le passé, le présent et le futur de la pop dans un mix signé bertrand burgalat

L'auteur, compositeur et producteur à la carrière trentenaire a concocté pour i-D un mix résolument pop, fait « de choses d’aujourd’hui et de choses d’hier qui pourraient avoir été faites aujourd’hui. »

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nov. 14 2017, 11:23am

On n’a plus vraiment à présenter Bertrand Burgalat, mais on aime le faire car il est un musicien si rare qu'il est toujours primordial de rappeler son parcours homérique dans la pop. Bertrand Burgalat, en plus de ses neuf albums sortis entre 1999 et 2017, c’est une masse de productions, d’arrangements pour des artistes aussi divers qu’Alain Chamfort, Jad Wio, Adamo, Katerine, Alizée, Michel Houellebecq ou Depeche Mode, et des musiques pour les films de Valérie Lemercier, Bertrand Tavernier ou Eva Ionesco. C'est une carrière de trente années, traversées dans l'aisance, les lunettes chaussées et la cravate au cou, aux manettes depuis 22 ans d'un label, Tricatel, à la sélection pointue et d'où l'on compte aujourd'hui Chassol, April March, Les Shades ou Jef Barbara. Burgalat est le genre d’artistes dont vous reconnaissez forcément la patte, même sans avoir jamais écouté ses albums ou son propre chant. Si vous ne le connaissez pas du tout, on vous conseille même de commencer par la fin, avec l’incroyablement album Les choses qu’on ne peut dire à personne, dont nous vous parlions à sa sortie en mai dernier ou avec son EP de remixes, Variations, sorti le 10 novembre dernier.

Qui de mieux, alors, pour nous trimballer avec la grâce qu’on lui connaît au gré d’un mix résolument pop et rétro mais surtout pertinent. Un mix rempli, comme il le dit lui-même, « de choses d’aujourd’hui et de choses d’hier qui pourraient avoir été faites aujourd’hui. » C’est ainsi que se croisent « L’amour tout nu », du groupe Catastrophe qui sortait un EP en juillet dernier chez Tricatel et un extrait de « l’album Disco Jets de L’Utopia de Todd Rundgren, qui date de 1976. Longtemps introuvable, il semble avoir été enregistré au même moment que le Discovery de Daft Punk » commente Burgalat. Se côtoient également un remix « magnifique, imparable, élégant et très rare » de son morceau « Étranges Nuages » par Yuksek et un morceau de Joël Fajerman en forme d’hommage : « Lorsque j’avais 13 ans, j’allais traîner dans sa boutique de synthétiseurs Phonorgan, sur le boulevard Rochechouart, et j’ai une reconnaissance éternelle pour lui car il laissait des gamins comme moi tripoter des Mini-Moogs tout en sachant très bien qu’on n’avait pas 13000 francs pour s'en payer un. » Et à l’écoute de cette trentaine de minutes d’évasion pop et sucrée, on se dit que Joël Fajerman a eu un sacré flair.