13 séries pour traverser l’adolescence (en limitant les dégâts… ou pas)

De Freaks & Geeks à Stranger Things, en passant par Newport Beach et 13 Reason Why, i-D passe en revue ces séries d’apprentissage qui nous escortent tout au long de la période la plus merveilleusement pourrie de notre existence.

par Maxime Delcourt
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07 Juin 2019, 8:11am

Il arrive parfois que l’on prenne la mesure du temps qui passe à l’aune des séries avec lesquelles on a grandi. C'est là que réside l'un des principaux charmes des teen-séries : capter l'époque dont elles se font l'écho, aborder l'expérience adolescente et accompagner les spectateurs dans leurs premiers pas d'adultes - ou du moins, les conforter dans leurs excès, leur folie et leur extravagance juvénile.

Depuis la fin des années 1980, on ne compte plus les teen-séries qui se sont avancées dans cette tradition, riche en émotions et en découvertes. Certaines l’ont fait sur un ton léger, d’autres à travers les codes de la science-fiction, et d’autres encore ont préféré questionner les troubles liés à cette période hyper bordélique (et riche) de nos vie. Au fond, Stranger Things, Newport Beach, Skins, 13 Reason Why ou encore Sex Education ne peuvent être vus comme de simples shows télévisés. Car ce sont aussi des récits qui nous aident à traverser l’adolescence, qui montrent la solitude, le désir, les excès, l’immaturité et les rêves de jeunes personnages en proie aux frissons des premières fois. Qu’ils soient riches, paumés, teignes ou orgueilleux, bien-nés ou peureux, ils incarnent tous nos adolescences – aussi pourries et délicieuses qu’elles puissent être.

Parce que le sexe c’est 1) compliqué 2) bizarre 3) génial : Sex Education

Tout est dans le titre, finalement. À suivre les aventures d'Otis Milburn, un jeune puceau mal dans sa peau, incapable de jouir (même en se masturbant), on comprend alors à quel point le sexe hante les années lycée de tous les êtres humains qui peuplent cette Terre – et nos parents, à en croire la mère d'Otis (interprétée par l’impeccable Gillian Anderson), thérapeute sexuelle. Ici, les scènes de baise sont donc nombreuses, mais elles sont rarement réussies – ni trop hétérocentrée (enfin !). Ce que filme Sex Education, ce sont les échecs, les moments de doute, les pensées honteuses, les chagrins fondateurs, les manœuvres intéressées (comme lorsque Jackson se met à lire Une chambre à soi de Virginia Woolf pour séduire Maeve, une jeune féministe), et toutes ces fois où l’adolescent doit surmonter ses craintes pour continuer à avancer. À ce sujet, le monologue d’Otis en dit long :

« Tu sais, quelques fois, l’amour qu’on éprouve n’est pas réciproque et c’est douloureux mais on ne peut rien y faire… Je sais ce que ça fait quand quelqu’un n’éprouve pas les mêmes sentiments pour toi, quelqu’un à qui tu penses tout le temps, c’est une torture… Mais tu ne peux pas forcer l’intérêt des gens. L’amour, ce n’est pas des gestes romantiques ou la lune et les étoiles, c’est simplement un coup de bol. Alors, quelques fois, on rencontre quelqu’un qui ressent la même chose et quelques fois on a moins de chance. Mais un jour tu rencontreras quelqu’un qui t’appréciera pour ce que tu es. On est sept milliards sur cette planète, je suis sûr que quelqu’un escaladera la lune pour toi. »

Parce qu’on est tous paumés (tous) : Misfits

Pour le coup, on se contentera de citer ce monologue de Nathan, probablement un des personnages de série les plus intéressants qui n’ait jamais été créé :

