Fake ads : un monde parallèle de Thomas Lélu

Juxtaposition entre un visage familier et une marque célèbre, la série Fake Ads de l’artiste parisien Thomas Lélu puise dans la pratique du photomontage et la culture du meme pour concilier critique sociale et humour.

par Alice Pfeiffer
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30 Août 2021, 12:28pm

La frimousse de Chloé Sevigny, coiffée du logo de la maison Chloé ; un portrait adolescent de Céline Dion trônant sur les mots « Celine » et « Dior » ; Timothée Chalamet couronné de la marque de shampoing « Timotei ». Jeux de mots, images pop, joyeuses contradictions, il joue avec les langages visuels de son époque et en questionne, en toute subtilité, les parois. Aujourd’hui, il donne au rire sur Instagram ses lettres de noblesse et souligne la puissance de la viralité.

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Comment avez-vous commencé à jouer avec la parodie ?

Thomas Lélu : En sortant des Arts Déco, j’ai crée un collectif autour de l’idée de contreperformance. On était trois, on faisait du skate sans skate, des films d’actions timides, on s’est intéressé au ratage. J’ai également publié le Manuel de la photo ratée, à travers des collages, des images, des montages. Puis j’ai imaginé le livre Récréations, je jouais avec l’idée de la consternation, de la bêtise assumée. J’ai produit 300 collages avec des jeux de mots comme « Carole Bouquet » avec une image de bouquet ; ou une photo de Justin Bieber avec des problèmes de peau et le logo de la marque Acné.

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Que raconte la série « Fake Ads » ?

Thomas Lélu : C’est un mélange de marques glamour ou pas, vers un retour à l’humain, à une personne. En montrant Chloé Sevigny à l’âge de 11 ans avec un look d’époque plus ou moins chic, je la ramène à sa réalité de fille ordinaire dans une forme de désacralisation. Finalement, l’icône, elle aujourd’hui, s’est reconnu dans cette image, en tant qu’être humain. J’accentue un grand écart en culture pop et culture haut de gamme. Aujourd’hui, je trouve le langage publicitaire redondant, et par ces juxtapositions de références, je cherche à réconcilier le beauf et le luxe, je cherche à titiller le regard à cet endroit.

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Qu’est-ce-qui vous plait dans la forme parodique ?

Thomas Lélu : La parodie, c’est une forme d’hygiène de vie, qui enlève la pression à tout ce qu’on est en train de vivre aujourd’hui. Aujourd’hui la forme parodique est devenue un nouveau langage sur les réseaux sociaux. On voit des parodies de campagnes de mode, de  poses de mannequins. Tu tiens tête et tu réponds aux puissants, et finalement, ils le recoivent bien, apprécient et partagent ces travaux. Quelque part, les grands de ce monde ont besoin d’agitateurs pour le faire réfléchir, c’est une sorte d’échange de bons procédés.

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