24 heures à milan avec arthur arbesser

"Countdown to sundown*" est une initiative d’i-D et Ma Terrazza autour de l’apéritif à travers le monde, mettant à l'honneur ses adeptes les plus créatifs. Aujourd’hui, nous retrouvons le créateur Arthur Arbesser dans son studio milanais. En...

par i-D Staff
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24 Août 2016, 5:00pm

Il n'était encore qu'un adolescent obsédé par Helmut Lang, dans sa ville natale à Vienne quand Arthur Arbesser rêvait déjà de devenir créateur et réalisait que la mode serait sa vie. Après de prestigieuses études à la bien-nommée Central Saint Martins, Arthur s'est installé dans la bouillonnante ville de Milan (il officiait chez Armani avant de prendre la direction créative d'Iceberg) où il travaille et vit depuis 11 ans. Arbesser est tombé sous le charme de la ville et sa culture. Surtout celle de l'aperitivo- Arthur Arbesser y retrouve ses collègues pour se détendre après une journée d'acharnement. Nous l'avons rencontré pour en savoir plus sur son parcours, sa définition de l'apéro et la ville qu'il considère comme sa maison.

Tu vis à Milan depuis 11 ans maintenant. En quoi cette ville t'inspire ou t'influence au quotidien ?

Lorsqu'on est étranger, à Milan ou ailleurs, on a tendance à être plus attentifs aux détails qui nous entourent. Certains disent que la beauté de Milan n'égale pas celle de Rome, Florence ou Venise - il suffit d'être attentif pour comprendre et apprécier sa beauté à sa juste valeur. L'architecture milanaise a quelque chose d'ostentatoire, d'effronté que j'adore. J'ai toujours été curieux de nature et mon gout naturel pour les jolies choses m'a poussé à chercher mon inspiration ailleurs que dans la seule sphère de la mode.

D'où te vient cette curiosité ?

Enfant, tandis que j'étais à Vienne, l'art était partout - mes parents m'emmenaient voir toutes les expositions et les foires possibles - et la curiosité a toujours été intrinsèque à mon mode de vie, mon éducation. Je suis de nature sociable donc j'apprends beaucoup des conversations avec les gens - un copain qui me parle d'une expo, quelqu'un que je devrais voir ou rencontrer… Il suffit que je sorte boire un verre ou diner pour que ma curiosité me pousse à aller plus loin.

Comment es-tu arrivé jusqu'à Milan, depuis l'Autriche ?

Dans les années 1990, j'ai lu beaucoup de choses sur McQueen, Galliano et Stella McCartney à Londres. Tous les journaux parlaient d'eux à l'époque et c'est comme ça que j'ai compris que créateur de mode était un vrai métier. Dès mes 12 ou 13 ans, je savais que c'était ce que je voulais faire de ma vie. Le bouillonnement de la scène fashion londonienne m'a poussé à y vivre et c'est comme ça que tout a commencé. Je n'étais qu'un ado quand j'ai pris la décision de faire de la mode. Helmut Lang avait ouvert sa première boutique à Vienne et s'y était installé - j'étais très jeune et je dépensais tout ce que j'avais d'argent de poche dans ses t-shirts. Alors oui… J'ai toujours été un geek de la mode.

Après un diplôme de la Saint Martins en poche, en 2005, j'ai rejoint l'Italie et l'équipe Armani. C'est un endroit où l'on se sent comme coupé du monde. Il existe une vraie "bulle milanaise". Il faut savoir s'en extirper parfois mais on s'y attache très vite.

Qu'est-ce qui te plait le plus dans Milan ?

Ma bande d'amis, dans un premier temps. Milan est la ville parfaite pour rencontrer des gens. C'est une ville sociale, dans un sens. Mais ce que j'aime le plus chez elle, c'est son côté brouillon. Rien à voir avec Paris, New York ou Londres. Je me rappelle que mes amis n'y croyaient pas, lorsque je leur ai dit que je m'installais à Milan. Tout le monde me disait que je détesterais l'ambiance. Après quelques mois passés là-bas, avec d'autres étrangers comme moi, tout le monde tchatchait avec les locaux, très naturellement. Je suis tombé fou amoureux de Milan, les autres aussi.

Qu'est-ce qui a changé, depuis que tu es arrivé à Milan ?

Depuis deux ans, la ville bouge beaucoup plus. Elle se réveille un peu - s'ouvre à l'international, devient plus tolérante à l'égard des étrangers. Pour autant, Milan reste très italienne. Il y a peu d'endroits au monde qui sont restés intègres à leur culture. Le monde s'homogénéise, les cultures se globalisent. Donc je suis touché de voir que certaines villes gardent leur force de caractère, leurs traditions - la manière de dire bonne nuit, de faire de l'excellent café, le gout des choses bien faites. Toutes ces petites choses qui donnent à Milan et ses habitants le charme intrinsèque à leur culture.

Si je débarquais à Milan aujourd'hui, je m'y sentirais comment d'après toi ? Comme toi ?

Oui oui oui ! Milan n'est que beauté, plaisir et amour. On le remarque tout de suite. Enfin, ça doit dépendre un peu du caractère de chacun - je suis très sociable pour ma part et j'ai très vite été dans le bain. Je m'y suis senti comme à la maison.

À quoi ressemble la vie nocturne milanaise ? Est-elle semblable à celle de Londres ou Vienne ?

À Milan, tout est plus simple. Parfois c'est un peu plus cheezy aussi mais jamais prétentieux ni guindé. C'est moins agressif que la plupart des lieux londoniens. Les gens se prennent moins la tête.

À quoi ressemble un aperitivo réussi, selon toi ?

La soirée parfaite pour l'aperitivo commence dans un bar milanais dont je suis habitué, le Local. Mes amis et moi vivons tout près et puis nous connaissons bien le gérant, Mauricio, et ses serveurs, comme Georgio - tout le monde s'embrasse et s'enlace à l'entrée. J'adore connaître la vie de ceux qui détiennent un bar ou un restaurant, écouter leurs histoires de cœur et leurs aventures.

Et le meilleur after ?

Un diner, qui dure toujours l'éternité. Pourquoi pas une virée dans notre club préféré - sans prétention mais très agréable, avec des gens d'horizons très divers. Les gens que je connais à Milan bossent tous très dur la semaine mais ils n'abandonneraient l'aperitivo pour rien au monde.

Regardez Countdown to Sundown en compagnie de Jack Guinness et Arthur Arbesser.

Vous pouvez aussi lire les 24 heures avec Yoji Tokuyoshi sur Munchies. *Countdown to sundown = jusqu'au coucher du soleil.

Credits


Photographie : Tassali Calatroni