Jorja Smith - Be Honest feat. Burna Boy

voici les 21 titres (et clips) qu'il ne fallait pas rater cet été

Le tube obligatoire de Niska, l'opéra-gabber d'Ascendant Vierge, la house d'after de FYI Chris ou la soul caniculaire de Jorja Smith.

Jorja Smith - Be Honest feat. Burna Boy

Ascendant Vierge – Influenceur

Parfois les astres s’alignent, une rencontre se fait et la magie opère. C’est ce qui semble se passer avec le bien nommé duo cosmique Ascendant Vierge, composé de Mathilde Fernandez (dont on ne se lassera jamais des folles capacités vocales) et de Paul Seul, membre de Casual Gabberz. Le 19 juillet dernier, ils dévoilaient leur premier morceau, « Influenceur », une fusion extraterrestre entre chanson et hard dance. Le meilleur des deux mondes, un titre venu d’ailleurs, d’une planète encore inconnue ou d’un film de space opera qui n’a pas encore été réalisé. Et un titre qui, si vous vous arrêtez sur les paroles, ne manque pas de second degré. Vite, la suite.

Jorja Smith – Be Honest feat. Burna Boy

Burna Boy et Jorja Smith ont déjà collaboré en juillet pour « Gum Body », un morceau estival entre afrobeat et reggaeton. Ils reviennent avec « Be Honest », une chanson entrainante parfaite pour les dernières nuits de l’été. Dans un clip très coloré réalisé par Amber Grace Johnson, Jorja Smith et quelques uns de ses amis en cameo nous guident dans les rues de l’est londonien. En pleine canicule, la chanteuse gambade entre le Rye Lane Market et le Peckham Liberal Club tandis que Burna Boy est étourdi sur son lit, littéralement retourné par la chaleur. La vidéo aux accents 90s vient appuyer la sensualité de la musique – et le plus important, on voit ( vraiment ) Jorja Smith faire du jet ski sur l'autoroute.

FYI Chris – Special Names

On vous présente Chris (Watson) et Chris (Coupe). Tous les deux producteurs et originaires de South London, ils forment le groupe FYI Chris. Si le fil conducteur de leur son est sans conteste la house, il ne fait pas trop chercher à délimiter tout ça. Leur idée, c’est de s’amuser en décontraction, et c’est ce qu’il ressort des nappes des Ep que le duo a sorti depuis 2014. En juillet dernier, les deux Chris sortaient leur « summer feel good EP », de la techno psyché, une house ensoleillée, bref exactement le genre de morceaux qui poétisent un coucher de soleil – ou un lever de soleil, à vrai dire.

Wit. – BLUES

L’été, il faut être plus malin et persévérant que d’habitude pour dénicher les perles musicales. Il faut apprendre à slalomer entre les gros hits, à s’affranchir des playlists radio, à aller plus loin. C’est comme ça que vous avez pu tomber sur SIRIUS, le superbe projet 6 titres du rappeur originaire de Montpellier, Wit., que nous ne devrions plus avoir à vous présenter. Après le très bon NEO en janvier dernier, la recrue de Digital Mundo et frère de sang de Laylow prouve une fois de plus que sa musique ne ressemble à rien d’autre. Les productions de SIRIUS sont d’une qualité assez bluffante et le flow et les paroles du jeune artiste d’une virtuosité toujours aussi délicieuse à écouter. Même (surtout ?) quand il a le blues.

Haim – Summer Girl

« Summer Girl », revisite « Walk on the Wild Side » de Lou Reed en lui donnant des tonalités jazz enjouées. Si le morceau paraît léger à première écoute, les trois sœurs Haim évoquent aussi la mélancolie du temps qui passe et de l’été qui prend fin. En effet, la chanson a été écrite quand le compagnon de Danielle Haim et producteur du groupe, Ariel Rechtshaid, souffrait d’un cancer. Dans les moments les plus difficiles, Danielle illuminait ses journées, elle était sa « Summer Girl » - son rayon de soleil. À l’approche de la rentrée et au moment où les journées sont de plus en plus courtes, « Summer Girl » s’offre comme une parfaite transition douce amer.

