retour au pensionnat de jeunes filles avec d'heygere

Stéphanie D’heygere, lauréate 2018 du prix accessoires de l’ANDAM, revient dans le pensionnat de sa jeunesse en Belgique pour shooter les élèves en uniforme accessoirisées des pièces de sa dernière collection.

par Sophie Abriat
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20 Mai 2019, 6:09pm


En janvier 2018, Stéphanie D’heygere surprenait avec une première collection d’accessoires mi-bijoux mi-maroquinerie, des pièces double fonction, détournées façon dadaïste. Boucle d’oreille-fleur, collier-cigarette, bracelet de gant, sac étui à lunettes, coutures chaînes, boîte à bijoux boucle d’oreille etc. : chez D’heygere les accessoires s’accessoirisent. Des effets trompe-l’œil, des hors contexte qui font le sel de la marque. La créatrice utilise tout et s’inspire de tout ce qui l’entoure pour créer : stylo BIC, ticket de métro, manche de chemise… Comme autant de bases à ses futurs « readymades ». « C’est sacré parce que c’est choisi » disait Marcel Duchamp, l’une des figures phares du mouvement Dada et l’un des premiers artistes à amalgamer ses notes de travail à son œuvre. Un inspirateur pour la designer belge. En juin 2018, quelques mois seulement après le lancement de son label éponyme, Stéphanie D’heygere diplômée de l’Académie royale des beaux-arts d'Anvers recevait le prix « accessoires de mode » de l’ANDAM. C’est par hasard au cours d’un stage chez Lanvin qu’elle découvre le monde de l’accessoire. En 2011, elle rejoint Maison Martin Margiela en tant que styliste accessoires jusqu’en 2015. Elle est ensuite nommée designer bijoux senior chez Dior avant de se lancer en freelance et de collaborer avec plusieurs marques de mode dont Y/Project.


La créatrice dévoile sa dernière campagne, shootée par Arnaud Lajeunie, avec Ursina Gysi au style. Pour cette occasion, elle est retournée dans son pensionnat belge à Loppem pour photographier les étudiantes de dernière année accessoirisées des pièces de ses collections SS19 et FW19. Sur les uniformes couleur bleu marine, les accessoires se détachent – accentuant le contraste entre la rigueur des vêtements et la créativité des bijoux D’heygere. « Une fois, lors d’une interview, le journaliste m’a demandé d’où venait ma passion pour les accessoires. Très spontanément j’ai répondu que c’était peut-être lié à mes années d’internat, où je devais porter un uniforme. Les seuls éléments qui n’en faisaient pas partie étaient les accessoires : sac à dos, petits bijoux, chaussures, chaussettes qui permettaient de dévoiler un peu sa personnalité. Cela m’a donné l’idée de retourner à l’école pour faire quelque chose. J’avais peur que la direction soit rétive à ce projet mais elle a adoré l’idée, explique la créatrice. On a photographié des filles entre 17 et 19 ans : toutes celles qui voulaient participer ont pu, on n’a pas fait de casting. Quand on est arrivé à l’école, on ne les avait encore jamais vues. Elles sont nées à peu près l’année où j’ai quitté l’école. Rien n’a changé si ce n’est que les jupes sont beaucoup plus courtes qu’à mon époque ! ».

Aucun maquillage pour la séance photo : « on voulait que ce soit le plus naturel possible, que ce ne soit pas un déguisement. Les filles ont pu choisir ce qu’elles voulaient mettre, on voulait être sûr qu’elles soient à l’aise ». Toujours dans l’esprit de la marque, praticité et esthétique se mélangent, les portés et les fonctionnalités se multiplient. « On trouve un sac très longiligne, inspiré d’un modèle chiné aux puces créé pour ranger des pelotes de laine et des aiguilles à tricoter ; des boucles d’oreille détachables accumulées sur une créole qui font penser à ces supports de présentation en bijouterie ; des charms de peigne en corne : on peut se coiffer et les attacher à sa ceinture ou à son sac ; un porte-foulard en argent avec un écharpe en laine détachable qui rappelle l’idée du porte-manteau », détaille Stéphanie D’heygere. La créatrice s’amuse des codes, détourne les symboles comme avec cette bague de fiançailles en argent serti de Zirconia qui brille comme du diamant (fruit d’une collaboration avec Swarovski) et qui peut être portée en boucle d’oreille, ce collier soutien-gorge ou ce bijou de cheville relié à la taille inspiré d’une chaîne de portefeuille. « Mon esthétique est réaliste, je ne suis pas dans la fantaisie et je n’essaie pas de vendre du rêve pour ainsi dire », conclut-elle.

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