fatal walima, le dernier né de la bande afrobeat de cergy

Le Dj et compositeur livre à i-D son premier clip en exclusivité. L'histoire d'une créature volante et 3D qui se déplace sur fond de techno afro.

par i-D Staff
|
24 Mai 2017, 12:50pm

À 21 ans à peine Fatal Walima, Youssouf Beny de son vrai nom, vient de sortir son premier EP Azraq Vision sur le label [Re]sources. Un très fin mélange de sonorités afro house, grime et techno. Enfant de Cergy, Fatal Walima a grandi au sein du collectif YGRK KLUB avec comme compagnons de route les surdoués Bamao Yendé, Sottoh ou encore le duo Frontal. Il livre aujourd'hui son tout premier clip, Swan, en exclusivité sur i-D. L'histoire improbable d'un personnage 3D bleu hyper bizarre traqué à l'Iphone dans le monde entier.

Peux-tu me parler de ton éducation musicale ? Sur quels types de sons as-tu grandi ?
J'ai grandi avec beaucoup de musiques différentes. Avec mes parents, il y avait un peu de rock, de la chanson française et beaucoup de musique arabe. Ce sont des sons qui m'ont beaucoup accompagné petit, que j'ai un peu mis de côté ado et que je redécouvre depuis. J'adore écouter de la musique arabe avec ma mère, on danse dans notre salon et elle me raconte les histoires et légendes des grands artistes du monde arabe. Aussi, avec mes potes, j'ai toujours beaucoup écouté de hip-hop, un peu de pop puis plus tard de la musique électronique.

Tu viens de sortir un premier EP. Qu'est ce qu'on retrouve dedans ? Comment le décrirais-tu ?
Mon premier EP Azraq Vision est sorti chez Resources. Il est clairement orienté pour le club et chacun des trois morceaux exprime une facette de la musique que j'aime en club. Ces trois titres partent d'un point commun mais sont développés dans des directions larges. Ils correspondent à des énergies différentes tout en ayant la même ambition, à savoir faire danser. Je pense qu'il s'agit d'un EP qui présente bien ma musique club et mes influences. Il y a des remix de Douster, Joseph Marinetti et Tarquin inclus dans le projet. Ils m'influencent depuis un moment et sont à l'image de ce qui me fait danser. Finalement c'est un bon EP pour apprendre à me connaître; visuellement aussi, avec la cover et le clip de Swan.

Tu sembles avoir des influences afro et assez grime aussi, des répertoires plus UK que français…
Je suis très influencé par la musique qui vient d'Afrique. Ce sont des sonorités qui me font danser direct et dont je suis très inspiré, pour les percussions par exemple. La musique Africaine est tellement présente chez les producteurs d'aujourd'hui, et intrinsèquement liée aux musiques électroniques. À un moment, je retrouvais surtout ces sonorités chez des producteurs et labels anglais mais aujourd'hui je les retrouve de plus en plus partout. Récemment, j'ai rejoint le mouvement Bérite Club Music; avec Teki Latex; et j'ai pu me rendre compte de l'importance des sons afro chez beaucoup de producteurs français. Après c'est vrai que la musique breaké a une place plus petite ici comparé à l'Angleterre mais je suis optimiste, les choses sont déjà en mouvement. Pour ce qui est du grime c'est différent, c'est une musique vachement rattachée à sa localité. J'ai découvert le grime il y a 3, 4 ans et ça m'a ébloui. Il y a une énergie folle entre les mc et les prods. Il y a un sens du rythme qui m'influence beaucoup et une grande diversité dans les sons et mélodies.

Tu crées aussi au sein de YGRK KLUB. Que représente ce crew pour toi ?
Le YGRK KLUB est un projet vraiment important pour moi. C'est un collectif qu'on a créé avec une dizaine de potes et avec lequel j'ai eu beaucoup de première fois. Je sortais à peine du lycée quand on a commencé, je ne connaissais pas grand-chose et j'ai tellement appris et rencontré de gens avec le YGRK. Et puis ce crew c'est mes potes les plus proches, ceux qui m'ont toujours accompagné et avec qui je continue d'avancer. Beaucoup sont présents dans mon clip (d'ailleurs j'en profite pour les embrasser!). On était sans expérience mais on a réussi à faire de beaux projets ! Et puis c'est grâce au YGRK que des projets comme Boukan Records existent. Aujourd'hui on crée moins sous le nom YGRK mais ça reste présent en nous et on est ensemble quoi qu'il arrive. D'ailleurs, un projet assez chaud va arriver, avec toute l'équipe. Il s'agit d'un film de Manon Vila à Cergy et on préviendra tout le monde quand ce sera prêt !

Tu penses qu'il est plus simple aujourd'hui de créer en communauté ?
Difficile de répondre, je pense que ça dépend des situations. Personnellement ça m'aide d'avancer avec un groupe, d'avoir des discussions où plusieurs visions se mêlent même si au final je crée surtout seul. Aujourd'hui c'est assez simple de se regrouper, de s'organiser en bande, notamment avec internet où l'on peut discuter et créer avec à peu près tout le monde. Mais j'ai aussi vu des gens créer en communauté et ne pas tenir longtemps. Parfois, certains se regroupent pour les mauvaises raisons ou trop rapidement, c'est important de prendre le temps.

Tu viens de Cergy toi aussi ? Quel est ton rapport à cette ville ? Il semble que les choses bougent beaucoup là-bas ...
Cergy m'a vu naitre et grandir, je suis hyper content de ça. C'est une ville équilibrée je pense, à la fois grande et petite, active et calme, avec quelque chose de séduisant. Je n'aurais pas trop aimé grandir à Paris et en même temps c'est cool parce que la capitale est juste à côté donc j'en profite. Cette ville est inspirante, d'ailleurs, quand on a créé le YGRK KLUB, c'était aussi un moyen de déclarer notre amour pour notre ville. Sinon c'est une ville qui marche assez bien culturellement, il y a beaucoup de projets et de lieux que ce soit pour la musique, le théâtre ou même l'art numérique. Il y aura toujours plus à faire mais effectivement ça bouge beaucoup ici et ça ne m'étonnerait pas qu'on entende de plus en plus parler de Cergy !

Qu'est ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
Je travaille sur un deuxième EP pour le club et des prods de rap. Je produis aussi de plus en plus de musique mélodieuse et lente, proche de la musique au cinéma. Il y a aussi des projets en dehors de la musique. Je n'en dis pas plus par superstition mais inch'allah tout ça verra le jour. En gros vous pouvez me souhaiter de pouvoir montrer tout ça bientôt et de continuer d'avancer avec les gens que j'aime ! Moi je vous souhaite de poursuivre et d'aller toujours plus vers ce qui vous émeut.

Découvrez l'EP de Fatal Walima ici.

Tagged:
Clip!
exclusivité
azraq vision
fatal walima
swan