« On est jeunes, on est censés passer notre temps à boire. On est censé se conduire mal et on est censé baiser comme des malades. On est là pour, pour faire la fête, c’est ça être jeune. Y’en a quelques-uns qui vont faire une overdose, ou qui vont péter les plombs. Mais Charles Darwin a dit : « On ne fait pas une omelette sans casser quelques œufs ». C’est d’ça qu’il s’agit au bout du compte : casser des œufs. Et casser des œufs ça veut dire se déchirer la tronche avec un cocktail de dur. Si vous pouviez seulement vous voir en ce moment, ça me fend le cœur. Vous portez des cardigans ! On était les rois du monde. On a foutu notre merde plus fort et bien mieux que toutes les générations qui nous ont précédés. Nous étions beaux, tellement beaux ! On est des paumés. Je suis un paumé. Et j’ai l’intention de rester un paumé jusqu’à 29 ou 30 ans, et peut-être même au-delà si j’ai envie. Je préfère baiser ma propre mère plutôt que de laisser cette fille ou qui que ce soit me priver de ma liberté. »

Pour calmer (à jamais) le bully de votre école : 13 Reasons Why

Sur le papier, on fait difficilement plus glauque : une jeune lycéenne, Hannah Baker, s'est suicidée pour une raison inconnue, laissant derrière elle un entourage bouleversé, un entourage dévasté (par les secrets familiaux, les abus de pouvoir, le sexisme, la loi du plus fort, etc.) et un testament. Soit treize cassettes audio que le beau Clay Jensen a récupérées et qui servent de fil rouge à un scénario parfaitement en phase avec notre époque (l’affaire Weinstein, le mouvement MeToo, toussa toussa).

Sauf que 13 Reason Why ne vire jamais (ou très rarement) moralisateur : c'est une série qui capte avec beaucoup de justesse les crises existentielles propres à l'adolescence, qui raconte le lycée du côté de ceux qui traversent ses couloirs la boule au ventre plutôt que de celui des sportifs bodybuildés, qui nous dit qu' « il y a du courage à être un nerd » et qui nous fait comprendre que « tout le monde est si gentil jusqu'à ce qu'ils te poussent à te tuer ». Bref, rien de bien joyeux, simplement une intrigante façon de sonder les profondeurs sombres des universités américaines proprettes. Mais aussi de mettre en scène la cruauté des adolescents, qui dissimulent bien souvent derrière leur excentricité une profonde tristesse et un mal-être silencieux.

Pour tout envoyer bouler (son avenir compris) avec un accent de chav : The End Of The F***ing World

The End Of The F***ing World, c'est avant tout l'histoire de James et Alyssa. D’un côté, un adolescent qui aime l’automutilation, rêve de violenter son père, de tuer des animaux de compagnie et, pourquoi pas, « quelque chose de plus grand ». Un humain, de préférence. Sa petite copine, dans l’idéal. De l'autre, une adolescente lassée de son beau-père aux mains baladeuses, de la dépression de sa mère et d'à peu près tout ce dont se compose son quotidien.

Ensemble, James et Alyssa décident donc de quitter leur banlieue pavillonnaire pour sillonner la campagne anglaise à bord d’une voiture volée et tentent de survivre tant bien que mal : en squattant une belle propriété ou en braquant une station-service, par exemple. Et ça force le respect. Parce qu’on aime cet équilibre entre humour noir et candeur romantique, parce qu'on aurait quelque part aimé connaître cette échappée belle extrême et parce qu'on imagine à quel point elle doit trouver un écho chez des millions de jeunes qui rêvent de faire leurs propres expériences, en marge des sentiers battus – dangereusement.

Parce qu'elle a sauvé toutes les filles des années 1990 : Daria

Daria est une série culte, on est d'accord. Pour son humour corrosif, sa façon de rendre hommage aux outsiders et sa faculté à aborder tout un tas thèmes a priori dérangeants dans l'univers superficiel des teen-séries : le harcèlement scolaire, la solitude, la dépression, l'inadéquation à la société ( « Je ne souhaite pas me réveiller à 40 ans en réalisant que j'ai perdu mon temps avec un job que je déteste »). Plus fort encore, Daria est une des premières séries d’animation à parler de l’égalité homme-femme, et donc à mettre en scène une intello - qui n'a rien de la fille coincée, frustrée, isolée ou rigide comme ont tendance à être dépeintes ces femmes capables de citer Kant et hostiles aux cheerleaders.

