ces marques de skate (oubliées) qui ont inspiré le film de jonah hill, 90's

Le film, qui sort aujourd’hui en France, rend un vibrant hommage aux plus grandes marques de skate de l’époque.

par Oliver Lunn
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24 Avril 2019, 11:07am

Beaucoup le déplorent, mais aujourd’hui, nul besoin d’être un skateur pour porter un t-shirt Trasher. Vous pouvez aussi porter du Supreme sans jamais avoir posé le pied sur une planche. Il n’y a tout simplement plus de règles. Mais il fut un temps, dans les années 90, où les frontières culturelles semblaient plus clairement définies. Porter un t-shirt Girl, ou des baskets éS vous affiliait automatiquement à un mouvement, une esthétique. Le message était clair : « je prête allégeance à cette tribu ». Vous étiez un skateur, et vos vêtements faisaient office de carte de membre. Si vous croisiez quelqu’un d’autre vêtu de l’uniforme, vous échangiez un regard de connaisseur sous-entendant : « je suis un skateur, tu es un skateur, salut ».

Le film de Jonah Hill 90’s retransmet à merveille ce pouvoir de distinction et d’appartenance de la mode relative au skate. Il prête une attention toute particulière aux looks et aux marques qui ont façonné la culture skate de l’époque. Si certaines marques existent toujours – comme Girl et Chocolate – d’autres ont quasi disparu et figurent parmi les souvenirs de ceux qui ont connu cette époque où le skate était encore une authentique contre-culture. Pour fêter la sortie du film dans les salles françaises, i-D a recensé les marques et les looks emblématiques qui ont inspiré Jonah Hill pour son premier film, et dont s’est inspirée la costumière du film, Heidi Bivens.

Menace
La célèbre marque de skate représente la quintessence de l’East LA. Le collectif Menace, décrit dans la série VICE Epicly Later’d comme un crew « voyou et un peu dangereux », est crédité par Jonah Hill comme étant « la plus grosse influence de ce film ». Dans le film, on peut apercevoir la marque – désormais disparue – sur un t-shirt porté par le personnage de Fuckshit. On reconnaît la marque emblématique des nineties à L’étoile bleu vif qui a été le tout premier logo de la marque. Menace – dont certains membres ont fait de la prison – était la griffe des délinquants du skate. Les articles vintage présents dans le film sont difficiles à trouver aujourd’hui, accaparés par les nostalgiques et les collectionneurs sur eBay.

Droors Clothing Le film fait la part belle à une autre marque de skate désormais disparue. Il s’agit de Droors, la marque de vêtements basée à San Diego qui sponsorisait Sean Shaffey et Danny Way – entre autres. Les survêtements et les tenues de sport colorées ont sans aucun doute ouvert la voie à Supreme et Palace. Dans le film, Fuckshit porte un bonnet Droors noir, et pas mal d’autres skateurs en arrière-plan arborent fièrement des articles de la marque. Les pièces vintage semblent tout droit sorties des pages d’un vieux numéro dee Thrasher. Pour la petite histoire : le « DC » de DC Shoes signifie à l’origine « Droors Clothing », ce qui montre la filiation directe entre Droors et DC. Autre anecdote : des rumeurs quant à un reboot de la marque ont commencé à circuler en ligne cette année. On croise les doigts.

Les Vans Half Cabs aux lacets blancs Si vous avez skaté entre le milieu et la fin des années 90, il y a de fortes chances pour que vous ayez possédé une paire de Vans Half Cabs avec des lacets blancs. Cette paire incarne l’époque à elle toute seule. Cette coupe qui monte jusqu’à la cheville, ces semelles en caoutchouc blanches, la simplicité de ces lacets blancs sur le daim noir. En réalité, c’est lorsque l’on a vu la chaussure – le second modèle de Steve Caballero pour Vans, sorti en 1992 – aux pieds du légendaire Guy Mariano que la magie a opéré. Tous les gosses ayant vu Mouse vénéraient Mariano, et Jonah Hill ne faisait pas exception. Vingt ans après la sortie initiale de la chaussure, Vans a réintroduit la Cab pour fêter son anniversaire. Et comme les Chuck Taylor, ces Cabs sont intemporelles.

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Shorty’s
Tout comme Menace, Shorty’s est une marque de skate californienne qui a connu son apogée vers la fin des années 90. Il s’avère que Chad Muska, l’égérie de l’entreprise toujours accompagné de sa chaîne hi-fi, a un petit rôle dans 90’s. En hommage à Muska et à l’héritage laissé par Shorty’s, Hill fait porter à Stevie un t-shirt bleu avec le légendaire logo en forme de boîte. Le nom de la marque était bien mis en évidence afin que vous puissiez le porter fièrement, puisque la mode se résumer aussi à prêter ostensiblement allégeance à son label favori. Bien que de nos jours, on ne voie plus tellement la marque dans les skateparcs ou dans la rue, quelques signes vont dans le sens d’un discret come-back –notamment un nouveau site web vendant des articles old school.

Des t-shirts blancs et des jeans à n’en plus finir
Il y a eu un moment, dans l’histoire du skateboard, où tout le monde portait des t-shirts blancs beaucoup trop larges et dépourvus de logo sur des baggys XXXXL. Peut-être que les skateurs voulaient imiter Guy Mariano dans Mouse, ou Andrew Reynolds dans The End. Dans tous les cas, 90’s rend hommage à ce moment-là de l’histoire de la mode et du skate. On peut voir le skateur de Supreme Na-Kel Smith (Ray) porter le look en question, complété par des Adidas noires (la marque est également son sponsor). Il est intéressant de mentionner que le « consultant en skate » du film n’est autre qu’Aaron Meza, qui a réalisé la vidéo Mouse susmentionnée aux côtés de Spike Jonze en 1997.

Blind Skateboards
Blind Skateboards est une autre marque de skate essentielle des années 90. La vidéo Video Days – une autre œuvre de Spike Jonze – est probablement LA vidéo de skate la plus légendaire de tous les temps, figurant parmi les favorites des pros. Dans 90’s, le personnage Fourth Grade porte un t-shirt vintage Blind noir, avec le logo d’origine. À l’époque, le personnage de cartoon Blind Reaper était extrêmement populaire et la marque, toujours en activité aujourd’hui, a décidé de le ressusciter. Lorsque vous croisiez un autre ado dans cette tenue, il était inévitable que vous lui adressiez ce regard un peu prétentieux, histoire de dire: « hey mec, moi aussi je skate ».

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