le nouveau livre photo de derek ridgers est une lettre d'amour au(x) style(s) des années 80

Le photographe anglais revient avec un nouveau livre, « The Eighties », un hommage à la jeunesse de sa décennie de prédilection.

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sept. 20 2017, 1:40pm

Outre-manche, les années 1980 se lisent à double-tranchant. C'était la meilleure époque, et la pire époque. L'âge des punks, et celui des post-punks. Le printemps du ska, et l'hiver de la grève des mineurs. Le meilleur était donné à voir et écouter (le reggae, la dub, l'electronica, la synthpop, les néo-romantiques), le pire aussi (coucou Stock Aitken Waterman et Margaret Thatcher). Les années 1980 ont commencé avec la mort du punk et un changement radical, à Londres, forcé par une explosion de créativité mue par la nécessité, l'ennui, la colère. L'arrivée d'un million de gosses et d'autant de tribus et de styles. Et Derek Ridgers était là pour tout immortaliser.

« Tout est différent aujourd'hui, assure Derek, mais certaines choses ne changent pas. Les jeunes ressentent encore le besoin de s'habiller singulièrement, d'exprimer leurs sentiments. Ils ont encore besoin de sortir, de rencontrer des gens, de se bourrer la gueule, se défoncer et passer un bon moment. Pour beaucoup d'entre-eux, le futur est gris, donc autant profiter de la vie tant qu'ils le peuvent. Les années 1980 ont été marquées par la politique de Thatcher. C'était une sale époque pour les jeunes, et pourtant ça semble encore pire aujourd'hui. » Comment est-ce possible ? « Aujourd'hui, tout le monde est obsédé par l'argent et la célébrité. Selon moi, ça signifie que les vies personnelles des gens sont encore plus ennuyeuses et difficiles qu'avant. Les années 1980 n'étaient pas aussi intéressantes que les années 1970, et certainement beaucoup moins fun que les années 1960 IMHO. » (Oui, Derek Ridgers utilise des abréviations de millennial.)

Mais son « humble opinion » mise à part, les photos qu'il a prises des années 1980 restent iconiques. Au point qu'il les a compilées dans un bouquin au titre on ne peut plus clair : The Eighties. « Je trouve que les images de ce livre sont meilleures que celle de mon tome précédent, 78-87. Alors j'espère que les gens l'aimeront au moins autant. » Pour le peu qu'on en a vu, on ne s'inquiète pas trop du succès. Honorer cette époque, c'est une chose, la revivre en est une autre, dont Derek n'est que moyennement friand. « Quand je repense à cette période, je trouve ça très loin, très différent. Pas d'ordinateurs, pas d'iPhones et la moitié de mon temps passé dans des chambres noires. Très peu pour moi. »

Le livre The Eighties de Derek Ridgers est édité chez Carpet Bombing Culture