le nouveau clip de camp claude est une ode à l'amour chimique

Le trio français a confié son nouveau clip à i-D, en exclusivité. Une ballade sur la tranche entre réalité et fantasme ou l'histoire d'un amour chimique et son inévitable redescente.

par i-D Staff
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20 Septembre 2016, 12:25pm

Camp Claude est une fusion. Le trio comprend les deux visages du duo new-wave Tristesse Contemporaine, le britannique Mike Giffts et le suédois Leo Hellden, accompagnés par la voix douce et suave de la jeune Diane Sagnier. Mike et Leo ont grandi aux sons des synthés eighties, sur les rythmes de la cold-wave. Diane, elle, a étudié la photographie avant de se lancer derrière un micro. Un savant mélange opérant une pop hors-temps - hors champ même. Le trio sort aujourd'hui un nouveau clip, et le livre en exclusivité sur i-D. Une ballade sur la tranche entre réalité et fantasme ou l'histoire d'un trip dopé à l'amour chimique et son inévitable redescente. Rencontre.

Diane, tu as d'abord étudié aux Gobelins. Comment es-tu passée de la photo à la musique ? Est-ce que ta formation de photographe influence tes créations musicales ?
Je fais de la musique pour moi depuis toute petite. J'avais choisi en sortie de lycée de tenter la photographie car réaliser des images était déjà une passion très forte. J'ai étudié 2 ans aux Gobelins, à côté je "boeufais" avec des potes, j'ai écrit quelques morceaux folk qui m'ont fait faire quelques concerts dans Paris, sans ambition particulière. J'ai arrêté pour me plonger exclusivement dans la photographie. Internet a gardé des traces de sessions acoustiques, c'est en tombant dessus 4 ans plus tard que Mike m'a proposé de passer en studio... Dans le processus de création, les compositions musicales sont un travail indépendant avec Mike et Léo, les images viennent après et en sont inspirées, c'est la coquille superficielle nécessaire à l'entendement de celui qui écoute mais surtout de celui qui va écouter. Mes expériences visuelles par contre, celles qui restent gravées derrière ma rétine, m'inspirent énormément.

Qui sont tes maîtres à penser en photographie ?
Je pourrais ressortir la liste des photographes qui ont influencé notre génération mais je choisirais plutôt de parler de réalisateurs comme Gregg Araki, Lynch ou Antonioni... je ne peux pas mettre le doigt sur des mentors ou influences précis, je m'intéresse et me renseigne, dans tous les arts, mais j'essaie surtout de créer et rester au plus proche de mon propre univers. C'est la vie et les gens autour de moi qui m'inspirent.

Et en musique ?
Pareil en musique quand on me demande qui est mon modèle... Je ne veux ressembler à personne, même si je sais qu'aujourd'hui on n'invente rien d'unique, les gens trouveront toujours quelqu'un à qui te comparer. J'admire beaucoup d'artistes mais surtout pour leur sincérité et leur singularité ! Tant que la musique est bonne, le charisme vibrant ou la démarche intéressante !

Comment s'est faite ta rencontre avec Mike et Leo de Tristesse Contemporaine ?
Je bossais avec eux sur des clips pour Tristesse Contemporaine. J'ai passé pas mal de temps sur du montage créatif avec Mike chez moi. Il y avait une belle entente, et il a vu ma guitare dans le fond de la pièce. On s'est vu dans leur petit studio à Gallieni une fois, puis deux, puis plusieurs fois par mois...

Que reste-t-il de Tristesse Contemporaine dans Camp Claude ?
On nous a déjà dit que Camp Claude est une version solaire de Tristesse Contemporaine... Sûrement! Mike et Léo ont une patte en composition et en production qui est très marquée : je ramène à ça mon énergie, mes mélodies...

Mike et Leo sont plus âgés que toi. Camp Claude présente un large mélange d'influences - pop, garage, new-wave. Comment créez-vous entre ces différents backgrounds musicaux ?
On communique assez naturellement... Je suis une "playlist monster", j'ai besoin d'écouter du son tout le temps. Ils ont des goûts bien marqués mais adorent entendre de nouvelles choses, j'ai des perles (et des guilty pleasures) que je glisse dans le soundtrack de nos backstages ou trajets en caisse... Si quelque chose marque l'un d'entre nous on le partage.

Votre dernier clip déploie une aura très photographique. Parle-moi de sa réalisation ? De ce qu'il représente ?
L'idée qui m'intéressait au premier abord pour ce titre était de pouvoir emmener les personnages dans un monde irréel, entre le rêve, la réalité fantasmée, le trip chimique et la bulle amoureuse, ce dont parle le morceau d'ailleurs. On sait que tout se termine, on ne sait jamais vraiment pourquoi ou quand, ce film est une ode au "high" que l'on peut ressentir et sa destruction progressive, jusqu'à sa disparition en fumée. Pour ce, avec le soutien de Quad, j'ai rencontré Roman Hill qui a filmé les matières que l'on a utilisé dans son labo à San Francisco. J'ai embarqué Ced Jereb avec qui on a bossé le scénario et partagé l'orchestration sur le tournage. Nous sommes partis en petite équipe d'amis, la Normandie nous a montré ses côtés les plus magiques (je m'en remettrais jamais de cette brume infinie à marée basse.) Trois mois de post prod plus tard, le voici.

Quels sont vos projets à venir ?
Nous sommes en train de boucler la prod de nouveaux titres que l'on a composé cet été, un nouvel EP devrait sortir prochainement ! Pour ça je travaille aussi sur la visu, je prépare un nouveau clip avec l'aide du projet Asos Supports Talents, dont j'ai trop trop hâte d'être sur le tournage. Petit "hint": Nouveau Mexique !

Découvrez Camp Claude à la Gaité Lyrique à Paris le 2 novembre 2016.

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