les 19 clips (et sons) qu'il ne fallait absolument pas manquer en avril

De grands retours (FKA Twigs, Stormzy, 070 Shake), quelques couronnements (Lolo Zouaï, Koba LaD) et d'incroyables featurings (Kekra et Niska, Anderson .Paak et Andre 3000).

Makala - Big Boy Mak

Clip façon 70’s pour rap up-tempo bouncy comme une lowrider, le track « Big Boy Mak » est peut-être la meilleure porte d’entrée sur l’étoile montante du rap genevois. À 23 ans, le membre de l'incontournable SuperWak Clique (avec Di-Meh, Slimka ou Pink Flamingo), signe chez BMG France et déballe deux albums dans la foulée. Pour un mec qui vit toujours chez sa mère, tout ça sent le cassage de game.

FKA twigs - Cellophane

C’est le grand retour la prêtresse de son propre style, qu’on n’arrive toujours pas précisément à libeller, FKA Twigs. « Cellophane » marque le premier son de l’Anglaise après trois ans d’absence et de sérieux problèmes de santé. Force est de constater qu’elle n’a rien perdu du caractère mystique de ses œuvres avec ce clip hallucinant et halluciné – peut-être un peu trop fort par rapport à la musique – qui augure le meilleur, espérons un nouvel album. C’était donc pour ça tous ces cours de pole dance

070 Shake – Morrow

On ne l’avait pas entendue depuis les sorties estivales du label de Kanye, G.O.O.D Music, il y a presque un an. Et ça faisait beaucoup, beaucoup trop longtemps. Sa voix rocailleuse, qui s’étire du flow ciselé au chant fêlé, était pour beaucoup dans les plus grands moments de grâce de l’album Daytona de Pusha T et du ye de Kanye West. L’an dernier l’artiste sortait également l’Ep Glitter (dont on ne vous conseillera jamais assez l’écoute répétée du morceau titre), une réussite assez fulgurante pour cette originaire du New Jersey de 21 ans. Il y a quelques jours, elle marquait son retour en partageant deux nouveaux morceaux, « Nice To Have » et « Morrow ». En attendant le divin album.

Fat White Family – When I leave

La sortie d’un nouveau clip des Fat Whit family est toujours une très bonne nouvelle. Parce qu’au fond, à chaque apparition, ce groupe de malfrats cynico-nihilistes né dans les caves du sud londonien vient nous rappeler que la puissance du rock n’est pas tout à fait épuisée et que le chaos a encore de beaux jours devant lui. C’est au cours d’un séjour purificateur dans les plaines provinciales de la région de Sheffield que les Fat White ont donné naissance à un nouvel album, Serfs Up – le troisième chapitre d’un roman rock déglingué et cinglant, qui puise volontiers dans des registres acid, psyché ou country – et dont est issu le titre « When I leave ». Dans son clip, la milice Fat White s’en va purifier son âme au contact d’une bande de farfadets, joyeux hippies forestiers en pleine procession païenne. La sortie de secours d’un monde tout pourri ?

sean – mauvaise nouvelle

En se basant sur le clip de « mauvaise nouvelle », on pourrait croire que Sean traîne son rap dans le paysage musical depuis un bon moment. Et pourtant, en février, le jeune artiste parisien sortait son tout premier clip, « Mercutio », extrait d’un Ep imminent du même nom. Quand on l’interviewait à l’occasion, il nous expliquait son envie de créer des histoires, née à l’écoute d’un certain Nino Ferrer. « ‘La rua Madureira’… ce son m’a tué. C’est ce qui m’a donné envie de raconter des histoires, de faire des fictions, de raconter mon parcours sans parler de moi. » Avec ce nouveau clip, sean nous donne encore un peu plus envie de les écouter – et de les regarder.

Tshegue - The Wheel

En 2017, avec Survivor, le duo parisien Thsegue - Faty (à la voix, puissante) et Dakou - retournait notre été avec un rythme afro-punk endiablé qu’incarnait à merveille « Muanapoto ». Depuis ce disque, à part des concerts et une très récente apparition sur la bonne BO du (moins bon) film de Thomas N’Gijol, Black Snake, Tshegue s’est fait discret. Pour mieux revenir ce mois-ci avec le très efficace « The Wheel », dont le beau clip tourné au Congo donne envie de s’élancer comme un fou sur les routes avec le Kinshasa Club Etoile Rollers que l’on y suit.

