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      musique Antoine Mbemba 13 juillet 2017

      vendredi sur mer, quand l'électro-pop française fait de la prose

      On a rencontré Charline Mignot, chanteuse de Vendredi sur mer, pour lui dire qu'on adore son electro-pop minimaliste et le clip rétro-futuriste de « La Femme à la Peau Bleue ». Et aussi pour lui poser quelques questions.

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      « Mais qui est la femme à la peau bleue ? » pourrait être le nom d'un film. Ça a le même rythme que Le mystère de la chambre jaune ou Mais qui a tué Pamela Rose ? C'est aussi intrigant que le premier, et hautement plus artistique que le deuxième. Et c'est la question qu'on a posée, entre autres, à Charline Mignot, la jeune chanteuse de « La Femme à la Peau Bleue ». Elle qui à seulement 22 ans s'est déjà façonnée un univers tout à elle, onirique au possible et qui porte le nom ensoleillé de Vendredi sur Mer. Sur ce choix, elle explique : « Je ne voulais pas utiliser mon nom et mon prénom pour la chanson car c'est quelque chose qui est à part dans ma vie, même si aujourd'hui ça prend beaucoup de place. Je voulais vraiment créer un nouveau personnage et un univers différent. Je voulais quelque chose de poétique et qui permettait d'envisager un voyage musical. J'ai fait travailler mon imagination et j'en suis arrivé à ça. La mer représente l'inconnu et la plénitude en même temps, donc c'était en accord avec mon projet. »

      C'est en tout cas l'idée qu'on se fait de l'instant de bonheur traduit par sa musique. C'est en 2015 que Charline est révélée au grand public, avec un premier single, Mort/Fine, qui marque déjà l'identité du projet : une souplesse électronique qui sert d'appui à une diction chantée-parlée monocorde et entêtante ; une histoire racontée en vers ciselés, une poésie récitée en une simplicité qui fait écho aux envolées du synthé. « Tout est basé sur les paroles et peut-être que c'est effectivement une forme de réappropriation de la poésie, explique la chanteuse. Je ne pense pas qu'il y ait forcément besoin de faire de nombreuses variations vocales ou des notes très hautes, le texte est primordial et c'est ce que j'essaye de retranscrire. » C'est ce qu'elle a fait depuis Mort/Fine, en se manifestant de manière sporadique mais toujours évocatrice et puissante.

      Une priorité donnée au texte qui n'a rien d'innocente. « La musique, c'est arrivé un peu par hasard, mais j'ai été baignée dedans depuis que je suis toute petite. J'ai commencé à écrire il y a quatre ou cinq ans, j'écrivais des textes sans avoir pour but d'en faire des chansons. Un jour j'ai demandé à un ami de me faire une production pour faire une mini chanson, puis j'ai rencontré mon manager actuel, Paul Andrieux, par hasard, alors que j'exposais mes photographies. Il avait déjà entendu ce que j'avais fait et on a décidé de monter un projet tous les deux, tout est parti de là, un peu par hasard. » Un sens des choses que l'on ressent en écoutant Vendredi sur Mer. La musique est au service des paroles, mais l'équilibre des deux reste savant. Et oui, Charline Mignot fait aussi de la photo. Elle est de cette génération qui touche à tout et le fait avec une aisance aussi insolente qu'admirable. Et qui du coup, se sert de cette double passion pour infuser le meilleur à l'esthétique de Vendredi sur Mer.

      « Pour le clip du morceau « La femme à la peau bleue », j'ai choisi moi-même la réalisatrice, Alice Kong, parce que j'aimais son univers et qu'il correspondait au mien. Il est vrai que j'ai un rapport particulier à l'image, je fais des photos tous les jours, c'est ma première passion. J'ai laissé carte blanche à Alice pour le scénario, je lui ai fait confiance sur tous les points. Je pense que ça lui a fait plaisir et que ça l'a aidé à donner le meilleur d'elle-même. Mais il est effectivement important pour moi de transposer ma musique en image, j'avais reçu pas mal de propositions et je me retrouvais face à des clips relativement banals et qui se ressemblaient tous. J'étais un peu frustrée et quand j'ai contacté Alice je lui ai demandé de me faire une sorte de court-métrage, une retranscription cinématographique de la chanson. Je lui ai dit que l'important était que les gens puissent aller voir le clip sans même écouter la musique, je voulais que ce soit une histoire presque à part. »

      Mais finalement, cette femme à la peau bleue, muse de la chanson du même titre sortie en avril dernier, on en parle sans vraiment trop savoir qui elle est...  « Cette chanson raconte une histoire que j'ai vécue au cours d'une soirée, j'ai retranscrit ça sous une forme plus poétique et imaginaire. C'est une rencontre qui a marqué ma vie pendant un certain temps et je ne voulais pas en faire une chanson qui aurait simplement rapporté ce qui s'est passé, je voulais rendre cela plus onirique. Il y a aussi un rapport à l'éphémère, qui comprend cette rencontre et ce moment. Le clip est aussi en rapport avec cela. C'est une façon de dire que je suis arrivé là par hasard et que je ne sais pas pour combien de temps je ferais de la musique. Il y a un perpétuel renouveau dans le monde de la musique, donc voilà, ce morceau illustre le rapport à l'éphémère. » On espère que l'éphémère ne s'applique pas, ou bien pas tout de suite, à Charline. On est bien avec elle, le vendredi, à nager dans sa mer. 

      Crédits

      Texte : Antoine Mbemba

      Photographie : Jehane Mahmoud

      Stylisme : Xenia May Settel

      Assistante stylisme : Ewa Kluczenko

      Coiffure : Chiao Chenet

      Make-up : Aya Fujita

      Production : Mayli Grouchka

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      Tags:musique, vendredi sur mer, la femme à la peau bleue, profil de face records, alice kong

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