Photo by Mike Coppola/MG19/Getty Images for The Met Museum/Vogue.

le string apparent, entre bling et contradictions

Tendu entre notre époque et les années 2000, à la fois intime et apparent, le string n'a jamais été aussi ambivalent.

par Erica Euse
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28 Juin 2019, 8:40am

Photo by Mike Coppola/MG19/Getty Images for The Met Museum/Vogue.

Ces dernières années, les strings sont progressivement réapparus dans le paysage mode. Il y a seulement quelques jours, Bella Hadid défilait pour la collection printemps/été Versace 2020 dans un pantalon taille basse à paillettes noires, laissant stratégiquement apparaître les lanières dorées de ses sous-vêtements. Peu de temps après, le créateur Heron Preston, a donné au string une allure plus détendue en habillant un modèle d'un pantalon large laissant ses dessous totalement apparents.

Ce n'est évidemment pas le premier comeback du string. Ces dernières années, les femmes ont continué à afficher leurs sous-vêtements - des brassières en dentelles et des combinaisons échancrées laissent voir les os des hanches dans la plupart des cas. Mais les strings apparents connaissent une ascension fulgurante, même si un rapport indique que les jeunes femmes seraient de plus en plus nombreuses à aimer les culottes de mamie. Pourtant, les strings - qui existent depuis l'antiquité, ont historiquement été portés par des hommes. Les danseuses burlesques ont commencé à les adopter à la fin des années 1930, pour contourner un arrêté gouvernemental qui exigeait qu'elles se couvrent pendant les foires. C'est seulement à partir des années 1970, date à laquelle le créateur Rudy Genreich a introduit le string bikini, qu'ils se sont réellement démocratisés - sur les plages tout du moins.

« Pendant de nombreuses années, le string a eu une réputation sordide » explique Kristina Haugland, conservatrice des costumes et des textiles au musée des beaux arts de Philadelphie. « Ils étaient considérés comme quelque chose de risqué, plutôt évités par la plupart des femmes. Dès la fin des années 1980, ils sont devenus plus populaires, lorsqu'Hanky Panky en a créé sa version, qui était beaucoup plus confortable. » Tous ceux qui ont vécu le début des années 2000 savent que les strings ont connu leurs heures de gloire à ce moment là. En 1999, The Wall Street Journal déclarait que le string avait « réussi à s'implanter dans la culture mainstream » des sex shops d'Hollywood comme Frederick's au luxueux Saks sur la cinquième avenue de New York. Tom Ford l'a rendu encore plus désirable en lui laissant le loisir de s'afficher en 1998 pour Gucci.

Dès lors, il ne s'agit plus de cacher ses sous-vêtements, mais de les exhiber. De Christina Aguilera à Gillian Anderson, tout le monde porte des tailles basses et des robes avec des strings qui remontent plus haut que la taille. « J'ai encore des catalogues Victoria’s Secret datant de 2003 et on voit bien qu'on est en pleine mode du string, assorti d'un bijou dans le bas du dos, ajoute Kristina Haugland. Cette mode a été perçue comme une tentative de séduction sexuelle - surtout venant des jeunes adolescentes - mais certaines les portaient tout simplement parce que c'était à la mode. » Pourtant, comme la plupart des tendances, celle-ci n'a pas fait long feu. En 2004, Adam Lippes, fondateur de la ligne de lingerie Adam + Eve affirmait au The New York Times que les femmes en avaient « marre des strings ». « Ils sont devenus de plus en plus inconfortables et je pense que les femmes en ont assez » ajoutait-il.

Le fait que les strings apparents soient régulièrement plébiscités par des personnes connues pose légitimement la question : pourraient-ils resurgir ? L'année dernière, JLo portait un pantalon Natasha Zinko assorti d'un string marqué au dessus de la taille. En mai, Hailey Bieber se pavanait sur le tapis rose du Met Gala dans une robe Alexander Wang et string brillant assorti. Les défilés de la dernière Fashion Week laissent derrière eux des indices, indiquant que les créateurs sont peut-être en train de fomenter pour faire revivre leur heure de gloire aux strings apparents. Une époque révolue qui ferait peut-être mieux de rester - pour toujours - dans les années 2000.

Cet article a initialement été publié sur i-D US.

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