Courtesy of Sylvain Sey

Direction le ciel avec les apprentis spationautes du GAREF

i-D a suivi les jeunes membres du club aérospatial de la ville de Paris qui, soutenus par Nike, ont expédié un ballon-sonde à 17km d’altitude.

par Claire Beghin
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14 Septembre 2021, 3:28pm

Courtesy of Sylvain Sey

À voir Horus 11 s’envoler dans le ciel des Pyrénées, on pense aux lâchers de ballons qu’on organisait petit, les après-midis de vacances. On y accrochait un message et son adresse postale, dans l’espoir de recevoir une jolie carte signée d’un.e inconnu.e. Ici l’enjeu est autrement plus sérieux, et le rêve encore bien plus grand.

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​Courtesy of Sylvain Sey

On avait quitté les jeunes du GAREF, le club de loisirs scientifiques de la ville de Paris soutenu par le Centre National d’Etudes Spatiales, en pleine construction de leur ballon-sonde Horus 11. Un projet colossal qui mêle la science, l’ingénierie, la mécanique et l’aérospatial, et convoque l’esprit d’équipe cher à Nike et à sa mythique Dunk, qui depuis plus de 30 ans incarne le team spirit de la jeunesse et les exploits qu’on peut accomplir, à plusieurs, quand on ne se fixe aucunes limites. La marque a apporté son soutien à l’équipe du GAREF, preuve que la force du collectif s’étend bien au delà des terrains de sport où la Dunk est née.

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​Courtesy of Sylvain Sey

i-D les a retrouvé au Col des Palomières, près de Pau, au mois de juillet, pour le lancer du ballon-sonde. Destination l’espace, ou presque. L’aboutissement d’un an de travail pour ces jeunes passionnés dont la moyenne d’âge dépasse à peine 16 ans. « Pour beaucoup, c’était notre premier projet. Je pensais pas qu’on irait aussi loin et que ça marcherait.  » admet Thomas, 17 ans, qui a travaillé sur la partie programmation vidéo de l’objet, équipé de plusieurs caméras embarquées et go-pros pour retransmettre, en direct, les images du vol. « On a passé un an à bosser chacun sur une partie du projet, entre la mécanique, la vidéo, la pression, la température et autres, sans avoir une bonne vue d’ensemble de ce que ça donnerait. » explique Nolan, du même âge. « Et tout à coup, notre petite nacelle prend vie et s’envole à des kilomètres d’altitude pour nous faire un coucou de la haut. Tout le monde a le sourire et le coeur qui bat, c’est magique ! »

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​Courtesy of Sylvain Sey

Et ce n’était pas gagné. Un projet si ambitieux demande de faire face à de nombreuses problématiques techniques. Pour préparer le lancement, les jeunes ont travaillé tous les jours pendant deux semaines, parfois jusqu’à minuit, pour mettre au point les derniers détails. « Le rush final, c’est quelque chose de fou, ça créé encore plus de cohésion entre nous. » se félicite Nolan. C’est un des défis du GAREF, faire travailler les jeunes sur des projets concrets, au-delà d’un cadre scolaire théorique, et leur apprendre l’esprit d’équipe et la complémentarité. « L’industrie est un travail collectif, on leur apprend avant tout à être solidaires. » dit Bernard Scache, ancien président du GAREF et son plus ancien membre. Lui qui est entré au centre à 18 ans ne s’est jamais lassé de transmettre ce savoir et de faire dialoguer les jeunes avec des spationautes et des chercheurs, pour créer des échanges entre générations.

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​Courtesy of Sylvain Sey

Et ça fonctionne. Yoram et Béranger, en charge de la partie mécanique, l’affirment : on n’est jamais seul au GAREF. « On a travaillé ensemble sur la conception et l’usinage de la nacelle. On était dans la réflexion, le partage des idées, ça apprend à bien travailler et ça ouvre beaucoup de portes pour l’avenir. » affirme Béranger. Résultat : après une première tentative freinée par des problèmes électriques, le ballon-sonde Horus 11 s’est envolé dans les airs, d’où il a envoyé des données de températures, de pression et enregistré des images jusqu’à 17 km d’altitude. Des résultats qui seront publiés prochainement sur le site du centre et qu’ils pourront exploiter pour mieux analyser le résultat de l’opération. « À cette hauteur là, on a des vues assez incroyables. » se souvient Yoram. « Petit à petit on voit le ciel devenir bleu marine, et quand il n’y a pas trop de nuages on perçoit même la courbure de la Terre. »

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​Courtesy of Sylvain Sey

Seule déception : une panne GPS a empêché l’équipe de retrouver la trace du ballon après l’explosion du ballon, un peu plus d’une heure après son lancement. Mais elle avait pris soin d’y fixer une plaque gravée avec ses coordonnées. « Tôt où tard quelqu’un va le trouver, on croise les doigts pour le récupérer. » dit Nolan. La personne qui mettra la main dessus sera surement loin d’imaginer que l’objet a frôlé les frontières de l’espace, grâce à une équipe de jeunes spationautes que rien n’arrête.

En savoir plus, ICI.

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​Courtesy of Sylvain Sey

Crédits

Photographie et réalisation vidéo: Sylvain Sey.

Direction artistique: Claire Thomson-Jonville.

Stylisme: Dan Sablon.

Assistants photo et vidéo: Mamadou Diakhite. Assistante direction artistique : Tiffany Pehaut. Assistante stylisme: Clara Viano.

Talents: Axel Chovet, Bernard Scache, Timothée Gerlinger, Yoram Frank, Nolan Ronjon, Thomas Ratanavanh, Bérenger De Miramon, Elias Alaoui, Charlie Bouvier

Production : Jeanne Duranton @Vice

Merci à le GAREF Paris.

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