Khruangbin – Hasta El Cielo (Dub Version)

En plus d’être magnifique à écouter en live (les spectateurs du dernier Worldwide Festival s’en souviennent), la musique de Khruangbin est assez indescriptible. Le groupe originaire du Texas parvient, comme très peu d’autres formations, à faire la synthèse (essentiellement instrumentale) de genres qui sur le papier n’ont pas grand-chose à voir, sans jamais sombrer dans le gloubi-boulga. Chez eux, se côtoient la funk, le surf rock, le psyché, ce qu’on appelle un peu facilement les « musiques du monde » (du Mexique à l’Iran), l’électro ou la dub. Pas étonnant alors, de tomber cet été sur une version dub de leur superbe album Con Todo El Mundo, sorti l’année dernière. À écouter en commençant par le titre éponyme, « Hasta El Cielo ».

Niska – Du lundi au lundi

Depuis 2017 et la sortie de son tube stratosphérique « Réseaux » (280 millions de vues au compteur), un été ne se passe pas sans un tube de Niska. Et certainement pas cette année, alors que s’apprête à sortir, en septembre, son troisième album Mr Sal – le dernier, (qui comptait justement « Réseaux ») a déjà deux ans. Après l’ultra-hit « Médicament » en avril, en featuring avec Booba et qui figurera sur le nouvel opus, le rappeur du 91 désormais habitué à squatter le haut des charts dévoilait « Du lundi au lundi » en juillet. Tout est maîtrisé : le refrain chanté, la voix grave sur les couplets, les rimes appuyées, les références mode et du « charo » à tout va. L’été est validé.

Crystallmess - FLESH

Si vous ne connaissez pas encore Crystallmess, ce n’est qu’une question de temps. Si ce n’est pas votre curiosité qui vous mènera à elle, Christelle Oyiri viendra à vous. Dj, productrice, artiste performeuse, designer sonore, journaliste (notamment pour i-D), il va devenir de plus en plus compliquer de rater cette hyperactive. L’an dernier, le résultat de cette vertu multidisciplinaire, c’était son installation Collective Amnesia : In Memory of Logobi, présentée un temps à la Gaîté Lyrique, qui croisait Djing, film et 3D. Cet été, avant des dates à Paris, en Norvège ou à Marrakech, et une interview à la BBC Radio pour rendre hommage à feu DJ Arafat, Crystallmess livrait début juillet un nouveau morceau vrombissant et impossible à genrer, « FLESH ».

Pinty – City Limits

S’il fallait élire la tribu la plus cool de Londres, celle de Pinty arriverait très certainement en tête de la course. Dans le sud de la capitale, le MC traine son rap lancinant aux côtés de ses potes de cœur, Rago Foot, Bradley Zero ou encore King Krule. Derrière son timbre nasillard, presque nonchalant, ce sont toutes les lubies musicales de l’Angleterre qui s’esquissent en fond : héritier du UK Garge et de la Jungle, il fait aussi le lien entre les grands frères de The Street et les rejetons de la Blue Wave. Certains le reconnaitront peut être à sa façon de sautiller sur les beats comme on jouerait à la marelle, léger et instinctif, et pour ceux qui le découvrent, on ne peut que vous conseiller de le suivre. De très près.

Bat For Lashes – Jasmine

Lost Girls est le cinquième album de Natasha Khan, aka Bat For Lashes ; sa diffusion est prévue le 6 septembre mais elle a déjà divulgué d’oniriques clips pour « Kids in The Dark » et « The Hunger ». Plus récemment, elle dévoile l’envoutant « Jasmine ». Le morceau est clairement influencé par les succès musicaux des années 80 et, comme elle l'explique dans une interview récemment donnée au Guardian, les films de cette même période l’inspirent aussi beaucoup. Il n’est donc pas surprenant que « Jasmine » sonne comme un mélange des bandes son d’E.T (Steven Spielberg, 1982, des Goonies (Richard Donner, 1985) et de Génération perdue (Joel Schumacher, 1988). Quoi qu'il en soit et en attendant le 6 septembre, « Jasmine » permet largement d’assouvir vos besoin de baroque retro electro insoupçonnés.

PNL – Tahia

Après un été 2018 marqué par la fièvre de la Coupe du Monde et la victoire de l’équipe de France, le cru 2019 aura été ponctuée par les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations, et par les effusions de joie qui accompagnaient le très beau parcours de l’équipe d’Algérie, sacrée championne le 19 juillet. N’ayant pas de racines algériennes, Vegedream n’a pas pu participer à l’hymne de la victoire, mais les frères de PNL (nés d’une mère algérienne et d’un père corse) s’y sont collés, sortant seulement quelques minutes après la fin du match le morceau « Tahia », chanson d’amour à l’Algérie sur un rythme oriental plutôt éloigné de leur registre habituel. Tahia Djazair.

