le meilleur du cinéma de sofia coppola en 10 chansons

On a appuyé sur rembobiner et sélectionné les meilleurs pépites musicales de l'univers de Sofia Coppola. De la dream pop aux élans post-punk, retour sur 10 titres emblématiques qui ont marqué son cinéma.

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mai 16 2016, 2:40pm

Air, Playground Love (The Virgin Suicides)
Playground Love, Air (The Virgin Suicides) : Le duo Air a, comme chacun sait, contribué à faire rayonner plus d'un film de Coppola : Marie Antoinette, Lost in Translation et surtout, The Virgin suicides. Si c'est le leader de Sonic Youth, Thurston Moore qui a filé à la jeune Sofia son premier exemplaire du bouquin de Jeffre, c'est à l'ex batteur de Redd Kross, Brian Reitzell qu'elle a demandé de superviser la bande-son du film. Il a travaillé avec elle sur une sélection des plus jolis sons adolescents des seventies. Alors que Sofia Coppola écrivait le scénario, elle s'est éprise pour un groupe électro versaillais du nom d'Air. C'est elle qui est allée les chercher, et en échange, ils ont composé un album pour l'occasion, aux effluves 70'. Playground Love en est l'ultime symbole : le reflet d'une adolescence muselée en mal de récréation. 

Ceremony, New Order (Marie-Antoinette)
"Ma vision de la France du 18ème siècle est indissociable du Nouveau Romantisme en musique, nourri par l'esthétique de Bow Wow Wow et Adam Ant, Vivienne Westwood et toute la scène post-punk qui en suivit. C'est tout ce que j'écoutais adolescente,'' voilà comment Sofia Coppola parlait de la France des rois, en 2006. Pas étonnant qu'elle et Reitzell aient compilé la crème de la crème du rock dans son biopic royal. Le spectre sonique du film - qui passe du classique post-punk à la dream pop - comprend un single de New ORder de 1981, la reprise de Joy Division, Ceremony. Kirsten Dunst, en Marie-Antoinette, célèbre au rythme de la chanson ses 18 bougies. Rock'n'roll. 

Just Like Honey, The Jesus and Mary Chain (Lost In Translation)
Le titre qui ouvre le premier album des rockeurs Ecossais écrit en 1985, Psychocandy, ferme l'oscarisé Lost in Translation (2003). L'inclusion de The Jesus and Mary Chain dans le film - qui compte également dans sa bande-son 5 titres de Kevin Shields de My Bloody Valentine - a poussé Consequence of Sound à suggérer que Lost in Translation n'était pas pour rien dans la résurrection soudaine du groupe au début des naughties. Préparez vos mouchoirs. 

Cool, Gwen Stefani (Somewhere)
La plupart des conversations qui tournent autour de l'univers musical de Somewhere impliquent nécessairement le nom de Phoenix - déjà parce que Thomas Mars est le mari de Sofia, d'autre part parce que le groupe français a composé la bande-son du film. Ils ont aussi sélectionné le morceau qui allait révéler l'une des scènes les plus fortes du film : Elle Fanning, 11 ans, qui patine sur Cool de Gwen Stefani. 

Avril 14th, Aphex Twin (Marie Antoinette)
Si les classiques romantiques distillent le film, l'énergie folle du film tient dans sa capacité à alterner avec des chefs-d'œuvres électroniques pensés par Aphex Twin : précisément, deux morceaux qui figurent sur son double album DrukQ. Le piano subtil de Avril 14th vient contribuer, par son atemporalité, à l'anachronisme qui rend ce film si particulier. On ne saurait dire s'il a été composé par un compositeur de la cour ou par un savant fou de la techno contemporaine ? 

All of the Lights, Kanye West (The Bling Ring)
On n'irait pas jusqu'à dire que la bande-son de Marie-Antoinette à inspiré Kanye West qui a repris le sample d'Aphex Twin sur My Beautiful Dark Twisted Fantasy, mais qui sait ? En tout cas, Sofia Coppola a choisi de s'emparer de All of the Lights pour rythmer une des scènes emblématiques de son film teen, The Bling Ring. Comme à peu près tout ce qui se passe à Los Angeles, la scène se déroule à bord d'une voiture et présente une jeune fille bien rangée qui tente, tant bien que mal, de suivre Kanye West sur sa chanson. En l'occurrence, n'importe quel spectateur et fan de Kanye, anglophone ou non, ne peut s'empêcher de s'arracher les cheveux en écoutant ce massacre à la tronçonneuse. 

Alone in Kyoto, Air (Lost in Translation)
Si les Sex Pistols, Roxy Music, Elvis Costello et les Pretenders ont eu leur lot de reprises au karaoké dans Lost in Translation, Air vole la vedette et force la contemplation béate. "Je voulais créer une rupture en jouant de cet état du monde inquiétant, aliénant et familier tout à la fois", confiait la réalisatrice au LA Times. Pari réussi : Alone in Tokyo, c'est la rencontre entre Charlotte et le paysage japonais qu'elle découvre - c'est une balade hors du temps, où le personnage fait face à l'inquiétante étrangeté qui la submerge. 

Moi je Joue, Brigitte Bardot (Publicité Miss Dior)
Si Sofia Coppola se retrouvait, à 15 ans, stagiaire chez Chanel, c'est pour Dior qu'elle a réalisé sa première publicité. Quelques minutes aux élans Nouvelle Vague pour le parfum Miss Dior Chérie, dans laquelle Maryna Linchuk joue les femmes-enfants. Sofia Coppola n'a rien changé au single de Brigitte Bardot sorti en 1964, Moi Je Joue et détourne les codes visuels des sixties. 

Magic Man, Heart (The Virgin Suicides)
Aurait-on pu introduire Virgin suicides plus subtilement qu'avec le larmoyant single de Heart, Magic Man ? Franchement non. Le titre a été écrit par les deux soeurs électriques Ann et Nancy Wilson, et évoque les turpitudes d'une jeune fille qui avoue à sa mère son amour pour un homme beaucoup plus vieux qu'elle. Pas tant de différence que ça entre Lux et Trip. Mais Mrs Lisbon n'avait de toute évidence aucune envie d'en entendre parler. 

Plainsong, The Cure (Marie Antoinette)
Une église. Des sons de cloche. Une couronne. Louis XVI et Marie-Antoinette. Et The Cure. Of course. C'est le cocktail explosif qui signe la scène de mariage de Sofia Coppola. Comme un écho à la splendeur des années 1980, à sa frime, son chic et ses synthés qui rythment leurs pas princiers. Comme pour mieux sceller ce désarroi adolescent qui émane d'un roi et d'une reine trop jeunes pour encore pour régner. Du génie pur. 

Credits


Texte : Emily Manning