pièces à la fois souples et architecturales don’t on a hâte de voir l’évolution. 

Heliot Emil

Originaires de Copenhague, les frères Julius et Victor Juul voient la création de mode comme un travail sémantique, à travers lequel ils explorent les relations entre forme et fonction. En résultent des collections à la fois utilitaires et sculpturales, qui portent une attention particulière au développement de matières innovantes et à leur interaction avec le corps. 

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Weinsanto

Formé à l’Atelier Chardon Savard, Victor Weinsanto a fait ses armes chez Y/Project et chez Jean Paul Gaultier, où il a développé un attrait tout particulier pour la théâtralisation de la mode. Ses collections jouent sur un maximalisme mesuré : des épaules, des tailles marquées, de la corseterie, des coiffes XXL, des pièces toutes en cristaux ou des sacs inspirés du Kougelhof alsacien, sa région d’origine. Il y a de l’humour, du caractère, du dramatique, bref, tout ce qu’on aime. 

Di Petsa

Vous avez peut-être déjà aperçu les «wet dresses » de Dimitra Petsa sur le dos de Gigi Hadid, de Kylie Jenner ou de Doja Cat. La créatrice explore l’intimité des femmes, leur rapport au corps et à ses fluides, de la transpiration au lait maternel en passant par les larmes, dans des collections présentées comme des performances où le vêtement et celles qui les portent ont presque une relation sacrée. Une approche presque spirituelle et, surtout, des pièces hyper sensuelles et hyper créatives. 

Minuit

À la tête de Minuit, Laurie Arbellot et Marion Anais Forand se sont rencontrées à New York, où elles travaillaient toutes les deux pour Proenza Schouler. On sent dans leurs collections l’influence de la mode américaine : pragmatique, affutée, sexy et caractérielle, à l’équilibre entre des vêtements qui tiennent au corps et des matières sensuelles. Une vision très contemporaine du vestiaire féminin dont elles présentent cette saison leur troisième collection. 

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Lecavalier

On avait découvert Marie-Eve Lecavalier à l’édition 2018 du Festival de Hyères. Entre temps, elle a été finaliste du Prix LVMH et, cette année, de l’International Woolmark Prize. Sa mode explore les notions de nostalgie et de rêverie dans des collections où des inspirations un peu rétro, un peu psychés, sont transposées avec douceur dans des pièces toutes en courbes et en souplesse. 

Boyarovskaya

Formée chez Givenchy et chez John Galliano, Maria Boyarovskaya travaille une mode ancrée dans la recherche, très contemporaine, de l’équilibre entre nécessité, simplicité et modernité. Le principe : bouger les lignes traditionnelles du vêtement pour questionner la définition de pièces « essentielles » et la façon dont on peut réinventer les basiques de la garde-robe d’aujourd’hui avec un regard affuté sur le volumes et sur les formes. 

Kimhekim

Kiminte Kimhek-im fait partie de ces jeunes créateurs qui veulent remettre le savoir-faire et la technique au coeur d’une mode contemporaine. Elevé en Corée du Sud et formé au Studio Berçot, à Paris, il tire de son apprentissage chez Balenciaga une sensibilité pour le travail artisanal et l’excellence technique, qu’il transpose dans ses collections où minimalisme et maximalisme dialoguent, sur des pièces simples aux détails exagérés. Une approche à la fois technique et poétique héritée de la mode coréenne, qu’il défend pour la troisième année à la Fashion Week de Paris. 

Didu

La créatrice chinoise Di Du présente pour la première fois à Paris. Formée à l’Académie d’Anvers, elle explore le pouvoir émancipateur des sous-cultures et de ce qu’on considère comme subversif : des vêtements architecturaux qui jouent avec le drapé, la souplesse, les volumes proches du corps et les détails un peu fétichistes. Une mode qui parle du pouvoir du vêtement dans la représentation de soi. 

Shang Xia

On avait repéré le créateur chinois Yang Li parmi les finalistes du prix LVMH de 2014. Il présente cette saison sa première collection pour Shang Xia, une marque fondée en 2010 dans le but de diffuser les savoir-faire artisanaux chinois en Europe. Son arrivée devrait apporter à la marque une approche plus contemporaine, infusée par la sensibilité du créateur pour une mode qui intègre les influences culturelles des arts et des contrecultures dans un vestiaire moderne et efficace. 

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