les meilleures vidéos de skate des années 1990 (ou de tous les temps)

i-D est reparti 20 ans en arrière et s'est replongé dans les archives des vidéos de skate qui ont marqué la décennie 90 – bonne route.

par Oliver Lunn
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04 Mars 2016, 10:00am

La culture skate d'aujourd'hui s'imprègne de l'esthétique d'hier. Elle prend ses racines dans les nineties, l'époque torride qui a vu naître le Kids de Larry Clark et l'ascension des vidéos de skate tournées à l'arrache, avec les plus grands skateurs de la décennie. La plupart des kids qui skatent aujourd'hui n'ont pas connu cette ébullition. Mais ils vénèrent encore ce passé, portent des sweats Palace et matent encore aujourd'hui des vidéos de skate enregistrées format VHS. i-D est reparti 20 ans en arrière et s'est replongé dans les archives des vidéos de skate qui ont marqué la décennie 90 - bonne route. 

Memory Screen (Alien Workshop, 1991)

La toute première vidéo du label Alien Workshop est probablement l'une des plus trippantes au monde - et un hommage au skate rarement égalé. Pas étonnant qu'Harmony Korine se soit inspiré de Memory Screen pour façonner son sublime et adolescent Gummo et et l'infuser de son esthétique négligée. 

À l'époque, cette vidéo prenait la forme d'un manifeste avant-gardiste et artistique malgré elle plus qu'elle ne mettait à l'honneur le crew de Bo Turner, Rob Dyrdek et d'autres skateurs de renom. Peut-on seulement imaginer un label sortir une vidéo aussi audacieuse (et délirante) en 2016 ? Des sauterelles, une bombe prête à exploser, une église et la guitare de Dinosaur Jr. (le groupe le plus en place pour sublimer les vidéos de skate des nineties). Bref du skate aussi expérimental qu'abstrait. Le tout se présente comme un vieux rêve qu'on essaierait, le matin, de recomposer à moitié endormi. La plupart des vidéos de skate qui flirtent avec l'expérimental ont une dette envers Memory Screen.

Video Days (Blind Skateboards, 1991)

Dans le Kids de Larry Clark, Video Days passe à la télé tandis que Justin Pierce et sa bande s'esclaffent sur le canapé. On y voit Mark le Gonz, artiste et skateur pro en place sur sa planche, se frayer une voie entre les voitures. Le terrible Spike Jonze (Her, Dans la peau de John Malkovich) était le génie caché derrière cette vidéo. Aujourd'hui, Video Days, c'est un peu le Citizen Kane des vidéos de skate - toujours en tête des classements des meilleures vidéos de skateboard. Tout statuer rêve de devenir The Gonz : skater librement, avec classe et un sens aigu du hors-piste. Le skate n'a jamais été aussi libre. Et puisqu'on est toujours dans les années 1990, ça vaut bien une petite bande-son signée Dinosaur Jr. 

Love Child (World Industries, 1992)

Love Child est une vidéo emblématique de la décennie 90 : elle encapsule le meilleur des skateparks de l'époque, l'Embarcadero (EMB) à San Francisco. Le légendaire spot de skate tient sa renommée de sa réputation sulfureuse. Sa surface, ardue à skater et les sales gosses qui la ridaient l'ont rendus immortel. Les provinciaux qui s'y rendaient se faisaient tacler et malmener par les skateurs locaux. Le film expose également la conscience vestimentaire collective propre au skate des nineties qui conduisait ses adeptes à porter uniquement des baggy ou des cargos. Quand on regarde Love Child en 2016, ce qui nous frappe c'est son incroyable légèreté. 

Underachievers: Eastern Exposure 3 (1996)

On retourne sur la East Coast avec Eastern Exposure 3. Quand les skateurs s'apprêtent à rider "cette bonne vieille côte" comme il se doit. L'apothéose de cette vidéo survient quand Ricky Oyola entre en scène. Il ride les maisons du quartier, skate à travers route, sur un gros son de Metallica. Mais ne vous inquiétez pas, Dinosaur Jr. a encore posé sa patte sur la vidéo. 

Mixtape (Zoo York, 1997)

Dans la vidéo Palace Gangbanging At Ground Zero, fait ressurgir l'esprit nineties de la Zoo York mixtape (du célèbre collectif de skate new-yorkais, Mixtape). En plein Big Apple, Rory Milanes skate sur Fat Joe et Keith Nut. Palace aime se replonger dans les archives fleurant bon les années 1990 avec Mixtape, dont la bande-sonore inclue Method Man, Ghostface Killah, Busta Rhymes, Fat Joe et d'autres. Et pour revenir à l'influence du sulfureux Kids, Mixtape comptait dans ses rangs les skateurs Harold Hunter et Justin Pierce (il joue Casper dans le film de Clark). Pierce a volé de ses propres ailes dès 2000. Hunter, lui, est décédé d'une overdose de cocaïne en 2006. Une légende ne meurt jamais. 

@oliverlunn

Credits


Texte : Oliver Lunn