Anderson .Paak – Come Home ft Andre 3000

Oubliez Avengers – la musique aussi sait créer d’incroyables crossovers. Le plus beau du mois écoulé est à trouver dans Ventura, nouvel album d'Anderson .Paak. On aurait pu choisir « Jet Black », en featuring avec Brandy, ou « What Can We Do ? » avec feu Nate Dogg, ou tous les morceaux de l’opus, qui respire le groove et la joie. L’exemple le plus probant de cet aspect solaire, c’est l’ouverture, « Come On », sur lequel s’invite le rarissime Andre 3000 (déjà présent en début d’année sur le dernier album de James Blake). Le piano, la flûte, la caisse claire, la voix d’Anderson, le flow d’Andre, tout s’accorde dans une harmonie parfaite. Idéal pour se réveiller en souriant.

Lolo Zouaï - Ride

Elle a tout juste 23 ans et le monde à ses pieds, Lolo Zouaï est ce qu’il faut retenir de ce mois d’avril. Un single qui cartonne en 2017 et voilà que déboule le premier album largement au-dessus de toutes les attentes. L’année dernière, nous traînions ensemble à Belleville et on se disait déjà qu’elle pourrait bien devenir la nouvelle reine franco-algérienne du r’n’b mondial. Ça semble se vérifier.

Kekra – Vréalité ft Niska

Récemment, au détour de l’un de ses podcasts, le journaliste Mehdi Maïzi déclarait, qu’à défaut d’un « âge d’or du rap français », nous vivions un « âge d’or du featuring ». Ces dernières semaines en attestent : sur son album, Ninho invite Koba LaD, Jul et Niska. Sur le sien - et après s’être fait inviter par Heuss L’enfoiré et Alonzo - Koba LaD invite… Ninho, Niska et Maes. Maes invite Booba, lui-même convié par Niska, qui se fait inviter par Kekra – une première pour le rappeur masqué de Courbevoie, sans featuring à son actif jusqu’alors. Tout cela pourrait avoir un goût d’entre-soi si 90% des morceaux en question n’étaient pas excellents. Avec « Vréalité », superbe hymne mélancolique, les deux rappeurs ne dérogent pas à la règle.

Esther – Small black cat on large white canvas

On ne sait que peu de choses d’Esther. Son tout premier EP, « Movement for the death of the kitten » est prêt à débarquer le 15 mai prochain et en guise d’échauffement, la jeune productrice partageait ce mois-ci un premier clip pour son titre « Small black cat on large white canvas ». Enfant d’une culture club hybride qui ne se donne plus aucune limite, Esther se laisse porter par des influences bass et sombres pour composer des textures industrielles qui hantent. Les corps bougent, sursautent, machinalement. La meilleure façon de la découvrir est encore de l’écouter. Sans modération.

Flying Lotus - Fire is Coming feat. David Lynch

Avril marque également le retour de celui qui a réconcilié le jazz, le hip-hop et le cool, Flying Lotus. L’originaire de Los Angeles continue son voyage spirituel avec cette fois-ci tout une thématique autour du feu. Flamagra est prévu sur le label qui abrite les œuvres d’Aphex Twin, Warp, donc on sait à quoi s’attendre, c’est-à-dire à tout, y compris une collaboration avec le réalisateur David Lynch qui lui prête sa voix sur ce premier extrait « Fire Is Coming ». Certainement l’une des sorties les plus attendues de 2019.

ScHoolboy Q - CHopstix (witH Travis Scott)

Le rappeur né sur une base militaire allemande et membre du collectif de Kendrick Lamar Black Hippy accouche enfin du successeur de l’un des meilleurs albums de rap de 2016 (le mémorable Blank Face) avec Crash Talk. Les trois premiers extraits préfiguraient d’une prise de risque un peu limitée, bien que la qualité des prods et punchlines de Q soit toujours au rendez-vous. Il est maintenant temps de se faire un avis, le disque vient de sortir.

Scratch Massive - Dancer in the Dark

Les fans de Scratch Massive (dont nous faisons partie) étaient comblés en 2018. Avec l’album Garden of Love, le duo composé de Maud Geffray et Sébastien Chenut sonnait la suite de Nuit de Rêve, opus sorti en 2011 ! Entre-temps, il y avait eu deux BO et un album live, mais quand même. Huit ans, c’est une éternité en musique, et on pouvait avoir peur. Que nenni ; Scratch Massive livrait l’an dernier un album somptueux, une électro glacée et addictive. Une sonorité particulièrement à l’œuvre dans le très beau « Dancer in the Dark » morceau en lévitation qui nous remue le cœur au rythme des vocaux de Maud Geffray et d’une montée épique. Le morceau vient d’être clippé. Alors, vous en reprendrez bien un petit peu, non ?

