la mode génère plus de gaz à effet de serre que les compagnies aériennes

Et le plastique de nos vêtements est plus dangereux pour les océans que les déchets cosmétiques.

par Isabelle Hellyer
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05 Décembre 2017, 10:58am

Une décharge australienne, viaWikicommons.

Un nouveau rapport vient de révéler l’ampleur des dégâts environnementaux causés par la mode. Le rapport de la fondation MacArthur, « A New Textiles Economy : Redesigning Fashion’s Future », dresse un constat alarmant autour de l’industrie du textile, prédisant une situation encore plus dramatique pour 2050 si aucun changement n’est effectué d’ici là.

À l’heure actuelle, le rapport estime que l’industrie de la mode crée 1,2 milliard de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre chaque année : c’est plus que les vols internationaux et le trafic maritime réunis. L’industrie de la mode s’en tire encore plus mal que l’industrie cosmétique : elle est responsable du demi-million de microfibres plastiques issues de vêtements qui finissent chaque année au beau milieu de l’océan - 16 fois plus que les microbilles de plastique dont recèlent les produits cosmétiques. Et pour noircir encore un peu plus le tableau, les preuves que ces petites particules de plastiques contaminent les poissons de substances chimiques se font de plus en plus accablantes.

Un autre point du rapport suggère que si rien ne change, l’industrie de la mode aura épuisé un quart des réserves mondiales de carbone d’ici 2050.

« L’industrie textile se repose essentiellement sur des ressources non-renouvelables : le pétrole pour produire des fibres synthétiques, les fertilisants pour faire pousser le coton et les produits chimiques pour produire de la teinture et les finitions des fibres et textiles, écrit Ellen MacArthur, dirigeante de la fondation à l’origine du rapport. Le gâchis et la linéarité du système actuel sont à la source même de cette pression massive et croissante sur les ressources. »

La solution est « simple » : les marques et usines habituellement en compétition doivent travailler main dans la main, comme jamais auparavant. « Des efforts ont déjà été engagés par les marques, les revendeurs et d’autres organisations désireuses de changer cette industrie, explique MacArthur. Mais même si ces progrès sont prometteurs, ils sont souvent trop fragmentés, quand ils ne s’appliquent pas qu’à une toute petite échelle… Imposer une nouvelle économie du textile va demander une collaboration et un alignement de ses acteurs encore inédits. »

Stella McCartney a fait équipe avec MacArthur pour s’assurer que l’industrie tire les leçons de ce rapport. Et la designer reste pleine d’espoir. Dans une déclaration faite à la presse, elle assure que « ces découvertes vont nous forcer à trouver une meilleure manière de développer notre industrie, tous ensemble. Pour le futur de la mode et le futur de la planète. » Rien à ajouter. Le rapport est à lire en entier ici.

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