rencontrez la bande derrière la collab nikelab x acronym

Derrière le génie et l’audace de chaque designer, il y a un groupe, une tribu créative. Errolson Hugh, le fondateur du collectif Acronym, nous présente son entourage, source intarissable d’inspiration et d’énergie.

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08 Février 2017, 2:35pm

Errolson n'est pas un designer de mode. Il échappe en tout cas à la signification traditionnelle qu'on a de ce titre. Parce que, derrière le label culte berlinois Acronym se cachent finalement les gestes d'un artiste, d'un ingénieur, d'un inventeur. De quelqu'un qui construit son design en réagissant à notre manière de se mouvoir dans l'espace, le monde ; aux manières qu'ont la technologie et l'environnement d'affecter nos journées. En agissant sur notre modernité. Pour fêter le lancement de NIKELAB AF1 DOWNTOWN X ACRONYM®, la dernière collaboration d'Acronym et Nikelab, une refonte visionnaire de l'indémodable Air Force 1, qui mêle éléments techniques et matières innovantes. Olivia Rose est partie à la rencontre du crew d'Errolson. De ceux qui l'inspirent, lui fournissent l'énergie nécessaire à la création. Une tribu finalement partie intégrante de son travail. Vertueuse, comme Errolson attire les talents créatifs cousins comme un aimant, et répand autour de lui autant qu'il reçoit. Une symbiose comme instrument ultime de l'innovation, la vraie. 

"La plus belle chose, c'est que chaque membre de l'équipe est créatif à sa manière. Quand on travaille tous ensemble sur un projet, des choses nouvelles et imprévisibles ont lieu." Errolson Hugh

Nom ?

William Gibson.

Âge ?

68 ans.

D'où viens-tu ? 

De Vancouver, au Canada.

Que fais-tu ? 

Je suis écrivain, et homonyme officiel de la collection William Gibson de Buzz Rickson.

Comment as-tu rencontré Errolson ? 

On s'est rencontré en 2008, juste avant la naissance du label Veilance d'Arc'teryx. Quelqu'un de chez eux m'avait parlé de ce mec à Berlin, m'avait dit que c'était le génie caché de l'hyper fonctionnel masculin - technique, pensé, urbain. Je me suis immédiatement trouvé une pièce d'occasion sur un compte eBay italien, et je me suis rendu compte que tous ces compliments étaient fondés. Puis finalement, à mon plus grand plaisir, il est venu ici, et on a pu se rencontrer.

Qu'est-ce que tu admires chez lui ? 

Tellement de choses ! Son sens de l'humour à toute épreuve, et tout ce qui touche à son talent de designer, notamment la capacité qu'il a, à savoir s'arrêter au bon moment, à savoir quand une pièce a suffisamment été travaillée. Et puis la discipline qu'il a. Cette manière naturelle qu'il a d'éviter les scandales, les mesquineries et les mesquins qui peuplent parfois l'industrie de la mode. Et ça c'est si l'on considère qu'il évolue dans l'industrie de la mode. J'ai souvent eu l'impression qu'il était dans une phase complètement différente, un autre monde dont le nom nous échappe encore. L'architecture vestimentaire ?

À quel moment as-tu fait la rencontre de ta tribu, du groupe d'amis avec qui tu connectes en termes de création ? 

Au début des années 1960, dans la communauté de fans de science-fiction, puis à la fin des années 1960, parmi les gens qui pensaient et aimaient la musique aussi intensément que moi. Se forger une identité d'une ou plusieurs contre-cultures est important à cet âge-là, et bien après. Mais il est toujours bon de savoir extraire le meilleur d'une tribu et de passer à autre chose. De se balader.

En quoi est-ce important, de se trouver sa tribu ?

Autrement, la solitude peut tuer, je parle en connaissance de cause ! Pour être sérieux, je pense qu'aujourd'hui on parle plutôt d'un aspect du rêve inhérent aux civilisations post-industrielles. On est davantage sur des nations que sur des tribus.

Et en quoi le rassemblement est primordial ?

Parce que cette année, on doit faire face à un retour du fascisme. Un vrai retour du vrai fascisme, qui n'est pas une modalité politique, mais bel et bien une forme de criminalité politisée. Le fascisme est en vue, dans le monde. Donc oui, rassemblez-vous.

Finis cette phrase : la famille c'est… 

à la fois défini par ce que tu en fais, et l'endroit où elle est née. 

Nom ?

Ümit Esbulan.

