Dieser Artikel erschien zuerst in unserer The Creativity Issue, no. 348, 2017.

serpentwithfeet écrit des chansons d'amour comme personne

Le genre, la religion, la tendresse et la masculinité : serpentwithfeet refuse de s'assujettir aux normes et prône l'amour de soi.

par Charlotte Gush
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14 Juin 2017, 9:40am

Dieser Artikel erschien zuerst in unserer The Creativity Issue, no. 348, 2017.

« Serpentwithfeet est un mantra », explique Josian Wise. Un mantra qu'on pourrait traduire par « serpent à pieds ». « C'est une manière de me rappeler que je dois embrasser et célébrer ma féminité, épouser ma fluidité, avec fougue. » Si l'image du serpent a part liée avec la Bible c'est que l'univers musical de Josian Wise s'inspire de la poésie de la religion qu'il a découverte alors qu'il n'était qu'un enfant, en se rendant à l'église à Baltimore. Mais Josian Wise a toujours voulu se détacher du caractère dogmatique de la religion. « Ce langage a dicté ma vision du monde : le langage de la dévotion, du sacrifice, de l'amour, assure-t-il. J'ai juste changé de sujet. Et le programme qui va avec. »

Le programme n'est pas d'aller au paradis et le sujet n'est pas Jésus : serpentwithfeet prône l'abandon à la sensualité. Ses paroles parlent d'amour, de romance et de la nécessité d'habiter son corps. Aérien, sentimental et extatique, son EP blisters prend ses racines dans la formation classique de Josian Wise. Sur des élans orchestraux viennent se poser des mélodies r'n'b glissant ensuite vers un répertoire Gospel - le tout mixé sur une production reptilienne signée The Haxan Cloak.

Les paroles s'attachent à révéler la toxicité d'une certaine masculinité qui empêche les hommes d'accéder à leur part de douceur. « Blisters est une manière de me réapproprier mon propre corps, en rejetant tous les stéréotypes de la virilité, » explique-t-il avant de se remémorer le temps où, pré-adolescent, ses camarades du Maryland State Boychoir se moquaient de ses cheveux et lui disaient qu'il ressemblait à une fille. Sa mère, elle, lui répétait qu'il était libre de les porter à sa guise. C'est à cette époque que Josian s'est forcé à baisser le ton de sa voix, histoire de ne pas se faire remarquer. Période révolue. Wise excelle aujourd'hui dans l'art d'être lui-même. Il aime souligner les tatouages (les mots 'Heaven', 'Suicide' ainsi qu'un pentagramme) qui ornent son crâne en s'effaçant les sourcils, porte fièrement l'anneau à son nez et des paillettes à sa barbe. « Tout est performatif à mes yeux », insiste-t-il. Je veux que les gens perçoivent ce que je ressens de l'intérieur. » 

Credits


Texte : Charlotte Gush
Photographie : Tim Walker
Stylisme : Max Clark
Josiah porte une veste et un pantalon Balenciaga. Gants Pittards. Anneau nasal personnel. Bottes Costume Studio.

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