Palm, Brooklyn, 2016, Ari Marcopoulous. Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz. 

le photographe ari marcopoulos expose ses archives new-yorkaises à paris

À partir de ce week-end à la galerie Frank Elbaz, l'amoureux de New York présente plus de 2500 images de ses archives et des extraits de ses films les plus rares.

par Emily Manning
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01 Septembre 2017, 3:08pm

Palm, Brooklyn, 2016, Ari Marcopoulous. Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz. 

De tous les photographes qui font de New York leur sujet principal aujourd'hui, Ari Marcopoulos est peut-être le plus fidèle à l'esprit de la ville. En presque quatre décennies d'images, il a su retranscrire tout ce qu'elle a de ténacité, d'humour, de stress, de résilience et d'authenticité. Tout ce qui fait de la Rotten Apple un endroit unique au monde. Comme New York, Marcopoulos évolue vite et n'est pas du genre à se retourner, à remuer le passé. Même s'il a photographié les monstres sacrés que la ville a enfantés (Jean-Michel Basquiat, Alan vega, Marc Jacobs, Jay-Z), ce qui intéresse plus le photographe, c'est ce qu'il se passe maintenant, aujourd'hui. Devant lui.

What's Next?, 2012, Ari Marcopoulos. Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz.

La nouvelle exposition parisienne de Marcopoulos, Machine, rassemble ses travaux les plus récents, mais fait aussi écho à l'un de ses premiers employeurs new-yorkais, Andy Warhol. (Après avoir émigré d'Hollande en 1980, le photographe travaille en tant qu'imprimeur pour Warhol, avant d'assister Irving Penn.) « Andy Warhol disait qu'il aurait aimé être une machine. Moi c'est pas trop mon truc, écrit Marcopoulos dans les notes de l'expo. Aujourd'hui, tout le monde se balade avec un appareil photo dans sa poche, et dans le sens de Warhol, les gens sont devenus des machines. Des enregistreurs vides qui ciblent la temporalité, qui essayent de saisir l'insaisissable et le banal. »

Katsu's Cave, Ari Marcopoulos, 2014. Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz.

Dans le 3ème arrondissement de Paris, la galerie Frank Elbaz s'apprête à voir ses murs recouverts de milliers de photocopies. Des images d'arbres, de graffitis, de voitures de flics, de skateurs, de gosses de rue, de rappeurs, de tatouages, de camions défoncés, d'avions, de match de basket, photographiés dans les rues de New York. Sur Instagram, Marcopoulos partageait récemment des images du catalogue de l'expo et assurait qu'elle comprenait plus de 2500 clichés. « J'ai fait des livres, des fanzines et des films pour étendre la durée de vie des photographies, pour déplacer leur signification. »

Spaceship, Brooklyn, 2015, Ari Marcopoulos. Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz.

Rien que cette année, on a eu du mal à suivre le cours des publications de Marcopoulos. Le fanzine était son médium bien avant qu'il ne devienne tendance et commercialement populaire. Alors comme tout new-yorkais qui se respecte, il a construit un nouveau truc : « Une machine vidéo et 8-canaux qui projette en aléatoire un éventail de mes films les plus rares. La Machine ajoute un marqueur temporel et une forme de cacophonie à mon portrait de la ville. »

Dill Levitating, Brooklyn, 2012. Courtesy of the artist and Galerie Frank Elbaz.

Parmi ces films, on retrouve un clip récemment exhumé du rappeur de l'Upper West Side, Wiki, en plein freestyle à seulement 15 ans (avant de rejoindre l'irrésistible trio Ratking, et avant que quelqu'un lui casse sa dent de devant). Ou bien un film muet de 58 minutes qui se perd au milieu d'un terrain de basket de Brooklyn. « Je suis captivé par le quotidien de ce lieu, par les joueurs qui se défient les uns les autres, par les jeux d'ombres et de lumières, à la fois physiques et émotionnels, » écrit Marcopoulos.

Posé juste en face de la maison de Walt Whitman sur Myrtle Avenue, le terrain a marqué le photographe, parce qu'il est un des seuls de la ville à ne pas être délimité par des grillages ou des barrières, « du coup l'activité du terrain et la vie citadine qui l'entoure se fondent l'une dans l'autre, en harmonie. » Dans ce sens, le terrain est une métaphore de son propre travail : « un microcosme de la vie de rue. »

L'exposition « Machine » se tient à la Galerie Frank Elbaz à Paris, du 2 septembre au 14 octobre 2017. Plus d'informations ici.

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