Ian Wang

Âge ?

Ümit : 30 ans.

Ian : 22 ans

Où vis-tu ? 

Ümit : Je vis à Kreuzberg, à Berlin.

Ian : Berlin. 

Que fais-tu ?

Ümit : Je suis designer à Acronym.

Ian : Je suis graphiste chez Acronym, je suis aussi assistant designer parfois et je m'occupe de la boutique en ligne. 

Comment as-tu rencontré Errolson ? 

Ümit : Un jour je l'ai appelé, pour lui demander si je pouvais bosser pour lui.

Ian : Je lui ai écrit sur Twitter quand j'avais 16 ans pour lui demander de faire un stage. je n'ai pas besoin de vous dire que mes services ne lui auraient pas servi à grand-chose à cette époque. Je ne savais pas vraiment à quoi me destiner. Un an après avoir reçu mon diplôme, je lui ai envoyé un mail juste avant de déménager à Berlin. Nous nous sommes rencontrés et il m'a plus ou moins pris sous son aile. 

Qu'est-ce que tu admires chez lui ? 

Ümit : Son approche du design. J'ai appris tellement de choses depuis que je bosse ici. C'est l'opposé total de ce qu'on m'a appris à l'école. Ça m'a forcé à repenser ma façon de voir les choses, de travailler, de créer.

Ian : J'admire sa voracité et son inflexibilité, sa discipline, sa force et son dévouement. Il a une idée très claire et innovante du design. J'admire sa façon de dépasser les frontières culturelles, disciplinaires et temporelles. Il est très bon pédagogue aussi. Il est devenu un mentor pour beaucoup de jeunes gens sans expérience. Il donne toujours une chance aux débutants. En bref, Errolson a les pieds sur terre, et c'est génial. 

À quel moment as-tu fait la rencontre de ta tribu, du groupe d'amis avec qui tu connectes en termes de création ? 

Ümit : Pour la plupart, je les ai rencontrés à Anvers pendant mes études à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers.

Ian : Chez Acronym, lorsque je suis arrivé en 2014. 

Pourquoi c'est important de se trouver cette tribu ? 

Ümit : Moi, ça m'a aidé à survivre à l'école, clairement. Mais ça m'a aussi permis de m'amuser en bossant sur des projets, et ça c'est vraiment super. Dans un groupe comme ça, on se complète tous les uns les autres. Parce qu'on voit chacun les choses différemment. 

Ian : Une tribu est avant tout un cadre de pensée et de création. Elle permet de toujours rester fidèle à soi-même. Une tribu repose sur des valeurs communes et permet aux individus qui la composent de s'exprimer, de se développer et de grandir. Travailler et collaborer avec des gens que l'on admire et en qui on a confiance est une condition fondamentale pour créer une culture au sens large du terme. 

Pourquoi se rassembler est plus important que jamais ? 

Ümit : Je ne sais pas vraiment pourquoi c'est plus important que jamais, cette année… mais je pense qu'avec tout ce qu'il se passe dans le monde en ce moment, ça ne fera de mal à personne que l'on prenne deux minutes pour prendre une photo de groupe pour fêter un truc aussi léger qu'une chaussure.

Ian : Collaborer est une chose fondamentale. Nous vivons un moment important de l'histoire. Les avancées technologiques sont en train de bouleverser tous les piliers de notre civilisation. Il est essentiel aujourd'hui de prendre un peu de recul, de s'arrêter et de se demander : qu'elle est le but de notre existence ?

Finis cette phrase : la famille c'est… 

La Turquie.

Nom ?

Johanna Schneider

Où vis-tu ? 

À Portland, en Oregon.

Que fais-tu ? 

Je suis directrice du design de la collection sportswear féminine de Nike.

Comment as-tu rencontré Errolson ? 

On s'est rencontrés au salon ISPO à Munich, en 2001. Deux étrangers qui se sont croisés alors qu'ils fuyaient tous les deux les couloirs emplis de bruit, de matos de ski et de snowboard. Après une drôle de balade dans les rues enneigées de Munich avec des amis, et dans sa Subaru Impreza WRX, on est allé visiter son incroyable studio Acronym, au Schloss Nymphenburg Park. Ça a été une expérience très marquante pour moi. Presque une épiphanie, qui a profondément changé ma vision, et réellement influencé ma carrière.

Qu'est-ce que tu admires chez lui ? 