Koba LaD – Guedro (COLORS)

« Les étrangers qui voient Notre Dame brûler, les gilets jaunes et Koba LaD sur Colors, ils doivent être en mode ‘WTF is happening in France ?’ » Voilà ce que l’on peut lire en commentaire sous la vidéo du passage du jeune pouce du 91 dans les studios de Colors. Vu la teneur du casting musical de la chaîne, on n’aurait pas forcément pensé à Koba, même si Josman, Jok'Air ou S.Pri Noir y sont déjà passés. Voilà une intrusion de plus qui prouve que le rap français – un rap très street, en l’occurrence – a sa place partout. Cette séquence fait office d'énième couronnement pour ce rappeur encore inconnu il y a un an de ça. On ne sait pas ce qu'on préfère : sa dégaine au millimètre, l'instru et le flow de ce morceau (extrait de son très bon second album) ou la joie qu’il a manifestement à être là.

The Mystery Lights - Traces

À l’heure où l’on se dit que les genres musicaux n’existent plus, il est parfois rassurant d’écouter un groupe qui s’attache volontairement à un style particulier. The Mystery Lights ne s’en cache pas, il fait du bon gros rock, qui mêle blues, psyché, garage. Et, comme le disaient ses membres en 2017 à Gonzaï : « on s’en fout d’être old school. » En 2016, les Américains sortaient leur premier album éponyme, 11 titres à ravir leurs aînés rockeurs, et à faire pâlir ceux qui souhaiteraient les concurrencer aujourd’hui. Le 10 mai sortira leur second opus, Too Much Tension ! dont est extrait « Traces ». L’énergie est toujours aussi bonne, les Kinks sont encore au coin de la rue, et le rock a encore de belles heures devant lui.

Stormzy – Vossi Bop

L’année 2015 a marqué un virage puissant dans l’histoire du grime anglais. Certes, le genre musical traînait ses accents chav hachés et ses beakbeaks syncopés depuis de longues années déjà, mais c’est bien en 2015 qu’il s’est ouvert au monde comme rarement auparavant, par le biais, notamment, de Skepta et Stormzy. Le dernier album du premier date de 2016, celui du second de 2017. Cette année, Stormzy, marque son grand retour avec un second album. Le MC de Croydon (apparemment fan d’Aya Nakamura), programmé à Glastonbury au grand dam de certains orthodoxes du festival, en a livré un premier extrait la semaine dernière. Avec Idris Elba en guest dans le clip.

Dungeon Rap : The Introduction

Perdus dans les méandres d’Internet, ces termes musicaux nous ont attirés comme des hérissons dans une piscine : « underground hip-hop » et « dark ambient ». Vous vous êtes déjà demandé comment sonnerait l’horrorcore de Memphis s’il était fait par un musicien de doom metal ukrainien ? Alex Yassun aka DJ Sacred l’a fait et le résultat sonne comme la bande-son idéale pour la plus enfumée des soirées canapés.

OBOY – Boy

Déjà presque deux ans que OBOY se révélait aux fans de rap avec ce qui reste à ce jour son titre le plus définissable : « Cobra ». Un rap cru, une basse lourde, une rime précise même si les mots sont parfois mâchés façon mumble rap. Voilà ce qui a défini, en 2017, le son de OBOY. Pourtant le jeune rappeur parisien sait faire bien d’autres choses. Après un Southside encore un peu hésitant l’an dernier, OBOY s’apprête à sortir son premier album cette année. Après « 187 » (sorte de « Cobra » bis efficace), il nous en livre un nouvel extrait, « Boy », qui nous confirme que c’est dans la douceur qu’il est le plus fort.

Lava La Rue - Burn

En 2018, la jeune rappeuse anglaise Lava La Rue sortait son premier Ep, Letra. « Rappeuse » est presque trop réducteur, tant la Londonienne déroulait en 5 titres un goove old-school empruntant au moins autant au R&B le plus smooth et enveloppant et aux basses dub les plus profondes d’outre-Manche. Par ailleurs fondatrice du collectif artistique et underground NINE8, la jeune femme fait partie de ces touche-à-tout surdoués, ceux dont on sera contents de dire « je la connais depuis longtemps » quand elle explosera dans quelque mois/années. Ce mois-ci, elle nous revenait avec « Burn ». Ne ratez pas le coche.

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