3 leçons à tirer de la vie de robert mapplethorpe

Diffusé sur Arte, le documentaire « Mapplethorpe : Look at the pictures » rend hommage à l'artiste sulfureux en revenant sur les rencontres qui ont nourri son oeuvre. Vous rêvez d'être photographe ? On vous a glané quelques conseils.

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16 Novembre 2018, 12:39pm

1) Soignez votre premier carton d'invitation

Peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur ou de rater une occasion qui ne se représentera plus... Toutes les premières fois charrient leur lot d'appréhensions et de peurs plus ou moins rationnelles. Rien de plus normal si vous avez les mains moites à la pensée de votre première expo personnelle. Un conseil ? Plutôt que d'enchaîner les produits en croix pour calculer combien de coupes de champagne pourront être servies à vos invités (ils finiront de toutes manières par se battre pour un fond de verre tiède), concentrez-vous sur votre carton d'invitation. En 1976, pour annoncer la première présentation de son œuvre dans une galerie new-yorkaise, Robert Mapplethorpe glisse un autoportrait de son sexe - caché par une gommette blanche - dans une enveloppe. Le twist ? Ladite gommette n’étant pas tout à fait opaque, Mapplethorpe présente au passage le premier argument de son oeuvre. Une fois célèbre, il déclarera à plusieurs reprises : « Ce n’est pas le vernissage qui marque le début d’une exposition, c’est le carton d’invitation ». À vos autocollants.

2) N'hésitez pas à exhiber votre intimité

« Saviez-vous que l’homosexualité et la photo avaient quelque chose en commun ? C’est au moment où la photographie a été reconnue dans le monde de l’art que le mouvement gay a pris de l’ampleur ». Lancée par le critique Philip Gefter dans le documentaire, cette réflexion pourrait résumer, à elle seule, tout le propos du film. Nudité, pornographie, mise en scène et autoportraits : on découvre dans quelle mesure Robert Mapplethorpe a fait de sa vie intime la source de son art – et de sa vie, une œuvre. Avant Instagram, les filtres chiens et les perches à selfies, Mapplethorpe a exposé son intimité la plus crue en interrogeant le regard sur la notion de privé : et si puiser dans les tréfonds de la sexualité n'était pas la manière la plus pure de s'exprimer ? En bravant les préjugés qui entouraient l’homosexualité, il a aussi fait face à ceux qui ne voyaient la photographie que comme un art mineur ou une pratique purement utilitaire. Bref, pensez à lui la prochaine fois que vous enverrez un nude et au lieu de penser au jour où il fuitera sur Google, tâchez de vous faire exposer.

3) Couchez (et travaillez)

« Quand j’ai rencontré Sam, je l’ai trouvé très beau et pour ne rien gâcher, il était très riche. On est tombés amoureux. S’il n’avait pas été riche, je ne l’aurais peut-être pas fréquenté. L’homme et l’argent étaient indissociables. Sam en avait conscience heureusement. » Lorsqu'il évoque Sam Wagstaff, mécène d'art avec qui il vivra une grande histoire d'amour, Robert est d'une grande sincérité : sans cet homme, sa carrière n'aurait probablement pas atteint le même sommet. Ouvertement ambitieux, Robert Mapplethorpe n'a jamais caché son envie de devenir célèbre et s'est toujours montré prêt à travailler pour - qu'il traine dans une backroom ou rencontre un nouvel amant, il ne se sépare jamais de l'idée de tout photographier. L'ancien rédacteur en chef du magazine porno gay DRUMMER s'en souvient avec malice : « Un jour il est entré dans mon bureau et m’a dit bonjour, je suis Robbert Mapplethorpe, le photographe porno. Tout le monde aurait pu dire ça. Sauf que tout le monde ne pensait qu'au sexe dans les années 1970. Les photographes ne faisaient plus de photos, les peintres ne peignaient plus, les écrivains n'écrivaient plus. » Si Mapplethorpe a réussi à tout conjuguer, vous le pouvez aussi.

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