Courtesy of Adrien Dirand

Dior dévoile sa collection homme Automne 2021

Kim Jones nous emmène dans l’espace avec un défilé homme Dior automne 2021 100% digital, où l’on croise les tableaux cosmiques du réalisateur Thomas Vanz et les créatures pop de l’artiste Kenny Scharf.

par Claire Beghin
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08 Décembre 2020, 3:16pm

Courtesy of Adrien Dirand

S’il y a une chose que nous avons tous du faire cette année, c’est s’adapter. À une pandémie mondiale qui a cloitré des millions de personnes chez elles pendant des mois - pour une durée encore incertaine, à un contexte économique, social et politique de plus en plus tendu, à l’impossibilité même d’évoluer dans l’espace et, finalement, d’occuper la Terre comme bon nous semble, sans masques, sans mesures barrières, sans distanciation forcée. Et puisque la planète qui nous accueille a ces temps-cis quelque chose d’un peu irrespirable, Kim Jones a décidé de nous emmener dans l’espace.

Pour le faire, il a fait appel au réalisateur français Thomas Vanz, spécialisé dans les représentations visuelle du cosmos. Pour la scénographie du défilé homme Dior Automne 2021, il a mélangé encres, pigments et produits chimiques irisés dans un aquarium, filmé les matières en mouvement dans l’eau et les a transposé en unreal engine, technique de réalité virtuelle en 3D utilisée pour les jeux vidéos. Le résultat donne l’impression d’une plongée dans un cosmos pop et explosif, l’immensité du dehors, mais vue depuis le dedans. La métaphore est claire.

Au milieu évolue la dernière collection de Kim Jones, tout aussi pop et explosive, voulue comme « la synchronicité entre les réalités de la mode d’aujourd’hui, le rêve de l’histoire et les possibilités optimistes de demain. » La mode d’aujourd’hui, c’est ce mélange de confort (confinement oblige) et d’exubérance (parce qu’on s’ennuie quand même pas mal à la maison) : des silhouettes amples qui laissent libres les mouvements, des coupes décontractées, des pièces sport techniques, des mailles oversized et des pantalons hyper fluides, taillées dans des matières irisées ou des brocards détaillés qui rappèlent la richesse des tissus d’ameublement. Le rêve de l’histoire, ce sont ces vestes qui mêlent les codes du tailleur oblique Dior avec ceux d’une néo-veste Bar ceinturée, ces bijoux en jade et en lapis imaginés par la créatrice coréenne Yoon Ahn, moitié du duo Ambush, ou ces chrysanthèmes revisités par les ateliers Lemarié et fixés à la boutonnière. 

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L’optimisme est dans ces figures pop qui peuplent la collection : les animaux du zodiac chinois traités comme des cartoons malicieux et les personnages emblématiques de l’artiste américain Kenny Scharf, entre cartoons et créatures SF, qui viennent se poser sur les vêtements comme il le fait, depuis des années, sur des tableaux de seconde-main qu’il recouvre à l’envie. Il signe la désormais traditionnelle collaboration que Kim Jones propose chaque saison à un artiste qui l’inspire, et qui prend cette fois-ci un sens particulier : comme pour conjurer le sort d’une année particulièrement morose, ses créatures humoristiques s’invitent sur des vêtements formels, donnent de la couleur à des silhouettes sombres, apparaissent ici et là comme des clins d’oeil et comme pour dire que même, et surtout, en ce moment, nos imaginaires créatifs ont encore le pouvoir de nous faire voyager, pourquoi pas même jusque dans l’espace. 

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