vetements arrête de défiler

Depuis Zurich, Demna Gvasalia a déclaré être « ennuyé » par le système actuel des défilés et souhaite plonger Vetements dans un « coma artificiel ».

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juin 2 2017, 9:50am

Ils ont fait le tour. « J'en ai eu marre, a déclaré le créateur à Vogue, au téléphone depuis Zurich où il vient de déménager le siège de Vetements. Je pense qu'on doit commencer un nouveau chapitre. Les défilés de mode ne constituent plus un outil vraiment pertinent. On a fait le défilé dans le sex club, le restaurant, l'église. On a avancé le calendrier, on a montré les collections homme et femme ensemble. C'est devenu répétitif et épuisant. On refera quelque chose quand on en aura besoin. Ce sera comme une surprise. »

En à peine cinq ans et avec une impétuosité folle, Vetements a tout défoncé sur son passage. La fête est finie ; on est à court de jouets, et les anciens ne font plus rêver. Le créateur a aussi confié avoir « changé de lifestyle ». Loin des clubs parisiens et au plus proche de la nature, le créateur médite, fait du sport et profite de la quiétude suisse et de la communicante bonhomie de ses habitants. Celui qui s'était fait l'étendard, sans doute malgré lui, d'une société sur-connectée (fascinée par une avant-garde et des contre-cultures qu'elles n'ont jamais connues) refuse de continuer à endosser le rôle du révolutionnaire à capuche. « En cinq ans, tout est allé si vite, ça a commencé à devenir autre chose. Je veux ramener la marque là où on avait commencé. Les hoodies oversized, c'est fini !» a expliqué le créateur à Vogue.

La marque continuera à produire et présenter des collections toutes les saisons. En juin, à Paris, l'homme sera simplement présenté dans leur showroom - « On a invité un jeune groupe qui vient de Vienne à jouer, c'est tout! » Le créateur tient à ce que ces présentations redeviennent de véritables expériences et non de la nourriture pour comptes Instagram : « Je voyais tout le monde filmer avec leur écrans. J'ai réalisé que 80 % des vêtements n'étaient pas vraiment vus ou compris. Et ça coute tant. Impossible de faire un show pour moins de 25 000 euros. Ca revient à près de 100 000 avec le lieu. Il y a des marques en ce moment qui font des shows qui coutent des millions. Je trouve que c'est du pur gâchis. » Bref, Vetements continue à dénoncer les absurdités du système de la mode. Ne vous inquiétez surtout pas, Zurich ou Paris, randonnées ou soirées en club : Vetements continue à faire du Vetements.