Snoh Aalegra – Situationship

Snoh Aalegra avance d'un pas feutré dans l’industrie de la musique depuis l’âge de 13 ans. Oui, en effet, ça fait un long moment qu’elle chemine. Et à raison. Encore gamine, la chanteuse irano-suédoise comptait parmi les jeunes recrues de l’écurie Sony avant qu’elle ne comprenne que c’est en s’éloignant du Major qu’elle parviendrait à se trouver vraiment. Si sa carrière, entamée sous le pseudo Sheri, l’a rapidement menée à collaborer avec des géants comme Common, Prince ou encore Drake, voilà seulement deux ans que Snoh semble vraiment s’accomplir, en solitaire. À rebours d’une industrie qui urge et pressurise ses ouailles sans relâche, Snoh a souhaité faire les choses dans l’ordre. Et les faire bien du coup. Son deuxième album, suite logique du très réussi Feels sorti en 2017, engage une nouvelle vitesse dans la trajectoire de la chanteuse soul. C’est sorti cet été, ça s’appelle Ugh, those feels, again et c’est très beau.

Nyoko Bokbae – Xzibit

Si la musique était une mer, Nyoko Bokbae serait un bateau pirate. Mais attention, le bateau le plus accueillant possible car « nyoko bokbae », en wolo, veut dire « on est ensemble ». Du coup, ce trio parisien n’a pas vraiment de règle, il prend ce qu’il aime et en fait ce qu’il en veut. Le résultat, c’est un savant mélange de rap, d’afro beat, de soul, de r&b, de uk garage, tout ce qu’ils ont écouté et qui les a fait passer du statut de moussaillons à celui d’empereurs (les fans de One Piece qu’ils sont auront la référence). Dernier projet en date du label Boukan Records, Nyoko Bokbae est « le boy’s band du futur », dont le permier single « Xzibit » a fini de nous convaincre de prendre la mer avec eux.

070 Shake – Nice To Have

L’an dernier, la jeune artiste du originaire de New Jersey dévoilait discrètement un fabuleux EP, Glitter (dont on ne vous conseillera jamais assez l’écoute répétée du morceau titre), puis donnait vie quelques mois plus tard aux plus beaux moments des albums de Pusha-T et Kanye West, les deux pontes de label G.O.O.D Music où elle est signée. Autant dire que la poussée dans la lumière de la chanteuse de 21 ans fut rapide, et que la suite est très attendue. Alors on ne saurait trop se réjouir de la voir prendre son temps pour mûrir un potentiel album. Un talent si brut ne se brusque pas. En avril, elle partageait deux nouveaux morceaux, dont « Nice To Have », qu’elle vient de clipper pour nous faire gentiment patienter.

Jimothy – Getting Smart Freestyle

Jimothy ne ressemble à rien. Mais dans le bon sens du terme : il ne ressemble à rien d’autre. Il est unique. Paroles absurdes, dégaine décalée, flow nonchalant : quand il apparaît sur internet en 2016, le Londonien, 20 ans aujourd’hui, passe d’abord pour une blague, un « rappeur mème ». Que nenni, derrière cette esthétique merveilleusement empruntée aux 80’s se cache un savant artiste DIY, qui écrit, compose, chante ses morceaux dans sa chambre et rappe la mode, la drogue, sa ville ou l’amour. Un petit génie en lunettes de soleil XXL et polo Ralph Lauren rentré dans le pantalon, à qui The Guardian consacrait un bel article récemment, et dont la catchphrase nous accompagne depuis qu’on l’a découvert : « Life is getting quite exciting. »

Kefaya + Elaha Soroor – Charsi

Si vous n’êtes pas familier de ce qu’il se passe de plus beau dans la musique afghane aujourd’hui, voilà l’occasion de se rattraper. En septembre prochain sortira l’album Songs of Our Mothers, réalisé en tandem par la chanteuse afghane Elaha Soroor et le duo Kefaya (Al MacSween et Giuliano Modarelli). Un disque de musique folk afghane traversée par du jazz, du dub, de la musique indienne ou de l’electronica, et qui s’inspire directement de l’expérience personnelle de Elaha, qui a dû fuir l’Afghanistan, et du quotidien des artistes femmes et des femmes tout court dans le pays. Le premier s’appelle « Charsi », qui signifie « fumeur de weed », et fait parler une femme (évidemment non autorisée à boire, fumer ou faire la fête) qui invite un macho à se détendre et à faire la fête avec elle, en égaux.

