13 films d'horreur pour halloween (et un bonus)

i-D a dressé sa liste (tout à fait subjective) des films d'horreurs qui ont fait l'histoire du cinéma d'épouvante – de "Carrie" à "It Follows" en passant par "The Visit". Plus besoin de vous creuser la tête pour préparer votre soirée. Éteignez les...

par VICE Staff
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31 Octobre 2016, 10:05am

Bon, on ne va pas se mentir, Halloween, c'est souvent nul. Passé quelques années, il est compliqué de s'éclater avec du plâtre sur le visage, des faux doigts de sorcière en caoutchouc qui pue et du ketchup dans le cou. A moins d'être saoul. Très saoul. Pour les moins téméraires ou ceux qui ont abandonné, il reste donc une solution simple : éteindre les lumières et mettre un DVD. Et comme choisir un film - Halloween ou pas - reste une immense source d'angoisse pour la plupart d'entre nous, on a décidé de vous simplifier la tâche en vous proposant 13 films d'horreur incontournables (et un bonus). Il y en aura pour tous les gouts : des zombies lents ou rapides, des jeunes filles qui montent se cacher à l'étage (mais pourquoi ???), des vampires mimi-méchants, des loups garous et des nerds assoiffés de vengeance. Joyeux Halloween à tous.

La Maison du Diable

Dites bonjour à l'un des films les plus dérangeants du monde. Une chose est sûre, son scénario est des plus efficaces et son twist, infaillible. Une jeune étudiante se retrouve à baby-sitter une vieille qui émet des bruits étranges depuis son grenier. La suite s'enchaîne selon une mécanique sataniste impeccable qui aboutit à une scène de vengeance de haut vol. L'héroïne, prise au piège, ne s'en sortira pas un indemne et repartira même avec un petit cadeau empoisonné dans le ventre.

It Follows

Il est un peu LE le film d'horreur de notre génération. Le réalisateur du film It Follows, David Robert Mitchell, a pris le parti d'épurer le film de zombie classique pour en retirer la dimension mi-horreur mi-tartuferie propre au genre et se concentrer sur une esthétique super léchée, un déroulement sans précipitation et sans failles. Détroit n'a jamais été aussi belle, l'adolescence aussi tourmentée, le sexe, aussi funeste.

Morse

Ou l'art de rendre un vampire bestial et sanguinaire (presque) mignon. Réalisé par le suédois Tomas Alfredson, Morse se déroule dans une banlieue calme et enneigée - quasi immaculée - où un petit garçon fait la connaissance d'Eli, une jeune fille au teint franchement blafard et aux dents bizarrement aiguisées. Survenu en pleine saga Twilight, Morse représente l'autre versant des films de vampires, sans chichi, gros effets, crucifix ou rituel obscur. Niveau scénario, l'histoire d'amour qui se joue entre les deux protagonistes est aussi enfantine que touchante, aussi naïve que sincère. On relèvera également la maitrise des silences et des longs plans qui laissent la part belle aux élans sauvage d'Eli. Un film d'horreur mimi et cruel en somme.

Shining

On ne pouvait décemment pas dresser cette liste sans passer par Shining. Chef-d'œuvre signé Kubrick et inspiré du roman de Stephen King, Shining a également sacré Jack Nicholson en père de famille timbré. Tout se déroule dans un hôtel isolé, vidé de ses visiteurs et dont la garde est confiée à Jack Torrance et sa famille. Ah oui, le plus important, ledit hôtel est bien entendu hanté par les fantômes d'une autre famille qui y a péri. Outre une mise en scène et des tableaux hyper maîtrisés, le film maintien une tension insoutenable, une descente lente et douloureuse vers la folie qui vous tiendra inévitablement en apnée. Respirez bien fort avant de commencer. Prévoyez un petit xanax pour après.

La Nuit des Morts-Vivants

Film culte signé Georges Romero, La Nuit des Morts-Vivants sorti en 1968 forme un tournant majeur dans le genre zombie et le cinéma en général. Une caméra quasi amateur, un héro noir, des morts vivants tout à fait recevables et un réalisme brutal. Pour ceux peu sensibles au noir et blanc, la version de 1990 assurée par Tom Savini n'est pas mal non plus. L'un comme l'autre rappellent les premiers fantasmes zombie, loin des morts-vivants hyper rapides et surpuissants que l'on représente aujourd'hui (comme dans 28 jours plus tard par exemple). Dans La nuit des Morts-Vivants, les zombies sont lents, agonisants, dégoulinants. Ils en deviennent presque inoffensifs. J'ai bien dit presque.

REC

Filmé façon caméra emportée, REC est un peu le rejeton (réussi) d'un Blairwitch. Il faut aussi que je vous avoue que j'ai rarement autant flippé au cinéma. Pourtant, REC ne fait certainement pas partie des films les plus insoutenables du cinéma d'horreur. Mais on comprend très vite que tout (ou presque) est perdu d'avance. Tourné comme un huis clos, le film explore le genre zombie mais en extrait toute la partie courses interminables et espoirs d'échappatoire. La fin est indescriptible tant le réalisateur semble nous dire : "démerdez-vous avec ça." Bon, il vous faudra quelques minutes pour vous faire à la langue espagnole mais croyez-moi, la peur n'a pas de langue maternelle.