Sa vision, son besoin absolu de créer des produits purs, intelligents, imbattables, implacables. Son honnêteté, sa générosité, la confiance qu'il donne aux gens qu'il aime et respecte. Sa capacité à mêler la minutie horlogère et la direction artistique sensée, tout en restant toujours ouvert d'esprit et attentif aux idées et perspectives des autres. L'intelligence sociale et professionnelle d'Errolson est la fondation même de la perfection et de la magie inhérentes à chacune de ses créations.

À quel moment as-tu fait la rencontre de ta tribu, du groupe d'amis avec qui tu connectes en termes de création ? 

La tribu d'Acronym est une symbiose, une assemblée de personnes au mode de pensée similaire, de créatifs qui se sont rencontrés à des phases et moments de leur vie tout à fait hasardeux. Le genre de coïncidences qu'on ne retrouve que dans les plus belles histoires d'amour.

Pourquoi c'est important de se trouver une telle tribu ? 

Pour se trouver une tribu, un cercle de confiance, il faut d'abord se trouver soi-même. Une fois qu'on se construit la confiance nécessaire, les connexions arrivent d'elles-mêmes, avec des gens qui partagent la même vision, la même passion, peu importe le médium par lequel ils ont choisi de l'exprimer. La tribu, c'est un outil de force, d'émancipation, de confiance et d'authenticité.

Pourquoi se rassembler est plus important que jamais ? 

Pendant les périodes comme celle que nous traversons, le besoin de connectivité, de familiarité, d'interactions personnelles et de confiance se fait de plus en plus prégnant. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de son réseau immédiat. Il est important d'appréhender toute situation avec beaucoup de respect, de lucidité, et toujours être prêt à assumer ses responsabilités.

Finis cette phrase : la famille c'est… 

Un environnement au sens duquel tout est possible. On y partage des moments intenses, de joie, de solidarité comme d'échec ou de confusion. 

Nom ?

Melody Yoko Reilly

Âge ? 

28 ans.

Où vis-tu ?

À Tokyo, à Berlin, à Hawaii.

Que fais-tu ?Je ne suis que mon cœur.

Comment as-tu rencontré Errolson ?

On s'est rencontré et on a dansé ensemble une nuit à Tokyo, à l'occasion d'une fête dont la DJ était une amie commune, Mai.

Qu'est-ce que tu admires chez lui ?

Houlà, par où commencer ? Je suis devenue fan d'Errolson dès notre première rencontre. C'est clairement l'une des personnes les plus talentueuses, créatives, drôles, perchées, passionnées, authentiques, altruistes que je connais. En plus d'être incroyablement sexy. Sa connaissance du design cinétique et ses concepts fous en font un artiste majeur du néo-futurisme. Mais avant tout, j'admire ce qu'il ne met que rarement en avant : son grand cœur.

À quel moment as-tu fait la rencontre de ta tribu, du groupe d'amis avec qui tu connectes en termes de création ?

Ces rencontres se passent généralement de manière très organique. Donc aujourd'hui encore, je continue de rencontrer et de me connecter avec les autres à travers le monde.

Pourquoi c'est important, de se trouver cette tribu ?

C'est ce qui va t'aider à te comprendre toi-même, et à saisir profondément le monde qui t'entoure. Les gens les plus proches de nous sont un reflet de nos qualités. Ils sont, par certains aspects, la lumière et l'obscurité qui est en toi. Ma tribu m'a inspiré en m'inondant d'amour ; elle m'a poussé, m'a aidé à grandir, à devenir la personne que j'étais censée être. Ma tribu, c'est mon âme, ma famille. Je ne sais pas ce que je ferais sans eux.

Pourquoi se rassembler est plus important que jamais ?

Le rassemblement est indispensable à la survie de notre espèce et notre planète. Se rassembler, c'est créer du lien, une connexion humaine pour répandre notre amour à tout ce qui peuple notre univers.

Finis cette phrase : la famille c'est…

L'amour. 

Ken-Tonio Yamamoto

Credits


Photographie Olivia Rose
Stylisme Hanna Kelifa
Hair Marcia Lee at Caren
Make-up Athena Paginton at Bryant Artists
Assistance photographie Rowan Hall
Assistance stylisme Pippa Atkinson
Hair assistance James Parr
Make-up assistance Phoebe Walters
Mannequins Errolson Hugh. William Gibson. Melody Yoko. Johanna Schneider. Ken-Tonio
Yamamoto. Ümit Esbula. Ian Wang.
Diya at Storm. Raith at Supa.
Tous portent des vêtements Nike.

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