Courtesy of Jochem Van Grunsven

Tom Van Dorpe, insuffle une nouvelle vision engagée chez The Kooples

Une vision globale, une créativité polyvalente et un sens moderne de l’élégance, voilà pourquoi la griffe parisienne The Kooples a fait appel au directeur artistique belge Tom Van Dorpe dont la nomination a été annoncée juste avant l’été.

par Claire Thomson-Jonville
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08 Octobre 2020, 2:13pm

Courtesy of Jochem Van Grunsven

Débutant sa carrière de styliste et de consultant pour des marques telles que Hugo Boss et Fenty, il aime aussi collaborer avec la nouvelle garde mode, comme avec son ami Ludovic de Saint Sernin. À 36 ans, il prend les rênes des collections homme et femme du label parisien The Kooples afin de lui insuffler une nouvelle vision créative. Le nouveau directeur artistique s’emploie dès cette première collection à redéfinir les grands classiques du rock qui font l’ADN de la marque depuis ses débuts. Désireux de s’inscrire dans une vision moderne et inclusive, Tom Van Dorpe souhaite également faire évoluer la philosophie de la marque. Ainsi, le couple mythique qui avait fait le succès de The Kooples à ses débuts devient un duo. Un changement de style et de sémantique qui épouse l’esprit du temps et qui laisse entrevoir un nouvel horizon pour le label parisien.

Rencontre entre Tom Van Dorpe, directeur artistique de The Kooples, et Claire Thomson-Jonville, directrice de la rédaction i-D France.

Claire Thomson-Jonville : Hello Tom, bienvenue à Paris. Au vu de cette première collection avec The Kooples, je crois que tu es arrivé tout récemment dans la capitale, non ?

Tom Van Dorpe : Je voulais déménager à Paris, je cherchais des opportunités, avant je faisais vraiment du freelance, j’avais des clients un peu partout, comme la plupart des gens qui font ça, mais j’ai eu peur de me retrouver dans cette vie à courir tout le temps avec des portants. Ici, c’est un autre lifestyle, les gens se concentrent plutôt sur une marque, un projet, un magazine alors qu’à New York, ils font plein de choses en même temps. À Paris, j’ai rencontré Romain Gunier qui m’a dit que The Kooples voulait changer, je me suis dit que j’allais y penser et que ça avait l’air d’être une belle opportunité. J’ai vraiment réfléchi à ce que je pouvais concevoir avec cette marque. Donc j’ai commencé avec des grands sujets comme l’inclusivité, l’idée du couple et de casser les stéréotypes. J’ai débuté chez The Kooples trois semaines seulement avant le confinement.

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Courtesy of Noel Quintela

CTJ : Tu as donc travaillé sur la collection pendant le confinement ?

TVD : Oui mais tous les grands points que l’on voulait aborder étaient déjà installés.

CTJ : Cette collection est une première avec The Kooples, quel a été ton point de départ pour donner une nouvelle vision créative à la marque tout en préservant son ADN ? Avais-tu déjà des pièces en tête, par exemple ?

TVD : C’était très important de garder l’esprit rock donc l’idée était de changer les couples par des duos parce qu’en général il y a pleins de gens qui ne veulent pas être en couple donc ça veut dire pleins de choses. À partir de ça, on a aussi pensé au fait de connecter les collections homme-femme. Avant, c’était deux équipes complètement séparées : l’homme et la femme ne se parlait pas du tout. Donc là, le but était de retrouver dans les deux collections, les mêmes imprimés, les mêmes couleurs, le storytelling.

CTJ : On sent ton expérience dans la mode, tu as une vision globale du système. Tu sais comment cela fonctionne. Quelles sont les pièces phares de cette collection selon toi ?

TVD : Je pense que j’ai de la chance chez The Kooples parce qu’il y a déjà cet ADN rock et c’est quand même très agréable de partir de ça. Au début de la marque et du lancement des couples, j’adorais The Kooples, c’était au moment des Strokes, de Chloé Sevigny et de toute cette bande. J’ai d’ailleurs déménagé à New York à cette période qui était très rock mais qui est moins dans l’esprit du temps aujourd’hui. J’ai eu aussi le jean skinny, les boots et les cheveux longs. On a tous eu cette période sympa. Donc j’aime partir de cette idée mais avec mes voyages, New York, Paris, Londres et mon minimalisme belge ça devient quelque chose de plus layered, plus contrasté et plus intéressant. On a gardé tout ces classiques pour la femme et pour l’homme selon le souhait de The Kooples mais on les a vraiment modernisé pièce par pièce. Ce n’est pas du tout comme une marque de luxe où l’on peut tout effacer d’une collection à l’autre. Cela aurait été trop de pression pour moi et c’est une bonne chose pour évoluer et pour voir où on pourrait faire mieux.

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Courtesy of Noel Quintela

CTJ : Quelles sont tes ambitions pour la marque ?

TVD : Pour cette collection, j’avais l’ambition de mettre un gros focus sur les accessoires en misant sur les sacs comme le « Emily » qui a eu beaucoup de succès. Je veux faire un produit easy et accessible qui parle au plus grand nombre mais qui a quand même une signature reconnaissable. Tout ce qu’on montre, on le vend et c’est ça l’idée d’une marque contemporaine. Je veux que ce soit moderne, dans l’air du temps, reconnaissable et que l’on touche les sujets importants du moment : la diversité, le climat, l’inclusivité, le sizing. On a 400 magasins dans le monde entier, un million de followers sur les réseaux sociaux et on a beaucoup parlé qu’il fallait s’éduquer, comprendre et il y a pleins de gens qui n’ont pas le temps pour ça. C’est pour ça qu’en tant que marque qui parle à un grand public, j’espère que l’on va pouvoir aider à ouvrir l’esprit des gens. On a déjà fait une collaboration avec le Refuge, une association LGBTQ+ pour les jeunes sans abris, et aujourd’hui on cherche des “earth day projects”, on a engagé une personne pour rechercher toutes les matières upcycling et recycling. On va voir ce qu’on peut faire avec notre stock et refaire des pièces avec des vieux jeans. On se pose aussi des questions comme : on ne fait pas de show alors pourquoi les pièces ne devraient-elles avoir qu’une seule taille ? Pourquoi nos mannequins devraient-ils être des stéréotypes ? Mais il faut toujours qu'il y ait ce côté rebelle, c’est le mot d’ordre de la maison.

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Courtesy of Noel Quintela
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