les 7 films qui feront notre rentrée

Au programme : strip tease, violence, clowns et grand amour.

par Marion Raynaud Lacroix et Antoine Mbemba
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05 Septembre 2019, 8:32am

Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma - sortie le 18 septembre

Couronné par le Prix du scénario lors du dernier festival de Cannes, on pourrait dire du portrait de la jeune fille en feu ce que l’on affirme plus souvent à propos d’un tableau : c’est un chef d’œuvre. Héloïse (Adèle Haenel) vit auprès de sa mère sur une île bretonne dans la solitude la plus désolée. Pour s’opposer à l’union à laquelle on la destine, la jeune femme refuse de poser pour son portrait de mariage. Commence alors un jeu de piste faits d’intuitions et de regards dérobés pour la peintre (Noémie Merlant) chargée de réaliser ce portrait à l’insu de son modèle. 4 ème long-métrage de Céline Sciamma, Portrait de la jeune fille en feu est un film impressionnant, tenaillé entre violence et pudeur, non-dits et sentiments déchirants.

Joker, de Todd Phillips – sortie le 9 octobre

Et si le « chef-d’œuvre » de l’année était un film de super-héros ? À en croire les premières critiques de Joker – projeté il y a quelques jours à la Mostra de Venise et accueilli par une standing-ovation de 10 minutes – c’est fort possible. Pourtant, le projet avait de quoi faire peur. Si l’on avait d’emblée toute confiance en Joaquin Phoenix dans le rôle-titre, on tremblait un peu en découvrant le nom du réalisateur, Todd Phillips, à qui l’on doit la trilogie Very Bad Trip… Que nenni. Le film est déjà comparé à The Dark Knight pour sa prise sur le réel et la performance de Phoenix – qui rivalise avec celle de feu Heath Ledger, on parle déjà d’un Oscar – dans le rôle d’Arthur Fleck, comédien raté du Gotham des années 1980, méprisé par la société, poussé à bout. Apparemment très inspiré des classiques de Scorsese, Taxi Driver et The King of Comedy (De Niro est à l’affiche), certaines critiques avertissent malgré tout sur la propension de Joker à devenir le film de chevet des incels. Il faudra le voir pour le savoir.

Tu mérites un amour, de Hafsia Herzi - sortie le 11 septembre

Premier film réalisé, écrit et produit par Hafsia Herzi, Tu mérites un amour raconte la rupture de Lila (Hafsia Herzi) et Rémi (Jeremie Laheurte), dont l’histoire s’effondre après l’infidélité de celui-ci. Des matins amers où la vie ne rime plus à rien en passant par la colère et l’envie de poursuivre une histoire pourtant condamnée, Hafia Herzi incarne le deuil d’un amour devenu impossible à vivre. Porté par l’intelligence de ses seconds rôles (Djanis Bouzyani, meilleur ami de Lila, en tête) et par une incroyable force de vie, Tu mérites un amour marque l’arrivée d’Hafsia Herzi au cinéma en tant que réalisatrice, près de 13 ans après son premier rôle dans La graine et le mulet. Et la lance sur un nouveau chemin, dans lequel on promet de la suivre, de très près.

Queens, de Lorene Scafaria – sortie le 16 octobre

En 2015, dans le magazine New York, la journaliste Jessica Pressler publiait un article devenu célèbre, The Hustlers at Scores. Elle y racontait une histoire (vraie) de « Robin des Bois moderne : celle d’une poignée de strip-teaseauses qui ont volé l’argent d’hommes (presque tous) riches, (généralement) dégueulasses et (selon elles) pathétiques, pour le donner à, eh bien, à elles-mêmes. » Il était littéralement inconcevable que le cinéma passe à côté d’une telle histoire. Quatre ans plus tard, le long et passionnant article – nommé pour un National Magazine Award en 2016 et lisible en ligne juste là – est donc adapté au grand écran, écrit et scénarisé par Lorene Scafaria, et soutenu par un casting explosif. Dans le rôle de la matrone et cerveau de l’opération : Jennifer Lopez. Ses sœurs d’armes ? Constance Wu (star du carton américain de 2018, Crazy Rich Asians), Lili Reihnart (star de la série Riverdale), Keke Palmer, Julie Stiles, l’incroyable Lizzo et une certaine Belcalis Marlenis Almanzar (oui, Cardi B).

Atlantique, de Mati Diop – sortie le 2 octobre

Difficile de résumer Atlantique : c’est un film aussi ample que l’océan qui borde les côtes sénégalaises près desquelles vit Ada (Mama Sané), dakaroise amoureuse d’un garçon parti dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Hanté par les fantômes d'hommes qui ne reviendront pas, Atlantique raconte la migration du point de vue de celles qui restent – des femmes, survivantes de départs qu’elles ne peuvent empêcher. Aussi hybride dans sa forme que dans ses inspirations, le film captive par le renversement du regard dont il se fait le relais : avant d’être perçus comme des arrivants, les migrants y sont présentés comme des exilés de leur propre terre. Grand Prix du Jury du festival de Cannes, Atlantique est le premier long-métrage de Mati Diop.

Ad Astra , de James Gray – sortie le 18 septembre

En 2016 dans le superbe The Lost City of Z, James Gray faisait voyager Percy Fawcett (Charlie Hunnam) au fin fond de la forêt amazonienne, au péril de sa vie à la recherche d’une cité perdue. Cette année, dans Ad Astra, il envoie le cosmonaute Roy McBride (Brad Pitt, également producteur du film) aux limites du système solaire, à la recherche de son père disparu (Tommy Lee-Jones) « pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète ». Sans ne jamais rien dévoiler de l’intrigue, la bande-annonce, épique, donne quand même à voir des images assez hallucinantes, entre course-poursuite sur Neptune (apparemment colonisée), chute libre depuis une station spatiale et somptueux décors, et dessine les traits d’un space opéra unique – un « Apocalypse Now dans l’espace, » si l’on en croit The Guardian. Ad Astra (qui fait également jouer Liv Tyler, Ruth Negga et Donald Sutherland) a conquis le public à la Mostra de Venise, qui voit en lui le « chef-d’œuvre » d’un James Gray déjà pas maladroit jusque-là.

Charlie’s Angels, d’Elizabeth Banks – sortie le 30 octobre

L’état du cinéma hollywoodien a de quoi inquiéter. Il semblerait que la créativité ait quitté les collines californiennes et que la politique en vigueur soit celle des « vieux pots » ; des suites, des remakes et des reboots. Il n’y a qu’à observer les sorties 2019 : Le Roi Lion, Men in Black, Shaft, Dumbo, Aladdin, La Famille Adams, Les Maîtres de l’univers, Terminator… de quoi nous faire perdre la notion du temps qui passe, non ? Et cela va sans dire : si ces titres sont des cartons d’audience assurés, leur qualité est plus que variable. Mais cette année, il en est un qui autorise une pointe d’optimisme. C’est Charlie’s Angels ( Charlie et ses drôles de dames), reboot des films des années 2000 (avec Cameron Diaz, Drew Barrymore et Lucy Liu) eux-mêmes adaptés de la série culte des années 1970. On peut déjà se réjouir que le film soit réalisé par une femme, l’actrice Elizabeth Banks, qui n’a qu’un long à son actif ( Pitch Perfect 2) et que le casting ait l’air au moins aussi badass que celui d’il y a 20 ans (coucou Kristen Stewart).

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