La série 6 X Confiné.es plonge dans les effets secondaires du confinement avec dérision et ironie

Votre confinement a été une aventure humaine pleine de drames, de pleurs, de rires et d’hystérie ? La série « 6 X Confiné.es » le confirme : vous n’étiez pas les seul.es !

par Patrick Thévenin
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15 Mars 2021, 1:24pm

Il y a un an, le 17 mars 2020 exactement, la France, suivant l’exemple de plusieurs autres pays dans le monde, se confinait pour ralentir la propagation du virus de la Covid, et ce pour la première fois de son histoire. Pendant un mois et demi, les Français coincés chez eux, certains travaillant à distance, d’autres expérimentant les joies du chômage partiel, tournant en rond pour la plupart, se sont habitués à rester du soir au matin et du matin au soir chez eux avec pour seule liberté la possibilité riquiqui de sortir dehors au maximum une heure et dans un périmètre d’un kilomètre autour de leur domicile, tout en développant des trésors d’imagination pour échapper à l’ennui. Un enfermement forcé vécu de différentes manières, entre ceux qui ont fui la campagne pour se confiner dans leurs maisons secondaires ou dans leur famille en province, d’autres qui ont expérimenté la cohabitation avec des amis pour se sentir moins seuls et beaucoup qui dans les grandes villes ont tourné en rond dans leurs 25 mètres carrés. Et puis il y a eu les flippés qui voyaient le virus partout et ceux qui ne croyaient pas aux gestes barrières, ceux qui ont déprimés et ceux qui ont adoré être isolés, ceux qui ont squatté les réseaux sociaux et ceux qui se sont coupés du monde, tous comportements à la mesure de la complexité humaine. Et puis internet, et les différents réseaux sociaux, ont essayé à grand coup d’ingéniosité et d’inventivité de combler le vide que ressentaient beaucoup. Bref personne n’a vécu le confinement de la même manière, et c’est pourquoi Canal + a eu la bonne idée de demander à six jeunes réalisateurs et réalisatrices, venus d’horizons différents, de laisser libre cours à leur imagination avec pour seul mot d’ordre le concept de confinement, comme le décrit Arielle Saracco, directrice de la création originale et de la création décalée à Canal + : « Que se passe-t-il à l'intérieur quand il ne se passe rien dehors ? Dans les appartements, dans les maisons, dans les têtes ? Qu'est ce qui émerge lorsqu'on est coincé durant des semaines en coloc avec sa famille, des presque inconnus ou en couple sans échappatoire ? Un secret bien enfoui, une redistribution des rôles, une idée de dingue pour se faire de la thune malgré tout ? Il y avait une promesse de huis clos explosifs, flippants et drôles dans cette série autour du confinement. »

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6 X CONFINÉ.E.S - LES REALISATEURS - © Stephane Grangier / Canal+

Produits par Elias Belkeddar d’Iconoclast Film, réalisés par So Me, Antoine de Bary, Pierre Maillard, Alice Moitié, Said Belktibia et Marina Rollman, les six épisodes de « 6 X Confiné.es », d’une vingtaine de minutes chacun, et indépendants les uns des autres, explorent ainsi différentes pistes, scénarios et situations dans lesquels le confinement a pu nous placer avec heureusement un sens de la démesure, de l’ironie et de l’exubérance plus que salutaire. On pense ainsi à l’hilarant « Scorpex » - réalisé par le graphiste et clippeur So Me - qui raconte l’histoire d’un DJ star qui se met en scène pour des livestream (et qui n’est pas sans faire penser à Bob Sinclar) et accueille dans son gigantesque loft pour ne pas être seul et continuer à produire de la musique son ghost composer accompagné de sa petite amie avec qui la cohabitation va tourner au cauchemar, obligeant le quarantenaire à opérer une bonne réflexion sur lui-même et sa masculinité triomphante mais surtout toxique. Il y a aussi, le très pervers « L’art de vivre » signé de Antoine de Barry, où un inconnu tombé en panne de voiture en pleine campagne s’invite de force et squatte le jardin d’une une famille bourgeoise et humaniste qui s’est réfugiée dans sa sublime demeure, mettant en lumière le gouffre qui sépare leurs convictions sociales et la réalité de leurs actes. Ou le délirant et jouissif « Gina » de l’humoriste Marie Rollman, où une femme riche et snob d’un certain âge et en proie à l’ennui, initie deux jeunes garçons (ou deux proies) à l’exubérance et aux plaisirs de la chair. Mais on retiendra surtout dans cette multiplication des situations à 360 degrés, jouant sur plusieurs niveaux de lecture, « Le casse du siècle » de Saïd Belktibia (membre du collectif Kourtrajmé), certainement le plus réussi de ces formats courts, qui narre le casse raté d’une bande de baltringue en quête de dents en or et qui commence en nous filant des frissons pour finir en apothéose gore et jouissive.

Portés par une brochette d’acteurs et d’actrices de haut vol (Vincent Cassel, Felix Moati, Jeremy Ferrari, Laura Pelpin, Ludivigne Sagnier ou Sophie Marie Larrouy) et des apparitions de poids qu’on vous laissera découvrir, chaque épisode de « 6 X Confiné.es » mélange gravité et humour, tout en se saisissant de thématiques contemporaines (le patriarcat, les agressions sexuelles, la fluidité, l’humanisme…) en filigrane. Mais en évitant heureusement avec justesse les bilans épidémiologiques, les délires complotistes ou les thèses psychologisantes. Histoire de montrer que face à l’adversité les humains sont capables du meilleur, mais surtout du pire, pour essayer tant bien que mal d’exister et de sauver leur peau !

« 6 X Confiné.es » une série de 6 films de 20 minutes, à partir du 15 mars sur Canal+ et myCanal.

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