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les nouveaux architectes du vêtement

Rencontre avec Laura Do et Bastien Laurent, les deux designers du label AVOC.

par Malou Briand Rautenberg
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06 Octobre 2015, 12:30pm

AVOC : quatre lettres et un acronyme (Architecture Vestimentaire et Ornement Corporel) derrière lequel on découvre l'univers de Laura et Bastien, le duo complémentaire qui a créé le label en 2013. Les deux créateurs nous mettent en garde : "Il ne s'agit pas seulement de vêtements mais de 'mise en scène du vêtement"'. Un domaine dans lequel ils excellent, sans effort. Science-po pour lui, formation de designer pour elle, leurs parcours respectifs leur ont permis d'appréhender la mode comme un terrain de jeu, malléable et infini. 

Le vêtement doit être un objet vivant

Laura et Bastien ont le fantasme de l'atmosphère "à la Jacques Tati ou à la Truffaut". Le décor, les personnages, le vêtement, tout s'assemble et s'anime à l'image comme dans un film. Il leur faut refléter un monde plus qu'une matière ou une coupe: "Le vêtement doit être un objet vivant", nous assurent-ils. C'est chose faite.

On veut aller au bout de nos idées et raconter une histoire qui a du sens

Avec une scénographie toujours plus sophistiquée, AVOC entend défier le phénomène de la "fast-fashion". À contre-courant d'une industrie qui se réinvente tous les six mois au fil des saisons, Bastien et Laura préfèrent aller à leur rythme. Ils voient plus loin et imaginent leurs futures collections comme "des trilogies, qui s'étendraient sur un an et demi" - à la manière d'un long-métrage. Peu leur importe que les autres créateurs succombent à la vitesse. "On veut aller au bout de nos idées et raconter une histoire qui a du sens," ajoute Bastien. 

Nous partons d'en bas pour prendre le contre-pied du communément beau

La narration s'inscrit d'ailleurs dans l'ADN du label : shootée par le photographe Alexandre Guirkinger, leur nouvelle collection "AVOC is clowning" fait revivre l'esprit du cirque. Cérébral sans être pompeux, leur univers emprunte allègrement à l'art contemporain, (clin d'oeil au film Streamside Day de Pierre Huyghe) autant qu'à la culture pop et à la danse de rue (comme un écho au Rize de David LaChapelle). Des références pointues qui rendent hommage à la figure du clown, aussi répulsive qu'attirante. "Partir d'en bas pour prendre le contre-pied du communément beau," explique Bastien.

Loin de l'esthétique figée de certains, AVOC réunit les contraires et prône la différence. Coupes droites et pantalons taille haute célèbrent quant à eux une mode "unisexe", dont la féminité se révèle dans les matières délicates. Dé-genrés, les vêtements AVOC seront sans aucun doute les uniformes d'une génération unie et sans complexe.

AVOC présente sa nouvelle collection au Designers apartment  jusqu'au 9 octobre.

atelieravoc.com

Credits


Photographie : Alexandre Guirkinger
Texte : Malou Briand Rautenberg