il n'y a pas de sabre laser dans le «skywalker» d's.pri noir

Mais pas mal de moon-boots.

par Yérim Sar
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04 Avril 2017, 1:15pm

S.Pri, c'est typiquement le prototype du jeune MC prometteur, assez complet niveau technique, mais qui manquait peut-être d'univers propre. Mais ça, c'était avant. Ici il semble s'être définitivement trouvé. L'écriture est au service de son propos, un constat parfois teigneux et parfois mélancolique sur son quotidien, ses envies et les obstacles qu'il rencontre. De la même façon, la technique n'est pas là juste pour impressionner la galerie. Quand le flow s'accélère et que les multi-syllabiques se multiplient, c'est pour accompagner l'emballement du beat, ciselé sur-mesure par Reekstarcks et la valeur sûre Hugzhefner.

Shooté dans la région d'Annecy, la vidéo qui illustre le morceau est particulièrement soignée, les images léchées. Une fois n'est pas coutume, c'est en solitaire que le rappeur se montre, isolé, que ce soit en plan rapproché baigné dans le rouge ou dans plusieurs décors naturels. Au bord de l'eau dans la brume, en pleine forêt enneigée ; probablement le meilleur plan, à la fois majestueux et hypnotique.Certains plans beaucoup plus brouillons alternent avec d'autres où l'image saute carrément, comme pour rappeler que rien n'est vraiment encore acquis pour le jeune artiste, entre l'image réelle, aux couleurs non retravaillées, et l'imagerie de star en devenir (en tout cas on lui souhaite).

Paradoxalement la respiration iconique du fameux Anakin Skywalker (Dark Vador, pour les plus jeunes d'entre nous) n'intervient que vers la fin, encore plus entêtante, et va de pair avec les douces mélodies que se mettent alors à fredonner le rappeur.Il a surtout eu le bon goût de ne PAS incruster de sabre laser à l'image, contrairement à bon nombre de rappeurs français qui se sentent obligés de faire ça à chaque name-dropping de la famille Skywalker. La marque des grands.

Credits


Texte : Yerim Sar