on ne sort pas tout à fait indemne de ce mix de myako (et ça fait du bien)

Juste avant de jouer dimanche au Positive Education Festival, et juste après la sortie du nouvel Ep de son projet Innoxia en duo avec Basses Terres, la productrice et Dj Myako nous a livré une exploration sonore envoûtante et envoûtée.

par Antoine Mbemba
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07 Novembre 2019, 2:57pm

La musique, c’est toujours une exploration, intérieure ou non, et qu’on le veuille ou non. Mais pour certains artistes, c’est un prérequis. C’est en tout cas la démarche de Myako, qui a jeté son dévolu sur la musique électronique parce qu’elle est justement le meilleur véhicule pour voyager entre les styles et condenser ses influences construites à l’adolescence. De la chambre à l’expérimentation live, il n’y a qu’un pas, ou quelques années, et c’est en rave ou dans des squats nantais – « notamment l’ETR, des endroits où il était possible d’écouter des musiques obscures » – que Myako a trouvé ce graal électronique et a pu commencer à rassasier sa faim de voyages sonores. Puis sa faim de voyages tout court, quand elle est allée frotter à la scène berlinoise pour affiner son talent, avant de poser ses valises à Paris, de partager les scènes avec Jeff Mills, Chloé ou Marcel Dettman et de rejoindre, notamment, l’aventure Qui Embrouille Qui aux côtés d’AZF en 2017.

Les clubs, Myako les a sillonnés, du Trésor berlinois au Rex ou feu la Concrete. Mais son intention artistique dépasse le dancefloor. « La musique électronique n’a jamais été un motif de fête pour moi, même si ça y contribue, explique-t-elle au téléphone. Ma démarche, depuis le début, c’est celle de comprendre les sensations, l’introspection, les ressentis provoqués par la musique. » C’est ce qui transparaissait de son Ep White Tiger l’an dernier : un son qui souvent bouscule, toujours étonne, parfois dérange, mais une audace de tous les instants qui retombe toujours sur ses pas. Des échappées expérimentales auxquelles il est impossible de rester indifférent, et qu’il est impossible de strictement classer dans un style. « Le pouvoir de la musique électronique, c’est d’être infinie. On peut tout explorer. On n’est pas cantonné à un genre… tous les genres se répondent dans l’électro. »

Comme pour parfaire ce besoin d’échapper à la case, la productrice s’invente des alias. Myako sera celui de la continuité, « du rapport au club ; une musique plus dure, moins narrative que Blue Reed, » l’un de ses alter ego. « J’aime bien l’idée d’avoir des alias, ça se fait beaucoup dans la techno. Ça permet de faire correspondre ses personnages à une musique particulière, et aussi à des moments de vie, comme le duo que j’ai avec Basses Terres, Innoxia. » Un duo qui vient tout juste de sortir un Ep de quatre titres, enregistré au studio RBMA, qui, là encore, met l’exploration à l’honneur. Inspirés par une légende racontant qu’au cœur de la forêt Amazonienne, il existe une colline d’où l’on entend tous les sons du monde, les deux artistes nous offrent un trip mystique et psyché. Une immersion cosmique mélangeant fragments acousmatiques et expérimentations live au synthétiseur modulaire.

Vous l’aurez compris, Myako aime nous emmener avec elle, loin – parfois très loin. Alors juste avant son passage au Positive Education Festival, dimanche à Saint-Étienne, la productrice nous a offert un podcast où se mêlent ambient, trance, dub, dancehall industriel... Bref, une heure de musique, envoûtante et envoûtée.

Découvrez juste en dessous le nouvel Ep d'Innoxia :

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