Daria, c’est donc la quintessence de l’anti-héroïne et de la jeune fille désabusée, qui assume d’être une adepte de la slacker culture, qui revendique de vivre sa féminité comme elle le souhaite et qui ne craint rien ni personne. Surtout pas les hommes de pouvoir. Ainsi, dans l'épisode six de la première saison, elle n'hésite pas à envoyer bouler un recruteur d'une agence de mannequin lui demandant d'ôter ses lunettes : « Ce ne sont pas des lunettes comme les autres, elles me permettent de détecter les blaireaux. » Dans ta face, le patriarcat !

Pour combattre les monstres à plusieurs : Stranger Things

Dans une des scènes de 13 Reason Why, Jessica Davis dit : « On n’était pas amis. Les amis disent la vérité, les amis ne se tournent pas les uns contre les autres. » Incroyable de voir à quel point cette sentence colle parfaitement aux kids de Stranger Things, guidés par un mantra qu'ils ne cessent de se répéter : « Friends don't lie ». Des valeurs d’amitié typiques des teen-séries, voire des teen-movies à la Goonies, mais que les frères Duffer mettent parfaitement en scène dans des épisodes qui allient avec beaucoup de dextérité la pure comédie, la romance teenage et les effets spéciaux – selon des codes propres de production à Amblin Entertainment ( E.T., Gremlins, etc.)

Plus qu'une simple série de science-fiction un peu trop obnubilée par les années 1980 (du générique à la bande-son), Stranger Things est donc surtout une série sur l’amitié, sur la vie de gamins emmitouflés dans des banlieues pavillonnaires qui se trouvent soudainement confrontés à l’éruption de l’extraordinaire – l’arrivée d’Eleven et la découverte du Démogorgon, en l’occurrence. Avec, toujours, cette idée de communauté qui rend l’adolescence plus belle, plus riche, plus éternelle.

Pour une éducation indie-pop impeccable (même si tes amis te prennent pour un looser) : Newport Beach

On en a déjà longuement parlé ici, mais tant pis, on en rajoute une couche histoire que l’on comprenne bien tout ce que l’on doit à Newport Beach. Car non, Summer, Death Cab For Cutie n’est pas qu’une « guitare et des chanteurs qui ont l'air de se plaindre ». Il fait au contraire partie de ces groupes qui ont permis à la musique indie de trouver une seconde jeunesse à l’aube des années 2000, qui ont composé tout un tas de tubes essentiels et qui ont sublimé cette fameuse désinvolture adolescente. Au même titre que Syd Matters, The Walkmen, Modest Mouse, The Killers ou encore Imogen Heap, qui figurent dans un ou plusieurs épisodes de Newport Beach et qui viennent sublimer une série respectant comme aucune autre (comprendre sans trop le bousculer) le cahier des charges des teen-shows : remise de diplômes, soirées débridées, bains de minuit, histoire de cœur et de cul…

Pour tous les stalkers et trolls en devenir : Gossip Girl

C'est probablement ça la fougue de la jeunesse : alors que les personnages de Friends ou de Seinfeld, trentenaires convaincus, sont finalement assez casaniers, ceux de Gossip Girl, eux, arpentent les rues new-yorkaises avec enthousiasme et curiosité. Il faut dire qu'ils en ont les moyens : la plupart sont issus de la haute bourgeoisie, squattent les écoles privées les plus réputées, se déplacent en limousine et ne sortent que dans des bars branchés. Pourquoi, dans ce cas, s’infliger le visionnage des 121 épisodes de cette série signée Josh Schwartz ?

