aux puces de clignancourt, avec les vendeurs de TN

Pour célébrer les 20 ans de la TN, le photographe Patrick Bona est parti documenter les puces de Clignancourt, temple de la sneaker où la passion prévaut sur l'authenticité.

par Antoine Mbemba
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26 Décembre 2018, 11:10am

À l'occasion des 20 ans de la TN, Nike et i-D se sont associés avec le collectif Red Lebanese pour créer un fanzine, raconter l'histoire des requins et faire parler ceux qui l'aiment, la portent, l'iconisent même. C'est ainsi que le photographe Patrick Bona s'est rendu aux puces pour capturer l'émulation que cette basket mythique génère, dans un temple où les faux font foison parce que les modèles originaux sont adorés, mais parfois hors d'atteinte. « C’est la basse société qui se retrouve aux puces, explique Patrick Bona. C'est l'opportunité de porter ce que les riches portent, d'être bien regardé, bien soigné, et c'est une question de confort aussi. »

Les puces de Clignancourt n'ont plus grand-chose de secret pour le photographe qui y a traîné plus d'une fois. « Quand t'es petit, tu as un pote qui a une paire qui vient de sortir, tu as envie d'avoir la même paire donc tu vas à Clicli, continue-t-il. Et puis c'est aussi là-bas que tu vas pour choper un t-shirt avec le nom de ta cité dessus. T'y retrouves du monde. » Paradoxalement, les stands de pompes des puces, remplies d'imitations, traduisent un désir très authentique. « Moi je ne me suis jamais dit je vais mettre du faux, mais quand t'écoutes le discours des gens, tu comprends que ça fait du bien à certaines personnes, d'avoir des objets de 'luxe' auxquels ils n'ont pas accès. Clicli c'est la maison mère de la basse société, un lieu de liberté d'expression de style. »

« Ce qui m'a intéressé pour cette série c'est aussi d'aller voir des gens que la TN concerne vraiment. On est aux puces, il y a plein de faux, ce n'est pas tout le monde qui va te parler de la TN. Les vendeurs ils sont là pour ça, vendre la paire. Ce ne sont pas des mecs qui ont eu la paire quand ils étaient petits, ils s'en foutent. On est arrivés tôt, quand les vendeurs ouvraient leurs stands et le rapport a été super facile. On a rencontré des mecs qui sont dans un mode TN depuis tout petit même s'ils ne possédaient pas forcément une paire. » Et c'est très certainement au creux de cette passion que réside vraiment l'authenticité de la Tn.

Quand on demande à Patrick, 25 ans, ce qui, généralement, l'intéresse dans l'exercice de la photo, la sincérité de sa démarche ne fait aucun doute. « Ce qui m'anime avant tout est l'envie garder la mémoire à travers une image un peu à l'ancienne. J'utilise des jetables. J'essaye de mettre au goût du jour des procédés du passé. Tout part d'une émotion personnelle. Je vis dans une banlieue où les gens n'ont pas le temps de prendre des photos. Je photographie surtout des amis, et je fais attention de capturer des moments où je suis à l'aise avec eux. Ma photo est plus naturelle et spontanée qu'artistique. » Il y a quelque chose de logique alors dans le fait de voir Patrick Bona immortaliser les puces de Clignancourt, avec une grande justesse, sans détour ni compromis. Un lieu saint pour tout passionné de TN, tandis que de l'autre côté du périph, elle gagne de nouveaux terrains et conquis d'autres adeptes.

Patrick Bona a déjà publié deux fanzines photos chez Red Lebanese, et un projet de livre de photos plus conséquent est prévu avec eux courant 2019.

Des gens montrent leurs paires de TN aux Puces de Clignancourt
Un vendeur de TN aux Puces de Clignancourt
Une paire de TN à côté des pieds d'un mannequin aux puces de Clignancourt
Un jeune homme aux Puces de Clignancourt
Un vendeur des puces de Clignancourt
Deux jeunes hommes aux puces de Clignancourt
Un jeune homme essayant des Tn trop petites aux puces de Clignancourt
Un jeune homme en Tn aux puces de Clignancourt
Un stand de baskets aux puces de Clignancourt
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