Courtesy of Maxime Bony

Avec son label, François X mélange techno et science-fiction

À 39 ans, le DJ parisien a déjà connu mille vies. Pour i-D, il en raconte une partie avec, en fil rouge, l’influence de la culture geek et de la science-fiction sur son label, à la direction artistique aussi minimaliste que futuriste.

par Maxime Delcourt
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05 Janvier 2022, 2:57pm

Courtesy of Maxime Bony

S’il est facile rétrospectivement d’affirmer que chaque expérience antérieure n’est qu’une pièce apportée à la construction du parcours de François X, il n’empêche que c’est en regardant en arrière que le Parisien parvient à expliquer la richesse de sa musique. Il y a cette adolescence passée sur les terrains de tennis, à la recherche d’une adrénaline que seuls ses futurs DJ’s sets pourront égaler. Puis il y a eu les premiers pas au Queen, la découverte de la techno, toutes ces soirées à geeker sur son ordi à une époque (le croisement des années 1980-1990) où cette technologie n’avait pas encore investi les foyers du monde entier, mais aussi la création d’une marque à 20 ans et la volonté de travailler dans la finance.

Depuis sept ans, François X se concentre toutefois sur la musique. Il en a profité pour créer un label (Dement3d Records), effectuer le tour du monde des clubs, poser ses platines à la Concrete et développer une techno redevable autant à la musique expérimentale et au post-punk qu’aux albums de Ben Klock et Marcel Dettmann. Toutes ces expériences, c’est justement ce qui expliquerait les nombreux projets menés à l’heure actuelle. Le lancement d’un nouveau label (XX Lab), la production d’un film d’animation (Create The Future, sélectionné au Festival International du film animé de Londres), le développement d’une véritable ligne de vêtements, ainsi que des productions rap aux côtés de son ami Sam Tiba (« Cruel » d’1pliké140) : tout ça, ça lui plait. Lorsqu’il en parle, il a d’ailleurs le débit de ceux qui ont un certain nombre d’idées en tête et finalement peu de temps pour tout accomplir. « J’en suis venu à un point où je compose également dans les avions, dit-il, conscient de devoir poser les prémices d’un nouveau morceau dans l’instant. Lorsqu’on est en tournée, on perd tellement de temps et d’énergie dans les transports que je suis obligé d’optimiser mon temps ».

Il faut dire que 2022 s’annonce particulièrement chargée pour François X : un EP arrive, de nombreuses soirées s’annoncent et divers objets sont en préparation. « La première compilation de XX LAB était accompagnée d’une clé USB en forme de carte d’accès aux départements de recherche du label. Un peu comme si la structure était une corporation de la trempe de Dharma Initiative dans Lost ou Tyrell dans Blade Runner. J’ai envie de poursuivre ce délire. Là, par exemple, on prépare un vinyle carré transparent où tous les morceaux seront annoncés par une voix de robot. C’est mon côté geek. »

C’est vrai que ce fan de science-fiction semble incollable au moment d’évoquer les classiques du genre - « je pense avoir vu tous les films, des plus grandioses aux moins acceptables ». Pareil lorsqu’il s’agit d’évoquer les artistes dont il se nourrit récemment : Thom Yorke, « pour les ambiances cinématiques qu’il arrive à développer », Mike Dean, « pour son travail sur les basses et les synthés », Sam Tiba, « parce qu’il m’encourage à exploser les codes », et bien sûr Kanye West. « Pendant le confinement, j’ai réécouté au moins 150 fois Life Of Pablo, tel un chercheur obnubilé à l’idée de traduire certaines de ses idées dans la techno. » L’objectif ? S’éloigner d’une scène électronique « parfois trop fermée » et continuer à faire évoluer une musique plus libre que jamais.

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