Booba – Glaive

« Ne crois-tu pas que je sais ce que je fais, tellement longtemps que je fais la guerre / Le prochain c’est Damso, me fait pas jurer la vie de ma mère ». Voilà, il semblerait que Booba s’ennuie pendant l’été. Se préparer pour un combat de MMA contre Kaaris ne lui suffisait pas, il a eu besoin de clasher Damso sur « Glaive », concentré d’égotrip et d'arrogance (sans autotune) comme on les aime. Cela dit, il semblerait que le vent tourne pour B2O : à l’heure où l’on écrit, le combat avec Kaaris est annulé et le tournage du clip de « Glaive », dans le 93, vient d’être pris pour cible par des hommes armés, théâtre d’une fusillade ayant fait plusieurs blessés. Attention que la musique reste de la musique.

Warmduscher – Midnight Dipper

Warmdusher, c’est la réunion des bandits les plus redoutables du rock britannique. Composé des membres des Fat White Family, Insecure Men, Childhood et Paranoid London, le groupe s’apparente à une famille mutante, recomposée dans un siphon, dégénérée et destructrice mais qui, contre toute attente, commence à durer. C’est un cafouillis géant comme on les aime, une fine mélasse hybride, dans laquelle fusionnent références pop, lyrics sous acide et riffs quasi inaudibles. Bref, c’est délectable. Leur deuxième album est au four, il en sortira tout chaud le 1 er novembre mais en attendant, on vous conseille le clip du titre « Midnight Dipper » sorti cet été.

Le 77 – OSS77

Depuis les succès respectifs de Damso, Shay, Hamza, Roméo Elvis, Caballero & Jeanjass ou Isha, il est devenu inconcevable pour un fan de rap d’ignorer la scène belge. Mais si l’on n’est pas assez curieux, il est possible d’en rater sa plus totale diversité et les formations (pour l’instant) plus confidentielles, comme Le 77. Composé des MCs Peet et Félé Flingue (ancien membre de L’Or du Commun), et du Beatmaker Morgan, le groupe doit son nom au numéro de la coloc’ bruxelloise où le projet est né en 2015. Depuis 2017, le groupe sort un projet par an et déroule son rap aérien et déjanté. En juin, ULTIM marquait la fournée 2019, avec notamment « OSS77 », clippé quelques semaines plus tard.

Rosalía & Ozuna – Yo x Ti, Tu x Mi

Rosalía a fait notre été. Et assez facilement en plus de ça. Après avoir retourné le public de We Love Green en juin, après sa mixtape Fucking Money Man (deux titres dont notre tube de l’été, le savoureux « Millionaria ») sortie début juillet, la reine d’Espagne ne nous pas laissé le temps de respirer. Elle sortait ce mois-ci « Yo x Ti, Tu x Mi », doux hymne Trap Latino taillé pour les dancefloors, en featuring avec le portoricain Ozuna. Comme d’habitude, dans le clip, les looks de la chanteuse n’ont d’égal que ses pas de danse, son charisme et une voix toujours incroyable, qui font certainement d’elle la pop star la plus fascinante du monde et du moment. Longue vie « La Rosalía ! »

Bonus : Crystal & Ey Rah’s Golden Hour (Summer Mix)

En mars dernier, Crystal Murray (l’une des quatre têtes du Gucci Gang) entrait d’un pas assuré dans le monde de la musique avec un premier single, « After Ten ». On était charmés, et on attendait la suite, qui a pris cet été la forme d’un « Summer Mix » de 30 minutes où se mêlent des morceaux méticuleusement diggés - funks, soul, disco... - et des titres à elle, jusque-là inédits. « Pour le titre, j’ai voulu faire référence à la ‘golden hour’ car c’est vraiment un moment joyeux de l’été, tout le monde sort du travail ou revient de la plage et commence à boire et à s’ambiancer avant de sortir, » explique Crystal. Et en effet, on n’a pas trouvé de meilleur mix pour profiter de la fin de nos vacances ou s’en rappeler les plus beaux moments.

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