il faut voir l'album (rap et gabber) de contrefaçon

Bétonnés dans leur époque, les quatre parisiens du groupe électro-maximaliste Contrefaçon ont sorti leur premier album accompagné d’un film fait-maison.

par Sylvain di Cristo
|
27 Septembre 2019, 10:54am

Prenez certains des symboles les plus identifiés du courant néo-punk de ces dernières années – le retour en grâce du gabber et de la musique qui ne fait pas dans la dentelle, la panoplie street des années 90-2000 style Nike TN, banane Lacoste en bandoulière et polo Burberry factice – mettez-y le feu, remuez les cendres, servez, voilà Contrefaçon.

Ceux que l’on surnomme les « hooligans français de la techno » et que l’on compare depuis leur premier EP en 2017 à Justice (époque Cross) et à The Blaze (pour la puissance de leurs visuels), ont décidé de prendre 2019 en otage avec la sortie de leur premier album Mydriaze, sorte de grand passage à tabac électronique qui pioche tantôt dans leurs influences maximalistes de leur jeunesse (Danger, The Bloody Beetroots, Prodigy et toute la French Touch des années « electro ») que dans des courants vénères actuels.

Mais ce qui finit d’ancrer nos quatre grands ados du 93 à l’aube d’une nouvelle décennie est sûrement l’importance qu’ils apportent à la vidéo dans leur projet musical. D’ailleurs, ils se définissent eux-mêmes comme un « groupe de musique-vidéo », avec des clips scénarisés qui s’emboîtent et terminent aujourd’hui sous la forme d’un court-métrage réalisé avec les moyens du bord, leurs potes comme acteurs et une liberté totale – et on ne peut s’empêcher de faire le lien avec la façon de faire de PNL ou Nekfeu : « On imagine faire du cinéma depuis le début de Contrefaçon, livrent-ils à i-D. Pour notre premier album, on voulait s’en approcher un peu plus que dans nos clips. C’était ambitieux mais on a décidé de faire un court-métrage nous-mêmes, c’est-à-dire nous quatre, trois acteurs et l’étalonneur. Ça nous a permis d’être très flexibles et de tourner ce film par petits bouts sur plusieurs mois et pour presque rien. »

C’est que la musique en 2019 ne se suffirait plus à elle-même ? Pour le quatuor électronique, il s’agit plutôt d’une passion équivalente pour les deux arts. Ils prolongent leur pensée : « C’est quasiment obligatoire d’avoir un support visuel aujourd’hui et c’est assez facile de s’en bricoler un tout seul, ça permet d’attirer l’attention des spectateurs qui sont toujours plus sollicités. On a commencé à sortir des clips quand « Viril » et « Territory » de The Blaze ont émergé, et c’est vrai qu’on s’est vite rendu compte que l’univers visuel et cinématographique que l’on pouvait apporter – aussi bien sur Internet que sur scène – serait un plus indéniable dans une époque où le cross média a tout son sens. »

On est prêt pour la suite.

Tagged:
cinema
Album
contrefaçon
cinéma$
Mydriaze