Tout simplement parce qu'elle permet d'observer New York, ville fantasmée par excellence, sous un œil nouveau. Ici, l’Upper East Side, les immeubles (Vanderbilt, Astor, Rockefeller) et les boutiques Tiffany’s sont des personnages à part entière, pleinement intégrés au récit. Et si on a parfois l'impression de découvrir le New York autrefois raconté dans les livres d'Edith Wharton, c'est probablement un souhait des scénaristes, tant cela vient illustrer la dualité dans laquelle évoluent Serena, Blair ou Dan, perpétuellement tiraillés entre une éducation à l'ancienne (héritée, justement, de cette haute société new-yorkaise qui ne cherche qu’à préserver son patrimoine) et une envie d’être en phase avec leur époque, de profiter au maximum de leur adolescence. De ce temps de l'innocence où l’on se fiche des conventions sociales et où le goût de l’interdit traverse les classes.

Pour un usage avisé de substances psychoactives (et autres marrades) : Skins

Tout au long de ses sept saisons, Skins a été plus ou moins régulière. Mais s'il y a bien une chose que l'on ne peut lui reprocher, c'est d'avoir toujours voulu explorer le sentiment de liberté que procure la jeunesse et qui se transmet génération après génération. Le sexe, l’amour, les drogues, les drames et les rivalités… Tous les sujets y sont abordés avec cette intensité propre à l’adolescence. Ici, pas de riches ados américains aux physiques en plastique, mais de vrais ados, avec de l'acné, des vêtements fluo choppés à moindre coût chez H&M et une envie folle de noyer leur spleen dans l’alcool et les drogues récréatives.

En clair, Skins, c'est une ode aux fêtes clandestines, aux premiers ecsta et aux Vans à damiers. Ce n'est sans doute pas pour rien que Skins a été le premier programme à inclure de la dubstep dans sa bande-son. Et ce n'est probablement pas pour rien que, six ans après l'arrêt de la série, des milliers d'adolescents continuent de bader la liberté de ses personnages.

Parce que les freaks et les geeks incarnent le cool, le vrai : Freaks & Geeks

Dans un livre-entretien ( Comédie, mode d’emploi) avec Judd Apatow, Emmanuel Burdeau parle du geek comme d'un « désarmé existentiel ». Freaks and Greeks, c'était exactement ça : la confrontation de deux mondes (les freaks et les geeks, donc) privés de toute vie sociale extra-scolaire et a priori incompatibles avec les codes de leurs camarades de classe. Ici, on préfère aux soirées alcoolisées des burgers faits maison aptes à être dégustés devant un show comique ou en écoutant « I'm One » des Who.

Cette scène, c’est celle de Bill Averchuck, un geek aux grosses lunettes et à la coiffure négligée. C’est aussi l’une des plus saisissantes de la série de Judd Apatow, celle qui, sans le savoir, annonce l’avènement du nerd, devenu depuis le début des années 2000 un véritable héros des temps modernes. Au point d’inciter Pharrell à nommer l’une de ses formations ainsi (N.E.R.D.), et de motiver les producteurs hollywoodiens à financer des séries entièrement dédiées à leur gloire ( The Big Bang Theory, notamment).

Pour apprendre à contrôler ses pulsions : Vampire Diaries

« Il est ton premier amour, j'attendrai d'être ton dernier. Peu importe le temps que ça prendra. » Cette phrase, balancée par Klaus à Caroline, définit en partie l'enjeu de Vampire Diaries : traiter de l'émergence de la sexualité dans un cadre lycéen où se rencontrent vampires et humains. Ce n'est certes pas le script le plus original ( Twilight est passé par là), et la série manque probablement d'audaces formelles, mais Vampire Diaries, entre autres choses, permet au moins de renouer avec la figure du vampire comme symbole sexuel, objet de désir de jeunes gens essayant tant bien que mal de gérer leurs flux hormonaux.