Suspiria

Signé par le grand Dario Argento, Suspiria est un polar sanglant qui déploie un style baroque et chic propre au cinéma italien. Argento soude des tableaux magistraux les uns avec les autres, magnifiés par une BO remarquable. Une histoire de sorcière maléfique, des références fantomatiques, une aura ésotérique qui se résolvent qu'après une longe (très longue) trajectoire semée d'embûches et de meurtres.

Le Loup Garou de Londres


Le simple fait que ce film soit signé par John Landis, le réalisateur du clip court-métrage Thriller de Micheal Jackson, devrait suffire à vous convaincre d'en faire le film de votre Halloween. On y retrouve les yeux jaune fluo et exorbités, les looks eighties et les effets spéciaux à la fois hyper risibles mais aussi incroyablement bien réalisés pour l'époque présents un an plus tard dans Thriller. Et surtout - surtout - une scène inoubliable dans laquelle l'un des protagonistes, Jack, se transforme en loup-garou : son corps s'étend, se brise, se métamorphose douloureusement pendant deux longues minutes et quarante secondes. Fascinant.

The Visit


Je vous conseille grandement de finir votre soirée Halloween avec The Visit. Si vous avez abandonné le genre épouvante depuis un moment, il sera également parfait pour vous remettre dans le bain. Un frère et une sœur se rendent chez leurs grands-parents pour un week-end - une mamie tarte, un papi bricolo, jusque-là tout va bien. Mais dès la première nuit, le comportement schizo et complètement obscène de mamie laisse présager une suite épouvantable. Dans la lignée de films comme Shaun of the Dead , The Visit se pose à la charnière entre la comédie et le film ultra flippant. Un humour latent s'y étale, essentiellement porté par le jeune acteur Ed Oxenbould qui parvient à dédramatiser les moments les plus hard.

Carrie

Ou la recette inratable pour faire de votre enfant un psychopathe. Une mère religieuse et cinglée, des ados pré-pubères insupportables et un manque d'intégration alarmant. Carrie, en plein sursaut hormonal, est au bout du rouleau. Au fond, on aime un peu tous le personnage de Carrie en ce qu'elle a vengé pour des siècles et des siècles tous les nerds persécutés du monde entier par des pom-pom girls ultra méchantes et bien trop sûres d'elles. Son émancipation meurtrière en deviendrait presque jouissive tant son histoire est injuste. Humiliée, Carrie transforme le bal de promo de son lycée en un véritable bain (océan même) de sang. Et on adore. Dans le même genre, mais différent, on peut également vous proposer The Loved Ones. Le trailer vous expliquera tout.

L'Exorciste

On se passera de commentaires.

Mirrors

Dans Mirrors, Alexandre Aja épuise le thème du miroir, si cher au cinéma d'horreur. Objet fétiche des cinéastes de l'angoisse, le miroir prend souvent la forme d'un espace transitoire entre l'ego et le surmoi où surgissent nos pulsions les plus enfouies. Après la Colline à des Yeux - incontestablement le film d'horreur le plus hardcore de l'histoire du cinéma - Aja se calme (un peu) et présente un film très bien produit aux effets spéciaux époustouflants. Un flic alcoolique devient agent de sécurité dans un grand magasin abandonné, jonché de miroirs. Très vite, son reflet s'émancipe et le hante jusqu'à ce qu'il en devienne carrément la proie. Un phénomène qui finit par toucher les gens qu'il aime et le porter au bord du gouffre.

Haute Tension

Un film comme on les aime impliquant une jeune fille (Cécile de France) coincée dans une chambre en haut d'un escalier tandis qu'un meurtrier pénètre la maison. Planquée sous un vieux lit, la jeune femme échappe au tueur… pour quelques minutes seulement. Le duo Cécile de France et Maïwenn fait du bien tant il est rare de voir des actrices françaises incarner le cinéma d'horreur. Enfin oui, vous me direz "t'as oublié Adjani !" sauf que là, les actrices à l'écran ne tombent pas irrémédiablement dans l'hystérie féminine, et ça fait du bien. Le film est très bien déroulé, le gore un poil trop poussé, mais il présente le scénario-piège classique dont on ne saurait se lasser.

Et comme promis, un bonus : Cube

Un petit bonus pour la route. Parce qu'en fait on ne peut pas véritablement ranger Cube parmi les films d'horreur mais voilà, il fait partie des films les mieux construits qui soient. En fait toute l'horreur du film tient dans le silence et l'incompréhension : 6 personnes se retrouvent prisonnières d'un immense Rubix Cube opaque composé de milliers de salles carrées piégées. Une sorte de Koh Lanta futuriste, avec des participants au moins aussi égoïstes et hypocrites que les participants au jeu télévisé. Sauf que là, la menace ne se résume pas à tomber d'un pilonne dans une eau turquoise mais plutôt de se faire découper en morceaux par une machinerie gigantesque et glaciale. Vous n'en sortirez jamais.

Credits


Photo : Image de Suspiria de Darion Argento
Texte : Micha Barban-Dangerfield et Lucie Bourdeu

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