marc jacobs printemps/été 2017

Marc Jacobs a triomphalement fermé la Fashion Week new-yorkaise, capturant l'esprit du temps en célébrant les contre-cultures du passé.

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19 Septembre 2016, 11:15am

Marc Jacobs n'était pas d'humeur à donner des interviews ou à jouer les mondanités après son défilé unanimement salué jeudi dernier à New York. C'est parfois mieux de laisser les gens mijoter, et l'ovation qui a suivi le spectacle suffisait à tous les discours. Au sein de l'Hammerstein Ballroom et au son (épique) de Born Slippy d'Underworld, la collection - mi-hippies des années 1970, sexpots des années 1980, grunge des années 1990 et techno girls d'aujourd'hui - a résumé à merveille l'esprit du temps.

« Quand tu marches à New York, tu croise des filles avec très peu de fringues, mais avec de superbes chaussures aux pieds, » expliquait la complice de Jacobs, Katie Grand, après le défilé. « Il y avait quelque chose d'un peu cliché, mais c'est ce que portent les filles en ce moment - dans des couleurs exagérées. » Jacobs et Grand ont créé ce look en commençant par les bottes aux infinies plateformes - au niveau de l'œil du spectateur grâce à la hauteur de la scène du Ballroom - et les couronnes de dreadlocks multicolores en guise de contrepoids. « Normalement, quand les gens bossent aussi dur sur des choses précises, le milieu semble un peu fade et hors-propos, mais Marc voulait que ce soit vraiment fort. Il peu de vêtements, mais des pièces très, très chargées. »

Le résultat était court - très court - et il le fallait. Comme une réaction au long défilé goth de la saison dernière. Katie Grand raconte : « On s'est dit qu'on allait s'inspirer des clubs, lâcher une collection étourdissante de couleurs. En regardant les silhouettes il semblait évident qu'on allait devoir faire très court. » À l'heure des courbes de Kim Kardashian et des pop stars qui montent sur scène en sous-vêtements, la collection a frappé fort et au bon endroit. C'était un retour bienvenue - et inattendu - à la tenue de pouvoir basée sur les accessoires des décennies précédentes, quand les femmes concevaient leur tenue à partir de leurs chaussures, de leur sac à main ou de leur coupe de cheveux - et pas dans le sens inverse. Et en ce sens, ce défilé n'était pas « simplement » génial et beau. Il présentait surtout quelque chose de nouveau. 

Credits


Texte Anders Christian Madsen