On retrouve ainsi, comme dans Dawson, Beverly Hills ou même Glee, tous les aléas auxquels les ados du monde entier doivent un jour confronter : la persécution, les ragots, les déceptions relationnelles, l’envie et l’empêchement. Sauf que toutes ces situations ont ici une tonalité mortifère, et cette façon de transposer le désir dans un territoire étranger, presque hostile, se reçoit dans Vampire Diaries comme la métaphore de l’entrave du corps adolescent, qui, bloqué dans l’âge ingrat, ne sait comment s’y prendre pour toucher l’autre. Un petit côté désuet donne à la série encore un peu plus d’intérêt : à l’heure d’Instagram et Snapchat, voir des ados s’épancher dans leurs journaux intimes a quelque chose de touchant.

Parce que tant qu'il y a aura des ados, il y aura du punk: This Is England

Le monde que décrit Shane Meadows dans ses mini-séries This Is England ( ’86, ’88 et '90) est sensiblement le même que celui dépeint dans son film éponyme, sorti en 2006. Dans chaque phrase, chaque scène, chaque plan, on ressent l'Angleterre des années 1980, l'impact de la politique brutale et répressive menée par Margaret Thatcher et avec elle, le désespoir des classes populaires. La culture musicale, toutefois, n’est plus la même : les skinheads en polo Fred Perry et chaussures Dr. Martens ont laissé place à une nouvelle génération, fan de The Cure, Culture Club et d’un New Order plus que jamais adoubé par les institutions – au point de composer l’hymne officiel de l’Angleterre lors de la Coupe du Monde 1986…

Au cours des différents épisodes de ces trois mini-séries, Shaun et ses compères ne sont pas pourtant devenus de fervents optimistes : la violence demeure, personne n'a foi en l'avenir, tout le monde semble extrêmement tendu et les plus démunis tentent tant bien que mal d'obtenir de meilleures conditions de vie. Loin des Beverly Hills ou, plus récemment, des Riverdale et ses héros aisés, This Is England propose ainsi une version punk de l'adolescence, celle que l'on passe dans des ruelles mal éclairées à tenter de canaliser sa furie. Celle que l’on tente de noyer dans des rades miteux où les habitués sont des légendes et les poivrots des poètes.

Parce qu’on est tous le pire cauchemar de son petit frère (après notre mère) : Malcolm

Tout au long des neuf saisons de la série de Linwood Boomer, on ne va pas se mentir, c’est un foutoir permanent : les pétages de plombs du père Hal, les hurlements exaspérés de Lois, la mère, les signes de tocades (sévère) du frère cadet, les coups montés de Malcom et Reese… Mais Malcolm, c'est aussi Francis, un « gars stupide avec une chance insolente » qui, plus que tous les autres personnages de la série, incarne l'adolescent dans toute sa beauté, ses excès, ses rêves, et ses contradictions. D'autant qu'il n'est pas simplement un atout comique pour les scénaristes : il est le rebelle par excellence, ce personnage qui semble condamné à faire face à une figure maternelle dominatrice encore plus maline (et perfide) que lui. À noter qu’il est aussi l’ado de la télé le plus politiquement éveillé qui soit.

Un exemple ? Cette sentence où il explique à quel point certains métiers annihilent l’être humain : « Avez-vous la moindre idée du résultat de ce genre d’activité sur le cerveau de celui qui bosse là-dedans ? Ça détruit votre âme, ça réduit en bouillie votre intelligence et ça vous fait tomber le cœur en poussière ». Ou encore cette référence au flower power placée dans l’épisode 9 de la saison 2 : « Tu ne vois pas que tout ça dépasse de loin cette plante. Là, je me bats contre la tyrannie, le fascisme et l’oppression. Le jour où Spangler verra cette fleur, il saura qu’il ne nous brisera pas. Ni maintenant, ni jamais ».

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