Photographie Jamie Hawkesworth

loin de la mode, jamie hawkesworth photographie les gamins des campagnes

En exclusivité pour i-D, le photographe Jamie Hawkesworth a raconté l'histoire de son dernier projet, « A Short, Pleasurable Journey, Part Two ».

par Ryan White
|
04 Juin 2019, 9:54am

Photographie Jamie Hawkesworth

Sans surprise, Jamie Hawkesworth est difficilement joignable. Lorsque nous circulons à travers sa dernière exposition londonienne, quelques jours avant qu’elle ne ferme ses portes, le nombre de sollicitations dont il fait l'objet confirme ce dont que l'on pressentait : Jamie Hawkesworth est désormais l'un des photographes les plus reconnus de sa génération.

Son exposition, A short, Pleasurable Journey, Part Two, se compose de 86 images prises sur deux semaines et demi. Tandis que Part One – la partie une de l’exposition, présentait une multitude de différents voyages, la partie deux n’en contient qu'un seul : celui du photographe vers un petit village de Transylvanie. L’exposition condense les caractéristiques de son style : de la dichotomie entre la grandiloquence et l’intimité qui caractérise ses débuts jusqu'à ses campagnes de publicité les plus ambitieuses, en passant par ses paysages photographiés du crépuscule à l’aube et ses plus délicats portraits en petits formats. Pourtant, cette exposition se distingue des précédentes par le nombre de petits détails qu’elle offre au regard.

aresti, romania

« Je tournais un court-métrage en Angleterre, et je voulais qu’un orchestre compose une partition pour le film, j’ai donc contacté le London Schools Symphony Orchestra, explique-t-il en faisant le tour de la pièce. Le chef d’orchestre m’a répondu en me disant qu’ils étaient en Roumanie, et m'a demandé si je souhaitais les rejoindre. Ce que j’ai fait. Je me suis donc retrouvé dans ce village, Floresti, par accident. »

L'appareil utilisé par Jamie Hawkesworth joue un rôle fondamental : il a uniquement travaillé à partir d'un Mamiya RB67 (l’appareil photo à l’origine d’une des images les plus connues du monde - notamment Bliss, autrement dit, le fond d’écran Windows XP), celui qu’il utilise depuis ses débuts en photographie. « C’est un appareil analogique sur un tripode. Il est gros et encombrant, mais très simple d’utilisation. Je préfère cette approche, cette simplicité que j'associe depuis toujours à cet appareil. »

Entre hier et aujourd’hui, peu de choses ont changé pour Jamie. « Je crois que chaque nouvelle expérience, chaque endroit que j'ai visité, chaque personne rencontrée, m'a permis de comprendre comment aborder mes sujets en tant que photographe. Ce n’est pas toujours évident parce qu’il faut apprendre à garder une certaine curiosité, mais c’est précisément ce que je tente de faire - rester curieux. »

jamie hawkesworth

« Ce grand projet de photographie a commencé à un arrêt de bus, où je tournais en rond. Les choses ne sont pas si différentes aujourd'hui : je tourne simplement en rond dans un village… Je n’ai pas beaucoup changé. À l’arrêt de bus, tout n’était que chance et hasard parce que je ne savais pas qui allait attendre avec moi. J’essaie toujours de garder une certaine naïveté. »

Quand on lui demande ce qui différencie un projet comme celui-ci d'un édito mode, Jamie affirme que mis à part le format, les démarches ont finalement beaucoup en commun. « Les circonstances sont évidemment très différentes avec la mode, mais j’essaie toujours de laisser un peu de place au hasard, explique celui dont les images alternent entre évocations d’iconographie religieuse et clichés noir et blanc d’enfants de la région, rieurs et légers. Ce sont des moments isolés, j’ai traversé le pont et ces enfants ont surgi de nulle part. Il y avait des fleurs sauvages partout, précise-t-il en montrant une série de photographies florales. J’aime penser qu’il s’agit plus d’expériences isolées les unes des autres. J’ai volontairement organisé un shooting sans connaître les modèles à l'avance, juste pour garder de la surprise. C'est un peu le cas ici : je ne sais jamais si je vais rencontrer ces enfants, ou si je vais croiser ce gars en short doré. »

« Pour le moment, c’est l’accroche que je préfère pour mon travail. Je pense que quelqu’un peut entrer dans la pièce et interpréter mon travail sans avoir besoin de le contextualiser. En l’appréciant simplement pour ce qu’il évoquera chez lui. »

jamie hawkesworth
jamie hawkesworth
jamie hawkesworth
jamie hawkesworth
jamie hawkesworth
jamie hawkesworth
jamie hawkesworth

Crédits


Photographie Jamie Hawkesworth

Retrouvez i-D sur Facebook, Instagram, Twitter et Flipboard.